Cinéma : Journal de CANNES No 11 – Clap de FIN – –

Journal de Cannes No 11 – Clap de FIN . Palmarès et Bilan

La Palme pour Winter Sleep de Nuri Bilge Ceylan . Le cinéaste Turc succède au Palmarès Cannois à  son compatriote , Yilmaz Guney, couronné pour Yol en 1982 .
La jeunesse récompensée avec Les Merveilles d’Alice Rorhwacher et Mommy de Xavier Dolan ce dernier associé au Pape de la nouvelle Vague Jean-Luc Godard pour son Adieu au Langage ( Prix du Jury ) . Deux grands comédiens Timothy Spall et Julianne Moore récompensés pour leurs prestations .
Trois des favoris de la presse, Abderahmane Sissako , Les frères Dardenne et La Japonaise Noami Kawase , repartent bredouilles…

Nuri Bulge  Ceylan  reçoit la  pame d'or
Nuri Bulge Ceylan reçoit la pame d’or (  Photo AFP- V. Hache .

C’est finalement Nuri Bilge Ceylan qui a coiffé les autres favoris à la Plame , récompense méritée en tout cas pour la maîtrise du fond et de la forme. Ce dernier a dédié son film «  à la jeunesse truque et à tous ceux et celles qui ont perdu la vie au cours de l’année qui vient de s’écouler » , a tenu a dire le cinéaste qui décroche sa Palme après avoir été récompense à trois reprises  à Cannes Pour Uzak (2003), Les trois Singes ( 2008) et Il était une fois en Anatolie ( 2011)
Si l’on tenait compte des avis de la Presse Française et internationale qui avait ses favoris et surtout le coude à coude de Cinq films qui pouvaient y prétendre, sachant qu’il n’y avait pas un qui semblait se détacher .Le Jury présidé par Jeanne Campion, a fait preuve de diplomatie en distillant les distinctions suffisamment significatives , oubliant toutefois trois cinéstes qui figuraient parmi les favoris : Abderrahmane Sissako, Naomi Kawase et Les Frères Dardenne ,Les  Belges  qui avaient eux , le handicap d’avoir étés palmés à deux reprises .
Par contre Andrei Zviaguintsev , prix du Prix du Meilleur Scénario   pour  Leviathan et Bennett Miller Prix de la mise en scène pour Foxcatcher , qui figuraient parmi les prétendants ont eux les faveurs du Jury et les méritaient…
Mais visiblement le jury et sa présidente ont préféré et choisi,   les audaces de la jeunesse de l’italienne Alice Rorhwacher et sa famille d’Apiculteurs ( Les Merveilles) et un cinéaste Canadien pétri de qualité Xavier Dolan ( Mommy) qui a été associé au pape de la Nouvelle vague Jean- Luc Godard pour le prix du Jury.
Le jury officiel semble avoir suivi Gilles Jacob qui quelques minutes plus tôt tirait sa révérence lors de la remise du prix de la Caméra d’or  ,  et   avait expliqué que ce dont il était le, plus fier c’est d’avoir aidé à   » célébrer le cinéma et son futur ,  en aidant les jeunes talents » .
Ajoutons à ces premières impressions sur le Palmarès , les deux prix d’interprétations pour deux performances géniales , celle du Comédien Anglais  et fidéle de Mike Leigh Timothy Spall pour Turner , et celle de Julianne Moore étonnante et surprenante dans la scène -culte où elle apprend qu’elle a décroché le rôle dont elle rêvait…

Xavier  Dolan , Prix  du  Jury
Xavier Dolan , Prix du Jury (  Photo AFP/ V. H )

Bilan : Au niveau de la qualité ce fut sans conteste un Festival de belle tenue..

Avec une sélection annoncée où l’on retrouvait les noms de cinéastes habitués de la croisette en compagnie de quelques rares outsiders , il avait été dit ça et là, que l’édition 2014 pouvait courir le risque de manquer de relief …et d’ambition.
Mais comme c’est souvent le cas dans ce type de situation où les multiples contraintes face auxquelles les sélectionneurs du Festival se retrouvent confrontés ( films espérés et pas prêts , ou réticences à exposer les films à la critique Cannoise qui pourrait les desservir lors de sa distribution … recettes et budgets , nerfs de la guerre ) , c’est toujours pour eux une préparation compliquée et risquée quand on connaît l’attente que suscite désormais , le Festival de Cannes point de mire de l’état de la création cinématographique Mondiale. Mais la compétition Cannoise ( y compris celle d’Un Certain Regard , la petite sœur ) défie souvent les pronostics de départ , et , comme ceux des paris sportifs …elle réserve toujours des surprises .
Et la première surprise de l’édition 2014 c’est d’avoir vu les auteurs habitués de la croisette se hisser à leur meilleur niveau et surtout , pour la majorité d’entr’eux , avoir su se renouveler. Cela a été le cas par exemple des Frères Dardenne , de Nuri Bilge Ceylan, Naomi Kawase , Ken Loach , Mike Leigh, Atom Egoyan , Bertrand Bonello … où même de Michel Hazanavicius ( The search ) qui après The Artist a su proposer un sujet plus grave où l’émotion se met au service non plus du divertissement , mais sert a interpeller les consciences .Ou encore Jean- Luc Godard de retour en sélection après son Film socialisme , qui a réussi son exploration ( Adieu ) du langage en le confrontant -et – en s’amusant à déconstruire la 3D !.

Alice  Rorhwacher  , Grand prix  du Jury
Alice Rorhwacher , Grand prix du Jury-  Photo AFP/ V.H

En tout cas les films et cinéastes,  présents à Cannes n’ont pas manqué de s’interroger sur notre société : Crise sociale et économique , conflits et violences qui se perpétuent dans l’indifférence , Problèmes d’identité et de rejet , Pouvoir et argent dominateurs hier et aujourd’hui , maltraitances de toutes sortes , trafics et compromissions , état et religion en question , corruption à tous les niveaux … mais aussi , luttes pour la vie et la survie , Amour et poésie comme remèdes et espoirs contre l’indifférence et la haine . interrogations sur la création et la société du spectacle…
Puis , c’est une question de perception personnelle et d’attente qui a pu nous conduire à des réserves sur certains films dont la qualité du travail était pourtant d’un niveau élevé et digne de figurer en compétition . Après tout les cinéastes , comme les sportifs peuvent avoir des baisses de régime …

Par contre , et là c’est indéniable, l’édition 2014 aura été marquée par les confirmations d’auteurs qui ne cessent de grimper dans la qualité de leur travail et qui se sont selon nous hissés au sommet . C’est le cas de Abderhamane Sissako avec son magnifique , émouvant et important pamphlet contre la violence et la soumission imposée qu’il exprime dans Timbuctu . C’est la cas également du jeune prodige Canadien Xavier Dolan dont l’audace et la créativité de la jeunesse explose dans Mommy , ou encore du Cinéaste Russe Andreï Zviaguitsev ( Léviathan ) qui de film en film a fait grimper en majeur , discours et écriture cinématographique . C’est le cas aussi de Bennett Miller ( Foxcatcher ) qui , en quelques films , s’est imposé comme un auteur . De la même manière , que, de film en film Olivier Assayas ( Sils Maria ) ne cesse de proposer un regard et une mise en scène en constante montée de qualité et de maîtrise d’écriture .

Andreï   Sviaguintsev , Prix  du Scénario
Andreï Sviaguintsev , Prix du Scénario – Phtoto: AFP/ V.H –

Cette tendance s’est confirmée dans la Section Un certain Regard, où les cinéastes avec leurs premiers longs métrages dont les qualités affichées sont un bon signe pour le devenir de la création cinématographique . A l’image du Party Girl de Marie Amakoucheli , Claire Burger et Samuel Theis, de Run de Philippe Lacôte le cinéaste Africain qui s’inscrit dans le sillage de Sissako avec son acuité d’analyse et son regard aigû sur le continent Africain , de la même manière que July Yung avec son A Girl at my Door qui allie forme et fond pour évoquer un sujet difficle . Tandis que Turist ou Force Majeure de Ruben Ostlund interpelle , habillement et avec humour sur les réactions humaines , face au danger . On se plaît également à saluer le regard original de Mathieu Amalric ( La chambre bleue, d’après Simenon ) qui lui aussi de film en film derrière la caméra continue de construire une œuvre sensible aux tonalités d’écriture personnelles originales . De la même manière que celle du Hongrois Kornel Mundruczo ( White God ) , n’a pas manqué d’échapper au Jury , avec son sens du récit et ses audaces formelles qui font mouche ici , sous le thème du conte , pour offrir une réflexion sur la nature humaine confrontée à l’animal .

 

Timothy  Fall  ,  Prix d'interprétation Masculine  pour  Turner  de  Mike  Leigh
Timothy Fall , Prix d’interprétation Masculine pour Turner de Mike Leigh

Voilà , le rideau est tombé, nous laissant les yeux remplis d’images, d’émotions et de questionnements qui continueront à nous poursuivre longtemps . C’est pour cette raison que nous aimons les cinéastes et leurs œuvres , qui savent nous accompagner dans le chemin de la vie et nous ouvrir les yeux , sur le monde comme il va .
(Etienne Ballérini )

Le Palmarès :

Palme d’or : Winter Sleep de Nuri Bilge Ceylan
Prix de la mise en scène : The Foxcatcher de Bennet Miller
Grand Pric du Jury : Les Merveilles de Alice Rorhwacher
Prix du Jury:  ex-aequo  à Mommy de Xavier Dolan .
et Adieu au Langage de Jean-Luc Godard.
Prix du meilleur Scénario : Leviathan d’Andreï Zviaguistev .
Prix d’interprétation Masculine : Timothy Spall pour Turner de Mike Leigh.
Prix d’interprétation Féminine : Julianne Moore pour Maps to The Stars de D. Cronenberg
Camera d’or : Party Girl de Marie Amachoukeli , Claire Burger et Samuel Theis
Palme d’or du Court métrage : Leidi de Simon Mesa Soto ( Colombie)
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