Cinéma / LE SEL DE LA TERRE de Wim Wenders et Juliano Ribeiro Salgado

LE SEL DE LA TERRE de Wim Wenders et Juliano Ribeiro Salgado.

 
Présenté en Mai dernier au Festival de Cannes dans la section Un Certain Regard, le film du réalisateir de Paris Texas ( 1984, Palme d’or) et de Buena Vista Social Club ( 1998 ) Co-réalisé avec le fils , Juliano, du grand Reporter- Photographe , Sébastiao Salgado, nous immerge dans  son oeuvre exceptionnelle  pour nous en faire partager toute la beauté, en même temps que l’engagement de l’artiste qui a parcouru la planète pour témoigner des tragédies qui l’ont bouleversé, puis, de la beauté de la nature à laquelle il se consacre désormais dans le combat pour la sauvegarde de la faune et de la flore en danger … un superbe voyage au cœur d’un homme et de son œuvre.

Sénastiao Salgado   en reportage
Sébastiao Salgado en reportage

Le Grand Reporter- Photographe d’origine Brésilienne Sebastiao Salgado a parcouru pendant près de 40 ans la plupart des pays et continents de la planète desquels il a rapporté des clichès qui ont fait le tour du monde et ont été l’objet d’expositions et d’ouvrages reproduisant son travail. C’est l’itinéraire de celui -ci auquel nous convie , Wim Wenders qui est un des admirateurs de la première heure du photographe . Itinéraire qui le mène de son Brésil où il est né et qu’il a quitté lors de la dictature , pour l’Europe et entr’autres la France où il commence sa carrière de Photographe en 1973. « Le film propose la mise en lumière de  l’ homme et de son talent » dit Wim Wenders , qui avec le fils, Juliano, propose un regard croisé du Photographe dont on découvre les nombreuses et magnifiques photos rapportée de ses multiples reportages , illustrées par des entretiens passionnants de ce dernier qui donne les détails des événements qu’ils a vécus et photographiés.

Les  travailleurs des mines d'or
Les travailleurs des mines d’or au Brésil

Pour réussir sa « mise en lumière de l’homme et de son talent » , Win Wenders s’est donc associé a le  fils Juliano qui a suivi son père à plusieurs reprises dans son périple autour du monde et en a rapporté plusieurs heures de documents filmés . L’association du fils au projet de Wenders à laquelle s’ajoute celle de Lélia la femme du photographe , viens souligner l’implication « familiale » des Salgado à laquelle femme et fils , apportent leur concours . Périple , donc, auquel son fils devenu adute s’est associé ( joli prortait en filigranne des rapports fils-père ) auquel s’ajoute , celui de Lelia la femme du photographe qui l’ a accompagné dans son travail de conception des expositions et des livres réunissant ses photographies. Wim Wenders a voulu nous le transmettre par ses choix de mis en scène et de montage , dont il explique dans le dossier de presse son idée axiale d’en traduire traduire une sorte d’intimité entre l’homme , son soeuvre et le spectateur « il a fallu trier dans le matériel de Juliano et dans les conversations enrégistrées avec Sébastiao à Paris ( …) plus j’avais de questions à lui poser et plus la nécéssité de plonger dans ses archives s’imposa (…) le choix des photos a été fait en commun et dicté par les histoires que Sébastiao raconte ( …) , il fallait que je le laisse au premier plan, lui et ses photos . j’ai donc imaginé un dispositf , une sorte de chambre noire-bis, où Sébastiao serait assis seul face à un écran et ses photos (…) j’ai pensé que c’était la meilleure façon pour le public de l’entendre parler de son travail et de son œuvre » , dit-il . Pari réussi et palpitant d’anecdotes que viennent compléter les autres documents du film. On est en pleine osmose.

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Wim Wenders , en retrait, y ajoute quelques commentaires de transition destinés à souligner l’apport et la richesse en même temps que le combat humaniste du photographe qui a ouvert les yeux du monde sur les tragédies humaines dont il a témoigné par ses photographies . De la fourmillière des hommes chercheurs d’or de la mine du Brésil  ( voir  Photo  ) qui a suscité sa vocation , aux Cent pays dans lesquels il est allé pour témoigner des événements et des conflits . De la famine au Sahel et de la misère en Afrique, sans oublier la tragédie du Rwanda , le conflit en Irak ou celui qui a  sévi  en  Europe entre Serbes et Croates. Un travail de témoignage dont on mesure la portée et la qualité de l’attention a en traduire toute l’ampleur , par ses choix des cadrages et de la profonduer de champ, comme de la qualité de la lumière et du noir et blanc ( dont c’est sa spécilaité ) dans des conditons souvent difficiles. Dès lors les hommes et les tragédies dont il est témoin , n’en prennent que plus de relief et nous touchent , en plein cœur .

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Un   parcours  dont  il  est revenu secoué par les horreurs dont il a été témoin …et qui l’ont poussé à se consacrer  après avoir exploré les paysages parfois sombres de l’âme humaine … pour se réconcilier avec d’autres paysages et territoires : la nature et les animaux , dont il a cherché à percer la beauté et les secrets de la faune et de la flore sauvage ( Le Projet Génésis ). La dernière partie du film souligne , cette nécéssité pour le photographe «  après les abîmes dans lesquels il était tombé à son dernier retour du Rwanda , après les atroces expériences qu’il a connues là bas , non seulement il dédie son dernier gigantesque travail , Génésis , à la nature mais on peut dire aussi que la nature l’a sauvé , lui épargnant de perdre tout à fait sa foi en l’humanité ». Et ce voyage est complété et accompagné par Lelia , sa femme,  poursuit Wenders «  elle a été de ses combats pendant plus de quarante ans . Ils ont construit sa grande entreprise photographique ensemble . Elle est donc totalement au centre du film, , c’est une femme fantastique, très forte , très directe et bonne » dit Wenders. C’est avec elle, dans la ferme familiale d’Aimorès au Brésil qu’il s’est lancé après le décès de ses parents dans une opération de plantation et de reconquête de la forêt dans un superbe paysage dévasté où ils font un incroyable pari «  un exceptionnel travail en faveur de l’écologie , y planter des milliers d’arbres , et le succès qu’elle remporte est quasi miraculeux » , explique Wim Wenders . Devenu désormais réserve naturelle ( instituto Terra ) et un espoir pour la reconstitution d’espaces (et espèces ) naturels destinés à  préserver ( ou reconstituer ) l’équilibre  écologique  de la Planète.

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Un documentaire passionnant et  portrait d’un homme ( et d’une famille ) qui ne l’est pas moins . A l’issue de la Projection à Cannes , c’est une véritable ovation qui a salué Wim Wenders et Juliano Ribeiro Salgado, présents dans la salle Debussy. Et vous aurez sans certainement envie à l’issue de la projection de faire de même , car le film est aussi remarquable que l’homme dont il fait le portrait . Un grand, très grand , reporter de notre temps …
(Etienne Ballérini )

LE SEL DE LA TERRE de Wim Wenders et Juliano Ribeiro Salgado – 2014-
Directeurs de la Photo : Hugo Barbier et Juliano Salgado Ribeiro. Son : Régis Muller – Musique : Laurent Petitgrand
Quelques repères des publications de Sébastiao Salgado :  Sahel , l’homme en détresse ( pour Médecins sans frontières ) -La main de l’homme – Terra – Exodes – Les Enfants de l’exode -L’homme et l’eau – Le berceau de l’ inégalité – Afrique – Les voies du  bonheur…. et   Genesis  (  Publié aux  éditions Tashen )                                                                                ….

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