Les Arts déclinés au Féminin

 

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Avec, le festival Femin’Arte d’Antibes, les organisateurs annoncent la couleur mais ils rajoutent que tous les publics sont les bienvenus. Cette manifestation, créée en 1998 par la comédienne Monette Candela, est désormais dans les mains de sa fille Fabienne Candéla  Mascunan qui a véritablement ancré cette manifestation dans la vie culturelle de la ville, elle se déroulera du 12 février au 8 mars.

 

Un petit retour historique ne peut pas faire de mal, Monette Candela créatrice aussi du Bœuf Théâtre et du théâtre de la Marguerite présentait à l’époque les spectacles sur les bancs en bois de la Maison des Jeunes d’Antibes avec un premier spectacle « L’Homme qui plantait des arbres ». On pourrait dire aujourd’hui que les bourgeons ont essaimé et que les graines ont fait poussé de jeunes plants et que le café – théâtre s’est bien enraciné, si bien même que la Mairie a rouvert les portes de l’ancien Tribunal d’Instance en le transformant en véritable théâtre du Tribunal pour accueillir les humoristes de tous poils. Un festival pour tous avec des spectacles d’humoristes femmes et pour la deuxième année il y aura un Femin’Auteures en partenariat avec la Médiathèque Communautaire Albert Camus, le 8 mars dix huit auteures invitent le public à venir dialoguer avec elles. Trois sujets sont proposés, le Roman, le Polar et la Jeunesse, au cours de cette journée, des comédiennes liront les correspondances de Camille Claudel et de Frida Khalo.

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Trinidad et Marianne Sergent marraines du festival

Fabienne, vous vous rappelez des premiers pas de Femin’Arte ?

F : En fait, c’est né à Marseille, cela s’appelait Festi’Femmes fait par Eliane Zayan, on trouvait l’idée sympa car au départ, ce n’était que des humoristes hommes qui se produisaient sur les scènes, on a fait aussi un constat, il ne fallait pas que les humoristes femmes soient vulgaires. Il fallait qu’elles soient belles…les trucs habituels et puis après, on s’est détaché pour voler de nos propres ailes, on a proposé d’autres formes d’art, on a rajouté la peinture, on a créé maintenant un salon littéraire, ça ne tourne plus qu’autour de l’humour, c’est devenu Femin’Arte qui décline les Arts au féminin.

Vous pensez qu’il y avait un besoin ?

F : Moi, je pense que oui, quand on regarde à l’époque combien de femmes faisaient des solos, Marianne Sergent, Jacqueline Maillan…Non des femmes drôles il n’y en avait pas des tonnes et puis, il y avait toujours les réflexions du genre…ho, elle n’est pas belle…t’as vu comme elle transpire…on ne dit jamais çà d’un homme. En fait pour se montrer, il fallait que la femme soit jolie, le festival est un peu venu de çà, on a rajouté la peinture parce ce que je me rappelle d’une expo où j’ai entendu cette phrase que j’avais trouvée étrange, c’était, elle peint comme un homme…qu’est ce que ça veut dire ? Elle peint point barre. On s’est rendu compte que comme dans tout, c’est plus difficile pour les femmes malgré tout, même si ça va mieux. Ce n’est pas un spectacle qui brandit le poing mais c’est juste pour montrer, pour dire…voilà, il y a des peintres femmes, des chanteuses femmes, il y a des circassiennes femmes, il y a des musiciennes.

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Marianne Sergent

Est-ce qu’on sent une différence d’humour entre les hommes et les femmes ?

F : Moi, je trouve qu’à un moment, il y avait une différence, je pense que les choses se banalisent en ce moment.  Les femmes parlent beaucoup encore de leur maris, de leurs amants, des couches, des gosses, c’est un peu difficile d’aller chercher des spectacles qui montrent autre chose que le quotidien, c’est pour çà que j’aime bien notre programmation .

Faire un festival comme celui-ci avec que des femmes, n’est ce pas un peu dépassé ?

F : Non, dans l’absolu on pourrait dire oui il ne faudrait pas que ça existe mais il y a toujours des différences de salaire, peu de femmes en politique qui ont des rôles importants, il y a moins de femmes chefs d’entreprises, ce n’est pas réglé…après est ce que nous sommes égaux, je n’en sais rien, je suis sociologue, je ne suis pas philosophe…quand on regarde ce que nous faisons, il y a moins de solo femme, il y a moins de beaux rôles pour les femmes.

Voir des femmes humoristes ça peut aider ?

F : Je crois qu’on a pas mal à bagarrer, c’est compliqué de tout faire en même temps, c’est compliqué d’élever des gosses malgré tout même si les hommes participent plus mais le festival n’est pas hargneux c’est juste un constat, c’est quand même toujours la maman qui porte les enfants et quand on est enceinte pour trouver du boulot c’est plus compliqué, les problèmes de crèche, c’est dur pour trouver du boulot quand tu as passé 50 ans pour un homme, alors pour une femme… Il y a des choses qui ne sont pas réglées, qui le seront un jour, je n’en sait rien, ce n’est pas un festival donneur de leçons, c’est juste un festival constat…Tiens, par exemple, je rencontre quelqu’un, je lui dis tiens donne moi 5 noms de peintres…est ce que tu trouves un nom de femmes ? 5 noms d’auteurs, tu mets des femmes ? Des humoristes ? Pareil.

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Annadré

Reparlons du programme, pourquoi avoir choisi ces femmes ?

R : J’ai choisi Annadré parce qu’elle est impertinente, parce qu’elle est drôle, parce que c’est une super chanteuse, parce qu’elle parle sexualité au travers de la musique, j’aime bien son côté discothèque, la musique adoucit les mœurs, c’est une bonne thérapie, la chanson c’est important de Claude François à jacques Brel. Ensuite c’est au tour de Trinidad et Marianne Sergent, les marraines du festival, je trouve que dans le paysage humoristique actuel, c’est quand même elles qui disent le plus de choses documentées chaque fois. Marianne n’a peur de rien quand elle parle de quelque chose, c’est documenté, là elles vont parler surtout du temps, de l’âge, elles ont du tempérament toutes les deux, ce sont des pasionarias, des généreuses, elles donnent et quand on sort de leur spectacle, on se sent toujours bien. Après, il y a Delphine Zana, c’est elle qui part du modèle idéal de la femme qui fait tout parfaitement, elle fonce, elle fonce.

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Delphine Zana

Mesdames, messieurs, le rendez vous antibois ne manquera pas de piquant dans tous les sens du terme et pour réconcilier tout le monde, le premier spectacle après Femin’Arte sera une comédie avec Marlène Noël et Philippe Elno pour « Le mélange des pinceaux ». Il y aura aussi  tous les premiers dimanches du mois sur une idée de Fabienne une soirée un peu foutraque où chacun pourra venir danser, jouer, chanter, déclamer, bref…comme le répète la maîtresse des lieux « l’époque a besoin de rage, de solidarité, d’amour et de ponts entre nous et l’autre… »

 

                                                                              Jean Pierre Lamouroux

Théâtre Le Tribunal : 04 93 34  11 21 – 06 43 44 38 21

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