Livre / Edmond Baudoin : Trois pas vers la couleur (pas un de plus)

Extrait de Trois pas vers la couleur
Extrait de Trois pas vers la couleur

Suite de choses vues et entendues au festival de Mouans–Sartoux

J’écrivais dans mon article de présentation du festival de Mouans Sartoux , à propos d’Edmond Baudoin, auteur de bandes dessinées : « Ses œuvres  sont principalement en noir et blanc. » Et paf ! Voilà Trois pas vers la couleur. Avouez que c’est rageant.

C’est un peu comme lorsque Bob Dylan est passé de la guitare acoustique à la guitare électrique. Dans  les deux cas, le résultat et « sublime, forcement sublime » (merci MD). Il suffit de regarder la première de couv’. On sait qu’on va vous raconter une histoire, mais aussi  on sait qu’on va aller au-delà. Bien au-delà.
Baudoin est un artiste, un vrai, libre, un poète du trait qui ne va pas là où on l’attend. Oui, la sa lecture est exigeante, parfois âpre, mais la poésie est toujours au bout de l’aventure.

Dans cette intégrale, sont regroupés  trois de ses récits, Les Yeux dans le murLe Chant des baleines et Les Essuie-glaces, trois récits pour lesquels Edmond Baudoin, le chantre du noir et blanc, s’est aventuré dans la couleur. On y croise un peintre et son modèle, un voyageur lancé dans une quête de soi, un rêveur sur un quai de gare, trois destins, autant de voyages au pays de la poésie.

Edmond Baudoin
Edmond Baudoin

Du huis clos de l’atelier du peintre aux quais d’une gare balayés par le vent, Edmond Baudoin nous entraîne avec lui, au gré d’une réflexion libre et poétique, sur ce que créer, aimer et vivre veulent dire. Une écriture singulière, qui entre en écho avec un graphisme sans concession, tout en vibrations.

J’avoue que moult fois, en voyant ses à-plats où se mélangent les couleurs à l’instar d’une symphonie dodécaphoniste, il m’est arrivé d’être en prise avec Van Gogh. Si vous achetez le livre –et ne pas le faire serait plus qu’un crime, une faute (merci C.M.T), allez à la page 53 pour vous en convaincre.
Je dirais presque qu’il y a une sorte de schyse  chez Baudoin : si l’on regarde le portrait joint, on voit un homme souriant, avec une pétulance et une certaine  malice dans les yeux. Or il a une façon qu’il a eue très tôt de se mettre en scène, et ce Baudoin-là est tourmenté,  n’arrêtant pas de se poser des questions graves, existentielles. Mais, après tout, Je est un autre (merci A.R)

Couverture de Trois pas vers la couleur
Couverture de Trois pas vers la couleur

Il parle, il dessine les femmes avec charnelité (ah ! les barbarismes de Barbarin !) et douceur. L’expression faire l’amour est pour lui, et cela se palpe, se vit, se lit la fabrication d’une émotion, je veux dire par là que l’on en ressent à la fois cette douceur et cette charnelité.

Il faut lire Trois pas vers  la couleur comme si on se lisait soi-même.

How many roads must a man walk down
Before you call him a man?…
…The answer my friend is blowin’ in the wind
The answer is blowin’ in the wind.
(Bob Dylan Blowin’in the wind)

Jacques Barbarin

Trois pas vers la couleur d’Edmond Baudoin – Aire Libre – Editions Dupuis

 

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2 commentaires

  1. A propoa debande déssinée, je tenais à signaler que le premier tome de « Une histoire populaire de la Côte d’Azur » (éditions de la Liberté) été illustré par Ernest Pignon Ernest , le tome 3 par Jacques Ferrandez et le tome 4 par… Edmond Baudoin.
    Jacques Barbarin

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