image Quartier / Le Ketje, qu’es aquo ?

A Nice, les endroits ne sont pas nombreux où il fait bon s’asseoir pour boire un petit verre après le boulot – ou pour fêter la fin d’une harassante journée chômée. Nous en avons trouvé un ! c’est la première bonne nouvelle. La seconde, c’est qu’on vous donne notre bon plan :

Thierry, dit « Titi », le patron du Ketj.
Thierry, dit « Titi », le patron du Ketje.

Il y a de cela quelques années, lorsqu’avec des amis nous nous donnèrent rendez-vous au Ketje pour la première fois, l’un d’entre eux chercha le « cage » (prononcez à l’anglaise) sur le plan GPS de son véhicule tout équipé sans jamais parvenir à le trouver. Non, lui dis-je alors qu’il m’appelait, aussi perdu qu’un Américain dans le Vieux-Nice, essaye plutôt avec l’orthographe exacte. Celle qui ne veut rien dire ? objecta-t-il immédiatement. Oui celle-là même.

Le Ketje, ca ne veut rien dire ? cria notre ami d’origine belge qui avait fixé le rendez-vous, une fois que tous nous étions réunis autour de la table. Ca me ferait mal, nous engueula-t-il sur sa lancée, visiblement vexé comme tout, susceptible comme un pou…

Bref, je vous passe les détails au profit de l’essentiel : Le ketje chez nos amis d’outre-Quiévrain, c’est le petit gamin, l’équivalent du titi parisien et de tout ce que cela symbolise.

DSC00017A Nice, au 15, rue Auguste Gal, à deux pas de la place Arson et à 100 mètres de La Poste, le bien nommé bistrot qui n’a pas de belge que le nom accueille chaque jour sa clientèle entre 14h et minuit. De belge, il y aussi toute la panoplie de bières en bouteille tandis qu’à la pression, la Grimbergen coule à flots. Thierry, alias Titi, est seul derrière son bar et sert tour à tour les clients avec un sourire et une joie de vivre communicatifs. Lorsqu’il a repris l’activité de l’établissement actuel il y a quelques petites années, le nom de l’endroit avait survécu aux différents changements de propriétaire. « Avant, explique le taulier, c’était un restaurant belge et la cuisine était dans la salle du fond. Puis, la cuisine a été défaite et la salle a gagné en espace. Maintenant, dans ce même lieu, l’ambiance a évolué mais l’âme est toujours là. »

Do, ré, mi, fa, sol, la, si, Ketje. Comment vous exprimer la convivialité du lieu ? Peut-être la meilleure des façons serait-elle d’y faire un tour et de vous rendre compte par vous mêmes. Sinon, voici un petit topo : les endroits comme le Ketje à Nice ne courent pas les rues, c’est un euphémisme. Les gens sont sympas et accueillants, facilement abordables. Quand on vient seul, on ne le reste pas. Et puis il y a de la bonne musique. L’amour de la musique est souvent communicatif, et quand un passionné tient un bar, cela se ressent. Pas de style prédominant, et les cadres de Metallica, des Red Hot ou des Who accueillent avec bienveillance les notes de jazz ou de blues lancées à l’oreille des clients par le poste toujours allumé. « Je suis bassiste et même si je ne continue que très peu, je me régale, avec mon petit bagage, à écouter les autres. » Une fois par semaine, des groupes locaux jouent sur la petite scène de la salle du fond à laquelle la cuisine a cédé sa place. « J’écoute tous les groupes qui vont se produire et le samedi, parfois le vendredi, les concerts ont lieu de 20 à 22h. Les gens apprécient énormément et les groupes sont aux anges. Je ne prends que des auteurs compositeurs qui n’ont pas ou si peu de scène à Nice. Pour ceux qui font des reprises, il y a tous les autres pubs de la ville. »

Bon enfant. Il y a quelques semaines, le public ravi envahissait la moitié de la rue pour un concert de musique occitane.

Les habitués se mêlaient aux nouveaux. Comme c’est souvent le cas. « J’aime que les classes sociales se mélangent. Chez moi, le gars en costard rencontrera le mec en bleu de travail, et les deux repartiront contents. C’est aussi ça le rôle d’un bistrot. »

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« Tous les soirs, les mêmes visages se retrouvent gaiement. « 

Tous les soirs, les mêmes visages se retrouvent gaiement. Comment se crée-t-on une clientèle comme vous avez su le faire ? osai-je à un moment le plus naïvement possible. « J’aime mon boulot », me répondit-il tout aussi naïvement – mais je l’avais cherché – avant de me préciser qu’il ne voulait pas de la licence qui lui permettrait de vendre de l’alcool fort pour éviter les problèmes d’ébriété.

Est-ce aussi pour ce beau geste désormais inusité que Titi pratique sans avarice, celui qui pose les principes d’une vraie relation et qui ne réduit pas le client à son portefeuille, celui, acte suprême de partage pour un commerçant, qui l’amène à offrir une tournée de temps en temps ?

On n’en saura rien. « C’est simplement le fait d’être humain », insiste Titi. Je ne saurais pas trop quoi dire non plus, mais je sais qu’il y a un petit quelque chose d’authentique qui fait du bien en tout cas.

Rafael Fardoulis

 

Le Ketje, 15 rue Auguste Gal
09 52 62 86 60
Et aussi sur Facebook, pour le programme des concerts à venir

Un commentaire

  1. Je ne connais pas les bars belges, mais pour avoir fréquenté – plus que de coutume- les bars bruns d’Amsterdam lors d’un séjour, l’ambiance, les boiseries, la convivialité, la simplicité des relations m’y faisaient indubitablemnt songer. Et bien sûr la bière. « Ca sent la bière de Londres à Berlin… »

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