image Théâtre / Antoine Duléry fait son cinéma (mais au théâtre)

antoine-dulery-affEn trois soirées au Jazz Comédie Club de Nice (les 19, 20 et 21 décembre 2013), seul en scène, Antoine Duléry a montré quelques géniales facettes de son immense talent dans un spectacle hilarant, plein de tendresse et d’amour pour ses amis acteurs et ses grands aînés, monstres sacrés du cinéma et du théâtre.

Antoine se retrouve toujours le dernier à partir dans les soirées entre amis, toujours prêt à raconter une dernière anecdote, sortir un bon mot de George Bernard Shaw ou Winston Churchill, retardant indéfiniment le moment de la séparation. Car partir c’est aussi quitter le public… Cette trame toute simple et très personnelle le voit convier autour de lui un aréopage jubilatoire de personnages célèbres. Rien à voir pourtant avec les nombreux imitateurs qui hantent les scènes, les télévisions et les radios, rivalisant de « dextérité vocale »… Non, rien à voir. Antoine offre autre chose lorsqu’il nous convie à partager la compagnie de Daniel Prévost,  Fabrice Lucchini, Jean-Paul Belmondo, Johnny Halliday, Alain Delon, Michel Galabru, Michel Serrault, Claude Lelouch, Francis Huster ou encore Pierre Arditi. Tous sont des compagnons de tournage, des complices de théâtre, certains sont des amis très proches et Antoine ne les imite pas mais « absorbant » leurs postures (merveilleux Robert De Niro muet), il joue à les croquer dans de délicieux instants souvent « vécus » avec lui, drôles, tendres et chaleureux.

Tour à tour, l’un ou l’autre, il raconte aussi son théâtre et son cinéma, le réel de ses rencontres improbables et l’imaginaire qui les habite. Ce spectacle est un véritable acte d’amour à une profession qu’Antoine pratique depuis trente ans, touche à tout génial, tant sur les planches que sur un plateau de cinéma ou de télévision. De ses débuts dans Celles qu’on a pas eues de Pascal Thomas en 1981 aux Vents contraires de Jalil Lespert en 2011, Antoine est passé de la comédie au drame, de l’humour à l’émotion avec la même facilité, refusant de s’enfermer dans un quelconque personnage malgré le succès du Paul Gatineau de Camping de Fabien Onteniente ou du commissaire Jean Larosière de Petits meurtres d’Agatha Christie, la série télévisée.

Et cet acte d’amour se double d’un merveilleux hommage à quelques grands aînés qu’il n’oublie pas. A la fois respectueux et malicieux, il redonne vie quelques instants à Jean-Louis Barrault, Jean Marais qui l’a vu débuter ou encore Louis Jouvet, le maître. Constamment drôle et vif, débordant d’une empathie touchante, soutenu par une bande sonore impeccable, mis en scène brillamment par Pascal Seriès qui n’en est pas à son coup d’essai (Florence Foresti, c’est lui) ce spectacle est un joli voyage dans le cœur d’Antoine Duléry. Un cœur gros comme ça qu’il nous ouvre sans hésiter, avec un plaisir gourmant…

Gérard Camy

Prochaines dates : Antoine Duléry reprendra son spectacle à Paris à partir du mois de janvier.

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