Cinéma / Journal de CANNES No 9.

Journal de CANNES No 9.

Excéllent accueil pour le film de ken Loach Jimmy’s Hall sur le retour au pays d’un Irlandais après la guerre civile où les séquelles n’ont pas éteint les rancoeurs du passé.  Egalement bien reçu,   Xavier Dolan avec Mommy aborde les relations difficiles entre une mère et son fils violent  . Tandis que l’Australien Rolf de Heer a séduit le public d’un Certain Regard avec Charlie’s Country où il traite de la situation des Aborigènes contraints d’abandonner le style de vie traditionnel et à s’adapter au monde moderne…

Compétition : MOMMY de Xavier Dolan.

Une scène de  MOMMY  de  Xavier  Dolan
Une scène de MOMMY de Xavier Dolan

Alors que Tom à la Ferme est encore sur les écrans le prolixe jeune cinéaste Canadien , 26 ans , est en compétition à Cannes avec Mommy son nouveau film où il reprend le théme des relations conflictuelles entre une mère et son fils qu’il avait abordé de manière autobiographique dans J’ai tué ma mère ( 2009 ) . Ici c’est la fiction qui est au cœur d’un récit qui s’inscrit dans le cadre d’une loi Canadienne qui fait obligation aux parents proches dont les enfants sont sujets à des problèmes psyccholgiques avec comportements violents , s’ils ne veulent pas le confier à des institutions publiques chargées de les soigner , d’en accepter par contrat la garde et de se charger de les remettre dans le droit chemin. S’il s’avvérait que celà devienne impossible , la décision de justice serait alors appliquée et obligerait celui-ci à etre confié à un établissement de soins . Et La mère de Steve ( Antoine Olivier Pilon )  ne veut surtout pas en arriver là …il faut dire que l’absence du père a fait que Steve dès son plus jeune âge s’est attaché de manière excessive à cette mère dont les difficultés à trouver l’équilibre pour joindre les deux bouts et s’occuper   en même  temps de son fils, est d’autant plus compliquée que la moindre contradiction rend   ce dernier ,  ingérable et presque dangereux avec ses crises de violence . Heureusement une étrange voisine , Kyla ( qui traîne un bégaiement consécutif à un traumatisme ) va s’attacher en l’absence de son mari occupé par son travail, à cette mère et son fils qu’elle va aider à traverser l’épreuve .
Une certaine fusion va même s’installer au cœur de ce « trio » qui se laisse emporter par ses fantaisies déjantées que la mise en scène traduit  d’ un choix stylistique  assumé  , avec l’image resserrée au milieu de l’écran pour traduire par l’espace étriqué les moments de tensions qui ne permettent pas  à Steve de progresser et de s’ouvrir à une autre vie , alors que lorsque les efforts le permettent l’image s’ouvre  à tout l’espace de l’écran. Le récit est conduit également par d’autre choix stylistiques où les oppositions de tonalités et lumières traduisent également les difficultés pour Steve et sa mère à traverser l’épreuve «  il était crucial que le film soit une fable rayonnante sur le courage, la transmission , l’amour et l’amitié », explique le cinéaste dans les dossier de presse . Et le choix de la musique , comme celui des plans-séquences où s’inscrit cette dynamique , trouvent dans la direction d’acteur et dans l’interprétation (   la mère- Anne Dorval- est magistrale ) le nécessaire apport pour compléter superbement ce portrait sensible .

Compétition JIMMY’S HALL de Ken Loach.

Une  scène de  JIMY'S HALL  de  Ken Loach
Une scène de JIMY’S HALL de Ken Loach

Dans Le Vent se lève (2006 , Palme d’or Cannes ), le cinéaste avait évoqué la lutte pour l’indépendance Irlandaise ( 1919 -21 ) et la guerre civile qui s’ensuivit . Le héros de son nouveau Film Jimmy Gralton ( Barry Ward ) en a été un des protagonistes contraint à un exil perdant Dix ans aux usa où il a entr’autres découvret le Jazz. De retour au Pays en 1932 , il est décidé à s’occuper de la ferme familiale et de sa veille mère qui a souffert de toutes ces tensions politiques et dont il veut s’occuper . Mais , si le nouveau gouvernement a ouvert les brêches pour un possible retour à la paix , les rancoeurs ne ce sont pas éteintes , et surtout, les séquelles des luttes d’hier sont en train de se cristlliser sur un autre terrain , celui du pouvoir et de l’argent soutenu par l’église , qui entend bien barrer la route a tous ces syndicalistes et communistes qui mènent les luttes pour leur travail ,  et (ou ) ,  pour  ne pas se laisser confisquer leurs terres . Lorsque le jeunes du conté sollicitent Jimmy pour qu’il restaure et ouvre le foyer ( hall) laissé à l’abandon consécutivement aux événements passés , afin que des activités culturelles puissent s’y développer ainsi que des fêtes et bals pour se divertir . Le succès au rendez-vous , les autorités et l’église y voient  l’incitation à la débauche et une mainmise inacceptables des « rouges » . Jimmy est vu comme un danger et les extrémistes poussés par le grand propiétaire foncier et l’église vont faire corps contre lui et user de leurs sombres méthodes violentes pour y parvenir . Et lorsque son action pour soutenir et réintégrer une famille expulsée de ses terres par le grand propriétaire trouve le soutien d’une grande partie de la population villageoise , la traque lancée contre lui pour l’expulser à nouveau s’intensifie …
Ken Loach qui reste fidéle à ses collaborateurs dont le scénariste Paul Laverty , construit un nouveau film dans la tradition de ses précédents où il fustige les pouvoirs répressifs et leur oppose la lutte nécessaire de la dignité et de la solidarité … Jimmy réussira même dans son combat pour la communauté a infléchir quelques ardeurs chez l’ennemi « on a voulu lui opposer un homme d’église qui tout en étant d’une agréssivité féroce , ne se résumerait pas qu’à cela car il respecte l’intégrité de son ennemi , Jimmy possédant de vraies qualités que le prêtre ne pouvait pas,  ne pas remarquer » , dit Ken Loach dans le dossier de presse , et ajoute même le point de vue de l’assistant du prêtre qui exprime son opposition contre les méthodes violentes employées , dans une réunion avec les autorités locales et la police . Inspiré de la vie de Jimmy Gralton , Ken Loach  n’a  pas  voulu  faire de  lui  un « militant caricatural » , ni lui opposer , notamment comme il le dit ci- dessus des hommes d’église qui le seraient aussi , par contre la charge contre l’homme de pouvoir qui cherche à faire fructifier ses intérêts en spoliant les fermiers de leur terres , elle , est sans ambiguité.
Superbement écrit et filmé avec une éfficacité étonnante , le film saupoudré de jolis moment de comédie ( la vie qui s’installe dans le Hall restauré ) qui renvoient l’écho d’une possible «  manifestation de liberté (…) un danger pour ceux qui cherchent à exercer leur contrôle », dit Ken Loach .

Un Certain Regard : CHARLIE’S COUNTRY de Rolph De Heer

Une  Scène de  CHARLIE'S COUNTRY  de  Rolf  De  Heer
Une Scène de CHARLIE’S COUNTRY de Rolf De Heer

Dans sa communauté aborigène dans le Nord de l’Australie , Charlie est un guerrier qui se retrouve confronté à l’impossibilité de continuer à vivre le style de vie traditionnel de sa communauté . Il a gardé d’ailleurs un des premiers signes qui refléte ce changement dans le statut des aborigènes dont les traditions rejettées , se retrouvent uilisées quand il le faut comme élements de Folklore , comme ce fut le cas pour lui appelé avec sa communauté à participer à l’inauguration de l’ Opéra de Sydney où il a dansé devant la Reine d’Angleterre et cette photo qu’il garde comme un trophée . Mais aujourd’hui soumis au contrôle strict du gouvernement qui leur interdit le boire de l’alccol d’utiliser des armes de chasse, fusils et même lances traditionnelles …et surtout que  le s populations  et  la  police  qui ce  sont  installées sur leurs terres y construisant de luxueuses demeures tandis que lui et sa communauté vivent dans des taudis délabrés et survivent avec les moyens du bord n’ayant pour la plupart pas de travail . Alors lorsqu’on lui confisue son fusil , puis sa lance pour la chasse , Charlie décide de partir dans la brousse pour retrouner à son mode de vie . Mais la Police qui veille et qui l’utilise comme informateur contre les trafiquants et délinquants , le surveille aussi,  et lorsqu’une altercation à laquelle il se retrouve mêlé , alors , ça tourne mal …  .
Le film trouve une belle authenticité au travers de la description de son héros Charlie ( David Gulpill ), un acteur Aborigène que l’on retrouve dans plusieurs films ) et de son quotidien dont il traduit au travers des multiples situations vécues le ressenti d’un rejet , et surtout le désir des autorités de le priver des son mode de vie ancestral en le contraignant à s’intéger et qu’il traduit habilement dans ces scène où , fatigué d’être obligé d’acheter la nourriture au supermarché , il décide d’enfreindre les régelements et s’en aller chasser et pêcher et manger  les produits de  la  nature.  De facture  presque documentaire la fiction  à laquelle s’ajoute le portrait de Charlie auquel le comédien , David Gulpill , donne par sa décontraction et son naturel étonnant , une éfficacité et force incroyable qui enrichit le propos du film.

(Etienne Ballérini )

Aujourd’hui
En Compétition : Sils Maria d’Olivier Assayas , et , Leviathan de Andrey Zvyagintsev.
Suivi du programme de Courts  métrages en Compétition
Un Certain regard : Incompresa d’Asia Argento ( Film de Clôture de la Section )

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