Cinéma / Journal de CANNES No 8

 

Journal de CANNES No 8.

L’événement du Festival, c’était hier le retour du « pape » de la Nouvelle Vague en compétition après une longue absence , Adieu au Langage ne décevra pas ses admirateurs, jean- Luc Godard est toujours expérimentateur et continue de s’interroger sur le langage de l’art et son devenir . Autre événement , le retour après le triomphe de The Artist de Michel Hazanavicus avec The Search , sur le conflit tchétchène et les destins brisés.                                                                            Et Le Chinois Wang Chao nous a proposé , lui ,une visite dans la chine Post- Mao et les ravages des la modernisation tout crin, avec  Fantasia  …

Compétition : ADIEU AU LANGAGE de Jean- Luc Godard.

Une  scène de  ADIEU  AU  LANAGE  de  Jean- Luc  Godard
Une scène de ADIEU AU LANAGE de Jean- Luc Godard

Le dernier film du Cinéaste grand novateur des formes et du langage cinématographique reste dans la tradition de son œuvre et il n’est pas étonnant de le voir dans son nouveau film explorer à son tour la 3D , après l’avoir approchée en sketches avec 3 X 3 D co-signé avec Edgar Pera et Peter Greenaway. Cette fois-ci c’est lui qui est derrière tous les plans d’un long métrage qui justement lui permet de l’intégrer à son Univers et d’en utiliser la dimension visuelle en un superbe travail notamment sur la profondeur de champ . Mais c’est donc surtout ce langage en question et de plus en plus menacé par la profusion et l’utilisation des nouvelles technologies qui le relèguent à un certain néant culturel «  Ah Dieux , Oh Langage » les titres claquent d’entrée de générique . Et les habituelles citation Godardiennes fusent :       «  que se passe-t-il , fin de ce monde » , «  renoncez à la liberté et tout vous sera rendu » , et le chant révolutionnaire en Italien qui illustre les premières images , voit le mot révolution tronqué !. D ès lors l’histoire et ses violences, et les arts se retrouvent confrontés pour en faisant écho à Claude Monet , suscite l’innovation «  ne pas perdre ce que l’on voit puisqu’on ne voit rien , mais peindre ce qu’on ne voit pas » . Trois personnages en fil rouge , un homme , une femme et un chien «  une femme mariée et un homme se rencontrent et ils s’aiment , se disputent , les corps pleuvent . Un chien erre entre ville et campagne, les saisons passent .. » , ainsi le cinéaste présente-t-il la fiction en miroir d’un montage éclaté où les fragments de couleurs viennent faire écho à ceux des multiples citations et aux amours et disputes du couple . Tandis que le chien errant,  est présenté comme «  le seul animal qui aime l’homme plus que lui-même ». Et les images de cinéma et d’actualités défilent les premières évoquant la beauté et l’émotion des visages , les autres celle des des horreurs et de l’innommable et à propos de l’idéologie nazie et autres dangers comme le nucléaire , cite alors Jacques Ellul et sa vision prophétique . Mais il en appelle également à la littérature ( Nicholas De Staël ) , la musique , la peinture ( Monet , Duchamp ..) et explore à son tour en 3D les paysages et y fait sourdre la lumière et la poésie dans une sorte d’exhortation à explorer «  son propre espace intérieur » . Et si pour certains son Adieu au Langage peut paraître quelque peu hermétique , il a sa réponse envoyée aux producteurs «  si des zones ombrageuses vous ont parlé , pour savoir ce qu’elles ont dit , il vous suffira de couper le son , de ne regarder que son souvenir dans les images , et ainsi ce seront vos propres paroles qui surgiront parfois dans ce nouvel espace intérieur ». Que dire de Plus ?

Compétition THE SEARCH de Michel Hazanavicius .

Une  Scène  de  THE  SEARCH  de  Michel  Hazanavicius
Une Scène de THE SEARCH de Michel Hazanavicius

La guerre en tchétchénie en 1999 est au cœur du nouveau film du cinéaste qui au travers de trois histoires croisées d’homme et de femmes dont les destinées, avec d’autres, vont être marquées par le conflit , et en appelle aux conscience sur l’apathie générale dont celui-ci , comme d’autres encore aujourd’hui , sont l’objet de la part des communautés internationales. On va suivre donc un jeune Russe arrêté par la police pour détention de drogue douce , et qui au lieu de la prison , sera propulsé dans la guerre où il découvre les multiples horreurs et notamment cette exécution sommaire dans la rue des parents du petit garçon qui a y a assisté,  lui  ,  de la fenêtre de sa maison avec son très petit frère, et  qui , dans sa fuite abandonnera ce dernier dont il ne sait pas s’occuper pour errer ensuite  sur les  routes en quête d ‘un refuge et trouver sur son chemin l’orphelinat de la croix rouge , puis une envoyée de la commission Européenne qui lui donnera refuge . Au fil d’un récit choral qui nous entraîne dans l’horreur et les exactions d’une guerre dont Michel Hazanavicius transcrit avec un réalisme remarquable les multiples facettes des comportements militaires à la fois dans l’organisation interne et les répercussions sur le terrain ( on pense au Ful Métal Jacket de Stanley Kubrick ) au travers du vécu de ce jeune russe qui y est plongé malgré lui . Magnifique également le suivi du parcours du jeune garçon Tchétchène et sa rencontre avec l’envoyée de la communauté Eurpéenne . Et c’est d’ailleurs par le travail et le regard de celle-ci que le film offre sa dimension politique  , dénonçant  l’immobilité et la responsabilité des instances Européennes et des organisations humanitaires qui se réfugient derrière des motions et autres communiqués inutiles , au lieu de condamner fermement les massacres . Après s’être éssayé à la comédie populaire et avoir rendu hommage au cinéma muet , on aime qu’il ait osé changer de registre pour aborde r un sujet plus grave , et surtout,  de l’avoir fait avec  autant de conviction que de talent .

Un Certain Regard : FANTASIA de Wang Chao ( Chine )

Une  scène  de  FANTASIA   de  Wang  Chao
Une scène de FANTASIA de Wang Chao

On avait beaucoup aimé les films du cinéaste qui nous étaient parvenus , L’orphelin d’ Anyang ( 2001 ) ou Voiture de Luxe ( 2005 ) présenté d’ailleurs dans cette section . Avec son nouveau film qui prolonge sa réflexion et son regard sur son pays au travers des destinées des membres d’une famille , on retrouve aussi ce qui faisait la touche sensible de l’Orphelin d’Anyang , où les individus confrontés aux difficultés quotidiennes se font l’écho d’une situation politique et économique qui pèse sur leurs destinées . Et c’est presque même un concentré qui nous en est proposé ici par un récit qui nous immerge au cœur de cette  famille  confrontée a bien des difficulté ss et souffrances à affronter , avec un père de famille atteint de Leucémie dont l’épouse au chômage va devoir s’endetter pour pour le soigner décemment . Et que la fille aînée se fera engager en secret dans un établissement où elle se prostitue afin de pouvoir contribuer elle aussi  aux soins du père . Mais le cinéaste qui refuse l’exploitation mélodramatique de la situation pour s’attacher avant tout à décrire la réaction et  la confrontation à la souffrance . Mais il en  profite aussi , pour – en toile de fond  – laisser transparaître les effets des mutations du pays passant de l’ aire Post- Mao à une modernisation économique qui creuse les inégalité et contraint les populations modestes à des choix douloureux ou  être  confrontées a des comportement discriminants . comme lorsque le fils de la famille se voit rejeté par ses camarades de classe à cause de la maladie de son père , ou quand sa sœur ainée lui apprend en fait qu’elle n’est pas sa sœur , mais qu’elle a été vendue par sa famille qui avait besoin d’argent. C’est un beau regard sensible et réaliste que le cinéaste porte sur un sujet dont il transcende la gravité .

(Etienne Ballérini )

Aujourd’hui
En Compétition : Jimmy Hall de Ken Loach , et , Mommy de Xavier Dolan
Un Certain Regard : Charlie’s Country de Rolf De Heer , et Incompresa de Asia Argento

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