Cinéma / Journal de CANNES No 5

Journal de CANNES No 5.

Une journée en demi-teinte au niveau de la qualité artistique , mais toujours des sujets intérressants visités par les cinéastes . Avec par exemple le regard original sur le western par Tommy Lee Jones dans The Homesman ;   où la petite exploitation italienne d’apiculteurs confrontés au Modernisme dans Les Merveilles de Alice Rohrwacher. La belle Jeunesse Espagnole de Jaime Rosalès subissant chômage et précarité , et Une famille de Touristes Suédois dans une station de ski Française   qui se déchire sur les réactions consécutives à un accident

Compétition : THE HOMSEMAN de Tommy Lee Jones ( Usa )

Une  scène  de  HOMESMAN  de  Tommy  Lee  Jones
Une scène de HOMESMAN de Tommy Lee Jones

Après Trois Enterrements ( 2005 , Prix du meilleur scénario et Prix d’interprétation pour Tommy Lee Jones à Cannes ) le comédien cinéaste décidément un fervent du chiffre trois, nous propose dans son nouveau film , le parcours de trois femmes ayant perdu la raison , transportées vers l’Iowa où elles pourront trouver refuge dans une institution religieuse .
Situé dans la région du Nébraska dans les années de 1805 au cours desquelles les premiers Pionniers défrichant des nouveaux territoires sont confrontés à de nombreuses difficultés affrontant des conditions très dures dans une terre à dompter . Les femmes dans cet univers sauvages où elles doivent apporter leur pierre a l’édifice se retrouvent parfois fragilisées par la somme de travail a effectuer et sont parfois soumises à certains écarts d’une population masculine frustre , quand elles ne sont pas confrontées à la maladie .
La maladie et la Diphtérie est à l’origine , notamment pour trois d’entr’elles , de la mort de leurs nouveaux nés , un drame qui leur a fait perdre la raison . La communauté ne pouvant continuer à les prendre en charge , décide de les envoyer dans une institution religieuse caritative . C’est une femme de caractère ( Hilary Swank) qui va s’en charger qui va trouver sur son chemin une aide inattendue en la personne d’une Geroge Briggs ( Tommy Lee Jones ) qu’elle délivre d’une fâcheuse posture . Les thémes du Western au rendez-vous avec cet itinéraire dans une plaine aride et sauvage et le parcours semé d’embûches qui va contraindre les protagonistes à cohabiter dans une situation atypique avec ces trois femmes folles incontrôlables .
Tommy Lee Jones a choisi de servir le récit – dans lequel viennent s’intégrer de surprises qu’on vous laisse découvrir – par l’approche d’un tandem inhabituel confronté à une situation qui ne l’est pas moins et qui vont devoir s’épauler et s’entendre au long d’un trajet où la violence peut surgir a tout instant ( les indiens , les bandits ) et dans un cadre ( paysage magnifiquement photographiés ) aride où le climat ( neige ) est aussi un danger . Tommy Lee Jones réussit le portrait du duo où face à la femme de caractère c’est un homme solitaire , rustre et indépendant qui a déserté l’armée et n’hésite pas à s’approprier les terres qui ne lui appartiennent pas . De la même manière sa mise en scène à la fois ample ( la plaine sauvage ) et minimaliste , intègre les fulgurances des violences et donne à voir aussi un territoire en mutation , où, l’arrivée des investisseurs et leur argent , commence à changer la donne . Comme l’illustre la scène de l’hôtel où après un parcours harassant nos héros espérant se reposer et s’alimenter , se voient refuser l’accès. En justicier de l’Oeust , George Briggs ,va remettre de l’ordre !. Un film attachant

Compéttion : LE MERAVIGLIE d’Alice Rohrwacher ( Italie )

L'Affiche  deu  Film  LE  MERAVIGLIE
L’Affiche deu Film LE MERAVIGLIE

Deuxième long métrage de la Cinéaste Italienne qui nous entraîne au cœur de l’italie profonde et de la campagne où subsistent encore quelques petites exploitations familiales traditionnelles . La famille d’apiculteurs dans laquelle elle nous invite  à  suivre le travail quotidien de ce que l’on pourrait appeler les derniers Dinosaures perpétuant les traditions anciennes,   dont elle décrit les difficultés à pouvoir continuer à exister dans une monde moderne dont la législation veut les contraindre à se plier aux nouvelles réglementation d’hygiène dont les coûts son difficilement supportables pour des exploitants comme eux . Confontés également à la pollution qui décime le ruches et rend la production plus difficile , notre famille pour trouver quelques subsides va accepter dans le cadre d’une politique de réinsertion , un jeune délinquant dont la période de probation sera rémunérée par les institutions. Son arrivé , comme celle dune troupe de Télé-réalité d’une émission consacrée aux produits naturels et traditionnels des régions, va perturber la quiétude de la ferme et mettre en lumière encore un peu plus le fossé entre le monde extérieur et des paysans locaux. La belle idée du sujet ne trouve pas toujours sa concrétisation d’un traitement cinématographique parfois hésitant à l’image de cette confrontation du concours de télé-réalité sensé mettre la famille de l’apiculteur en valeur et qui ne trouve pas s a vraie expression dans la satire . Dommage d’autant plus que le quotidien de la ferme est , lui , plutôt bien traduit …

Un Certain regard – TURIST ou FORCE MAJEURE de Ruben Ostlund ( Suède)

Une  scène de  TURIST   de  Ruben Oslund
Une scène de TURIST de Ruben Oslund

Deuxiéme sélection dans la section pour le Cinéaste qui y avait présenté Involontaires en 2008 . C’est en France que le film a été tourné et dans la station de sports d’Hiver des Arcs dans laquelle la famille Suédoise , un couple et ses deux enfants , est venu passer une semaine de vacances . Un séjour qui à l’occasion d’un incident consécutif à une avalanche provoquée par les services de la station , celle-ci va déborder sur la terrasse d’un restaurant d’hôtel où de nombreux clients sont attablés . La panique déclenchée par l’arrivée de résidus de neige dans une sorte d’épais brouillard de tempête ne fait aucun dégât ni bléssé . Mais au cœur des réactions face au danger certains réflexes de panique incontrôlés peuvent prêter à interrogation et réflexion. C’est le cas du pater familias qui affolé quitte précipitament la table , laissant femme et enfants .
Le cinéaste construit autour de cet acte incontrôlé et irréfléchi de réflexe de panique un débat qui va déclencher une sorte de « tsumani » familial , au cours duquel l’attitude du père est fustigée et met l’harmonie du petit cercle familial en danger . Le drame qui se joue est, ensuite , habilement, transposé en débat dont les questionnements se répercutent sur un couple d’amis à qui il a été confié et offre l’opportunité de jolies variations et situations comiques . Où la question du héros qui sauve tout le monde dans ce type de situations est donnée comme une forme de détournement par le cinéma d’un comportement que l’on voudrait voir se répercuter dans la réalité , alors que dans une situation de panique les réaction humaines peuvent parfois se révéler très surprenantes . Le film est servi par de beaux dialogues et des retournements habiles de situations qui attisent l’intérêt par le jeu de miroir que le cinéaste installe au cœur de ce drame familial où le recul vient apporter sa petite note , le sourire en coin … à l’image du final et du car de touristes quittant la station avec un chauffer inexpérimenté .

Un Certain Regard : LA BELLE JEUNESSE de Jaime Rosalès .

Une  scène  du  Film   LA  BELLE  JEUNESSE
Une scène du Film LA BELLE JEUNESSE

Après  La solitude présenté en 2008 dans cette même section , le cinéaste Espagnol y revient avec un sujet d’actualité économico-politique, celui du chômage et des difficultés pour la jeunesse Espagnole qui ne sait pas de quoi sera fait son avenir . la désespérance est présente d’emblée avec les amis de ce jeune couple héros du film se retrouvant confrontés à vivre au jour le jour et accepter ce qui se présente , y compris des salaires de misère pour une journée dont ils ne savent même pas combien d ‘autres   suivront dans le mois afin de continuer à survivre . Il y a aussi leurs familles endettées qui ne savent pas comment joindre les deux bouts . Alors quand un imprévu se présente comme c’est le cas pour notre couple dont la jeune fille tombe enceinte , et qui n’y est pas préparé , c’est la Catastrophe …et meme les parents dans ce pays pourtant catholique , vont supplier leur fille d’avorter !.
Jaine Rosalès fait une sorte de panorama des situations et des tentatives d’en sortir que chacun va expérimenter y compris l’attrait de la dérive violente ou de la prostitution . Mais le récit de ces accumulations traduisant une réalité ne trouve pas sa cohérence dans une vision cinématographique qui cède parfois à la facilité à l’image de l’utilisation du langage d’une communication moderne ( sms , réseaux sociaux , jeux vidéos ) et finit par l’accumulation  à  s’écarter  du vrai sujet : la désepérance   qu’elle  entraîne . Celle dont on mesure , trop furtivement , les conséquences notamment au travers du personnage de la jeune fille qui va tenter d ‘y faire face et choisir de quitter le pays …

(Etienne Ballérini )

Aujourd’hui :
Compétition : Foxcatcher de Bennet Miller et Maps to the Stars de David Cronenberg
Un Certain Regard : Dohee-Ya de July Yung et Xénia de Panos H.Koutras

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