Cinéma / APPRENTI GIGOLO de John Turturro.

APPRENTI GIGOLO de John Turturro

Pour son 5 ème film comme réalisateur , le comédien qui est aussi devant la caméra et a signé le scénario, s’est adjugé la complicité de Woody Allen en « mac » qui l’incite à vendre ses charmes pour assurer les fins de mois. Les formes de la tonalité de la comédie Américaine traditionnelle pimentée des bons mots de l’humour juif du milieu petit bourgeois Hassidique New-Yorkais, et d’une charge sur un certain intégrisme…

Woody Allen  et  John Turturro
Woody Allen et John Turturro

Murray et Fioravante sont amis depuis longtemps et rencontrent quelques problèmes financiers avec leurs activités de travail respectives , dans ce quartier New-Yorkais Hassidique  où ils  vivent.       Murray  ( Woody Allen ) doit faire face à la récente faillite de sa librairie et subvenir aux besoins d’une famille nombreuse , Fioravante ( John Turturro ) voit sa boutique de fleuriste dont il façonne pourtant amoureusement les compositions pour sa clientèle péricliter sous les coups de la crise. Leurs discussions à bâtons rompus en viennent depuis quelques temps à chercher de solutions pour sortir de l’impasse … et c’est Murray qui va lancer une « piste »,  suite à une conversation entendue entre deux femmes «  j’étais chez ma dermato, elle était avec une copine et elle se sont dit qu’elles aimeraient essayer un ménage à trois. Elle me demande si je connais quelqu’un et j’ai pensé à toi… tu as une sorte de ses appeal  ! » dit-il à Fioravante surpris qui demande à Murray s’il a pris des drogues «  non, à part mes antidépresseurs ! » , lui rétorque ce dernier. La tonalité de l’humour est donnée en même temps que le « deal » surprenant va se mettre en place par l’appât du gain ( tarifs en cours, à l’appui… ) que le passage à l’acte de Fioravante,  pourrait ramener dans l’escarcelle de l’un et de l’autre dont les discussions sur les pourcentages de chacun, sont en cours …

Sharon Stone  et  John Turturro  ( de dos )
Sharon Stone et John Turturro ( de dos )

Et un certain » égo » de Fioravante ( le scène devant le miroir où il scrute son  possible ,charme ) fait son chemin pour lui faire franchir le premier pas. Et pas n’importe lequel , pour sa première expérience         ( tout un symbole … ) avec le docteur Parker ( Sharon Stone ) qui lui susurre « c’est comme du sucre l’amour avec toi, t’es au dessus du lot ! » , suivie par la jolie Sélima ( Sofia Vergara ). L’entreprise est lancée qui va permettre aux deux héros de servir… l’entreprise scénaristique du réalisateur qui par l’entremise de ses expériences  de  Gigolo , va  distiller  en miroir ,  son regard distancié et critique sur les « bobos » Juifs hassidiques New-yorkais , en même temps qu’en filigrane par le biais du Gigolo         ( prostitué ) il explore le thème de la sexualité féminine dans une confrontation qui , ici,  va mettre en relief les tabous et autres freins d’une orthodoxie religieuse qui va faire son apparition, lorsque ,  la très respectée et très orthodoxe veuve du quartier, Avigal ( Vanessa Paradis ) renfermée dans sa douleur , va céder à la tentation servie par les mots convaincants de Murray « on a tous besoin de contact, d’amour et d’affection » , qui cherche à la faire sortir de son long   deuil. Un crime de lèse majesté qui va mettre en branle les tenants de la rigueur orthodoxe qui vont sortir leurs armes de combat : surveillance ( avec le policier de Quartier / Liev Schreiber, amoureux secret de la belle veuve )  et  intimidations mafieuses , enlèvement de Murray et procès des autorités religieuses, afin de ramener l’ordre et la morale, remis en questions   par  le  mac et  son gigolo !…

Sofia  Vergara  et John  TUrturro
Sofia Vergara et John TUrturro

C’est dans ces moments là que le film dont la mise en scène  est plutôt traditionnelle , trouve cette dimension subversive  qui la dynamite de belle manière servie à la fois par un beau travail sur les tonalités ( extérieurs / intérieurs ) de la photographie ( signée  Marco Pontecorvo ) et une bande- son où viennent s’insinuer les tonalités des chansons de charme italiennes, en même temps que les notations et les bons mots comiques prennent le relais servies par la complicité de Woody Allen auquel John Turturro associe les bons mots de sa verve satirique . Notamment dans les scènes où ce dernier en mac traqué par les orthodoxes, se retrouve enlevé et confronté à ces derniers qui lui font le procès de corrupteur des bonnes mœurs . Un procès au cours duquel il ne manque pas de leur renvoyez les bons mots qui font mouche et référence à certaines intolérances qui dans le passé ont conduit à des tragédies . Comme le souligne , aussi , la superbe et inénarrable scène du match de basket opposant ses enfants à ceux des familles du quartier , et que , lorsque la composition des équipes se fait , les enfants des voisins refusent de se mélanger à ceux de Murray …parce qu’ils sont noirs ! Une mixité refusée qui lui fait dire « avec ce genre de comportements le fascisme a encore de beaux jours devant lui !.. ». D’ailleurs, sur le contexte familial de Murray, on peut ajouter que John Turturro s’amuse et brosse un joli portrait de cette famille surprenante dans laquelle, Murray avec sa femme et ses enfants noirs, n’a pas toujours le dernier mot …mais dans laquelle l’harmonie règne et s’est construite de manière touchante, basée justement sue la cohabitation de ces différences de races et de coutumes.

(Etienne Ballérini)

APPRENTI GIGOLO de John Turturro- 2014-
Avec : Woody Allen John Turturro, Sharon Stone, Sofia Vergara, Vanessa Paradis, Liev Schreiber…

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