Cinéma : CARTEL de Ridley Scott

CARTEL de Ridley Scott.

Des dangers de la compromission … un avocat- conseil Américain trop (?) confiant dans ses intermédiaires tisse des « liens » avec les cartels de la drogue Mexicains dont la violence va se retourner contre lui et faire basculer son quotidien . Après sa collaboration avec les frères Coen pour No Country for Old Man ( 2005 ), l’écrivain Cormac McCarthy apporte sa contribution vénéneuse – servie par un casting éblouissant – à l’auteur de Blade Runner et American Gangster.

2 ( Michaël Fassbender  et Javier  Bardem)

On comprendra après un scène d’ouverture où deux corps à la manière de Godard dans A Bout de Souffle s’embrasent de passion sous les draps, que l’avocat- conseil Américain ( Michaël Fassbender ) guidé par la passion pour sa dulcinée  Laura ( Penelope  Cruz ) à laquelle il veut offrir la belle vie et la couvrir des plus beaux cadeaux , va se laisser embarquer dans un « deal » qui devrait se révéler juteux avec les cartels Mexicains. Mais la livraison prévue se retrouve détournée  par une bande rivale, notre avocat va devoir faire face à une situation qui ressemble à une descente aux enfers… où le jeu des coups bas, des machinations, des mensonges et autres faux-semblants distillent un lourd parfum de poison et de violence . C’est alors que se met en place un étrange jeu de miroirs où la morale et les compromissions d’un certain milieu trouve son reflet diabolique dans l’univers de la criminalité . A l’image du trouble «  jeu » du personnage de Milkina ( Cameron Diaz ), vénéneuse à souhait qui tire les ficelles et brouille les cartes avec le même plaisir et la même délectation du peintre qui choisi, ses pinceaux et ses couleurs avec minutie,  pour exécuter son grand- œuvre.

4 ( Javier  Bardem  et Cameron Diaz)

Femme (s) fatale (s) brunes ou blondes croqueuses de diamants , et dangereux hommes de gangs ou d’affaires , rapports pouvoirs et de forces dans un camp comme dans l’autre , et violence exacerbée des gangs , ou , en sourdine et sophistiquée  des milieux d’affaires , mais qui éclate sans détours dans des fulgurances inattendues. A l’image de la séquence du motard décapité au filin sur la route dans une mise en oeuvre et en scène d’ une précision diabolique . Tous les ingrédients sont au rendez-vous pour un final en forme de mise en abîme scandée par des dialogues qui ne cessent de jeter le trouble sur le véritable visage des personnages , comme s’ils étaient interchangeables et , qui tous, ont ce rapport addictif à l’argent , au pouvoir , au sexe et à la corruption et à la violence . D’ailleurs on est spectateurs largués dans les méandres d’une sombre machination dont on sait qui l’a ourdie , mais dont les dérives qui s’y intègrent finissent par semer le flou et le trouble , révélant d’autres mystères …

6 ( Penelope  Cruz )

C’est d’ailleurs l’enjeu du film t celui du récit concocté par Cormac McCarty et ses dialogues qui ne cessent de jouer avec les stéréotypes et qui apportent le sel dans des confrontations et échanges, via une prose que pourraient presque revendiquer les Marx Brothers , lorsque tout à coup il est question du sens de la vie, et que l’on se complaît dans la métaphore pour éluder le réel , ou que , l’on se vautre dans les prises de décisions fermes pour tromper les apparences et l’ennemi prétendu , ou supposé. Toute la première partie du film avec la mise en place des enjeux et des personnages , distille  une atmosphère de faux-fuyants que s’installe offrant des joutes mémorables servies par des comédiens qui s’en donnent à coeur-joie dans le sous- entendus qu’elle recèlent. A l’image des scènes entre Michaël Fassbender et un Brad Pitt qui se positionne  en « médiateur » aussi séduisant que fourbe , et inquiétant . De la même manière que les séquences saupoudrées d’échanges philosophiques et de second degré entre Fassbender et un Javier Badem ( Rainer ) en crapule «  bling- bling » . Tandis que le souffle sulfureux s’installe à chaque apparition des deux sex -symbol dont les auteurs se délectent à opposer les destinées dans un duo ( duel ) fascinant qui laisse se répandre dans leur passage un subtil parfum de mystère.

5 ( Brad  Pitt  et Michaël  Fassbender )

La mise en scène de Ridley Scott se plie par son montage nerveux , à ces joutes , comme elle distille habilement dans les séquences d’affrontement et de violence , ce parfum mortifère qui scande par ses fulgurances la fin d’un monde et les ingrédients de la corruption et de la violence dans laquelle  il  s’est  fourvoyé …. qui le  fait  courir  à sa perte . A cet égard est emblématique la plongée dans l’enfer de cet avocat traqué, et la peur qui l’envahit petit à petit ne sachant plus où fuir ni ou se cacher, qui rejoint les accents de la tragédie. Tout à coup il réalise, lui, qui se croyait à l’abri de cette violence avec laquelle il frayait et le danger qu’elle représente pour le confort dans lequel ses oeilleres et un certain cynisme, l’avaient enfermé …
(Etienne Ballérini )

CARTEL de Ridley Scott ( 2013 ) – Scénario de Cormac McCarty –
Avec : Michaël Fassbender, Penelope Cruz, Cameron Diaz, Javier Bardem, Brad Pitt,
Bruno Ganz, Rosie Perez, Toby Kebbel , Edgar Ramirez….

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