Le Doudouk de Didier Malherbe

 

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Hadouk Quartet (crédit photo Julien Mignot)

Pour tous les curieux et les passionnés d’une musique inventive, de sons venus du bout du monde, d’un jazz progressif, le théâtre Lino Ventura à Nice accueille ce 19 avril un quartet un peu méconnu du grand public mais reconnu dans toute la planète musicale comme le plus important de ces dernières années avec son fondateur Didier Malherbe, le pilier du Hadouk Quartet (1).

Habituellement, lorsqu’on cite le nom d’un musicien, on lui accole un style de musique et un instrument, avec Didier Malherbe c’est difficile dans la mesure où, depuis des années, il nous a habitué à la diversité en tout genre. S’il débute au saxophone en faisant les beaux jours des clubs parisiens de jazz, le souffle de 1968 n’est pas très loin et en partant en Indes, il va découvrir une autre musique et d’autres instruments comme la flûte. C’est aussi l’époque des rencontres artistiques parmi elles, le guitariste australien Daevid Allen le fondateur de Soft Machine, avec le batteur Rachid Houari il crée le groupe Gong, ce seront de belles années de création, le Free Jazz est en pointe avec aussi le groupe Magma du batteur Christian Vander. De nombreux enregistrements marquent cette période, rappelons nous Camembert Musique ou la trilogie Gong Radio Gnome. Didier Malherbe veut aller encore plus loin, il fonde avec François Faton Cohen le Faton Bloom, sans répertoire bien précis le ton est plus calme. Cette période est de courte durée, Didier est à l’affût de découvertes d’autres instruments, il s’essaye au synthétiseur à vent, invente une flûte en PVC et invite des musiciens habitués du tablas, du sirod, du hajouj, du bolong, c’est avec l’un d’eux Loy Ehrich qu’il forme le Hadouk et enregistre un titre éponyme où ce seront plus de 20 instruments peu connus en Europe qui seront utilisés. Le succès aidant, les tournées s’enchaînent, les collaborations artistiques s’accentuent avec plusieurs artistes de variété comme Julien Clerc, Jacques Higelin, Brigitte Fontaine et il y aura aussi les bandes musicales pour plusieurs films. En découvrant le Doudouk (2), Didier fait un nouveau pas dans sa quête de musiques originales. Invité dans de nombreux festivals et en signant d’excellents enregistrements, les critiques de jazz sont unanimes à reconnaître les mille talents de ce musicien hors pair, réussissant à donner des sons sans que l’on puisse très précisément nommer l’instrument. Il serait trop long d’énumérer tous ses disques soit en leader, soit en participation avec d’autres musiciens qui l’invitaient. On pourra entendre ce samedi soir à Ventura quelques titres de son dernier CD Hadoukly Yours enregistré l’an dernier. Il se produira avec Eric Löhrer à la guitare, Loy Ehrlich aux claviers, basse et hajouj et Jean Luc Di Fraya aux percussions.

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Kabbalah (crédit photo DR)

Plus complet musicalement que jamais, le second concert de la soirée est un peu à l’image de Hadouk quartet dans la mesure où les cinq musiciens sont de nationalités différentes, qu’ils utilisent aussi de multiples instruments et que leur répertoire touche à toutes les sensibilités musicales. Ce groupe Kabbalah s’est formé à Marseille, il a pu prendre son envol grâce à une aide importante d’une petite salle de concerts marseillaise La Méson. En s’appuyant sur des musiques des Balkans et de l’Europe centrale, il revisite la traditionnelle musique yiddish Klezmer mais rien de folklorique, ce sera du rock, du funk, de l’afro américain et de l’oriental avec de nombreux titres chantés par un excellent crooner Pat2 Bass qui est aussi bassiste. De leur premier album en 2007, Shlomo à Boxes Bagels and Elephants enregistré l’an dernier, le groupe marseillais s’est imposé dans l’hexagone et prépare une tournée en Allemagne. Pour ce concert à Ventura, il y aura Luigi Gatto à la batterie et percussions, Amakin Startseva au violon et au chant, Pat2bass voix et basse, Stef Galeski guitare et chant et Uliphant 2000 au sax, flûte et claviers.

Rendez vous au théâtre Lino Ventura – 04 97 00 10 70

 

                                                                                     Jean Pierre Lamouroux

 

(1)Ce nom de Hadouk trouve bien là une belle entente musicale de Didier Malherbe et Loy Ehrlich avec HA pour l’instrument de Loy le hajouj et DOUK pour celui de Didier le doudouk

(2) D’origine arménienne mais utilisée dans d’autres pays limitrophes, c’est un genre de flûte en bois à 10 trous avec une anche double. Depuis 2005, l’UNESCO l’a proclamé au Patrimoine Culturel Immatériel de l’Humanité

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