Lavigne au Salon Art Fair

 

 

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Traduction de ce titre : Lavigne est un artiste peintre très branché sur l’abstraction, il travaille avec des papiers déchirés et peintures acryliques, Art Fair est le nouveau logo du 42ème salon des Antiquaires qui se tient à Antibes , mais le point commun de cet artiste et de cette manifestation c’est bien la forte présence cette année de l’Art Contemporain exposé sous toutes ses formes et toutes sortes de supports , un bouleversement dans ce rendez vous international qui depuis plusieurs décennies présentait le plus souvent des antiquités souvent rares.

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Fille au vent de Loreto Verrocchia

Dans ce salon de 2014, il est plus facile de trouver une sculpture contemporaine qu’une commode Louis XV, en parcourant les allées, l’œil est plus attiré par les couleurs vives et les sculptures volumineuses en métal, plastique ou verre que par une statuette en ivoire ou un meuble bien ciré orné de bronzes dorés. Malgré ces observations, il reste encore des stands où sont exposés de magnifiques objets de collection, de la très belle orfèvrerie, des peintures flamandes, des meubles Art Déco et des antiquités asiatiques. Parmi les artistes contemporains exposés, de nombreux plasticiens et des peintres, parmi eux, un antibois Jacques Lavigne que l’on peut trouver dans l’espace Pepper Gallery, une belle occasion pour l’artiste de figurer dans une manifestation internationale « les organisateurs ont trouvé un compromis dans la mesure où les antiquités semblent moins intéresser un certain public, intégrer l’Art Contemporain dans une même manifestation peut être une bonne chose, je ne sais pas combien de temps ça va durer » Avant d’être artiste peintre Jacques Lavigne était géologue, il découvre la peinture avec le plasticien Supports- Surfaces Jean Michel Meurice. Très vite, le surréalisme, l’abstraction l’interpellent, avec de jeunes artistes de la même mouvance, leurs parcours passent par la Grande Chaumière une institution parisienne de Montparnasse où l’on peut s’exprimer quelque soit le mode de création. Parmi ces rencontres artistiques, il va s’intéresser aux techniques du cinéma, aux Arts Plastiques et au militantisme politique. Comme pour beaucoup, l’époque « soixante-huitarde » laisse des traces, il descend dans le midi, d’abord dans le Lubéron et en 1977 il découvre Antibes où il trouvera…il faut bien vivre…un poste de formateur en Arts Plastiques à Nice. Rarement, un peintre a exposé aussi tardivement, ce sera en 1992 avec de nombreux petits bouts de papiers déchirés et collés sur une grande toile coloriée de peinture acrylique que le public découvre son travail.

On dit de vous le peintre déchireur colleur : 

Je pense qu’il y a deux raisons fondamentales, la déchirure c’est mon côté destructeur parce que je ne suis pas content du monde, je détruis et la destruction découvre un monde que je ne connaissais pas …ce que j’ai découvert la déchirure par cet acte ouvre à quelque chose d’autre. Avant de le coller, il faudrait que je lui donne une forme alors que j’en donne peu, c’est l’aléatoire qui donne la forme, la déchirure donne la forme, j’ai commencé par le carré, le triangle, le cercle ce sont les symboles fondamentaux qui structurent notre psyché.

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Vous avez dit à un journaliste au sujet de votre peinture…elle est sans passé, sans avenir, sans profondeur, sans mystère, sans ailleurs, transparente comme un éblouissement, ça demande peut être une petite explication ?

Il y a encore le grand mystère, l’homme est à lui-même un grand mystère, il est étudié par la science, à la fois par la métaphysique et tout ce qu’il ne sait pas de lui, un jour l’homme se connaîtra lui-même et donc changera tous ses comportements, c’est optimiste, c’est çà que je veux dire, la fonction de l’artiste mais pas seulement, la fonction du philosophe, la fonction du scientifique, c’est peut être aussi la fonction des journalistes que ce savoir sur nous-mêmes.

 

Quand on voit de telles couleurs, on ne voit pas en vous un peintre mécontent de soi, on voit beaucoup de bleu et peu de rouge, pourquoi ?

Parce que le bleu a une fonction, dans toute mon histoire je pars du bleu parce que ça m’a été donné, comme disait Kandinsky, le bleu c’est quelque chose qui attire vers lequel on va parce qu’il y a une notion d’infini, le rouge c’est plutôt le côté de la certitude absolue, chez moi c’est la passion, l’agressivité, c’est le rouge sang, c’est la violence mais c’est aussi le rouge de la passion dans le christianisme. Le rouge, il y a l’ambiguïté, le rouge il faut le maîtriser, le bleu c’est beaucoup plus facile.

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Vous avez commencé à exposer très tard, y a-t-il une raison ?

C’est par orgueil, jamais dans ma vie, je ne suis allé voir quelqu’un d’une galerie, jamais ni un ami, le galeriste Gilles Calabria est venu, il cherchait une maison et il est venu ici c’est comme çà qu’il a vu mes peintures il y a 10 ans, donc c’est sûrement de l’orgueil, moi je n’aurais pas supporter quelqu’un qui me refuse.

Vous avez été géologue, notamment au Sahara où les couleurs n’ont rien à voir avec celles que vous utilisez ?

J’étais très fasciné par le Sahara et ce que l’on découvre, les gens l’ont retrouvé spontanément dans la géologie…on fait ce que l’on appelle des lames minces, c’est-à-dire, on prend des morceaux de roche, on les use jusqu’à ce que ce soit transparent et ensuite, on les regarde au microscope et par contre, le monde qui se dévoile, un monde assez structuré, très coloré, à l’intérieur des roches ce n’est pas spécialement ocre, là c’est très bariolé, c’est différent selon les roches

Pour vous, peut-on définir clairement le figuratif ou le non figuratif ?

Non pas du tout, j’ai fait quelques trucs figuratifs, je rêve depuis longtemps de réintégrer la figuration dans mon abstraction.

Peut-on le faire avec des collages ?

Je vous dirai çà dans quelque temps

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Je reviens au Salon et son choix très Art Contemporain, qu’en pensez vous ?

Il y a un engouement pour l’Art qui est peut être à court terme et pour moi, c’est très significatif, les côtés négatifs c’est que parfois c’est n’importe quoi. Il y a des gens qui spéculent la dessus, ils ont intérêt à ce que des artistes valent très cher pour pouvoir le revendre encore plus cher et plus on vend cher, plus ça plait à l’acheteur…le danger, c’est qu’à terme ça s’écroule,quand au mot Modernité, ce n’est pas toujours facile à définir, la modernité, la contemporanéité, les historiens ne sont pas tous d’accord, ça commence avec les impressionnistes la modernité, il y en a d’autres, il faut remonter à la renaissance, la Modernité, c’est un concept qui, à mon avis, n’est pas très clair mais il est revendiqué par beaucoup.

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Jacques Lavigne a peint quelques 350 toiles sans titre, les antibois le connaissent bien, il expose régulièrement à l’appel d’amis dans divers lieux culturels de la ville comme à l’Espace Culturel des Arcades ou au Transatcafé où le prochain accrochage se fera avec d’autres artistes de la région comme Véronique Champollion qui elle aussi déchire,colle et peint et invente des curieux personnages.

                                                                                              Jean Pierre Lamouroux

42 ème Salon Art Fair, Antiquités, Art Moderne jusqu’au 5 mai

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