image Le Ventura accueille le Jimi Brown Expérience

Le 16 novembre, en première partie du concert exceptionnel que va donner l’un des plus grands guitaristes de jazz actuel John Scofield (lire l’article ci-contre), nous allons pouvoir écouter un groupe le Jimi Brown Expérience.

The Jimi Brown Experience DR
The Jimi Brown Experience DR

Ce groupe a été créé par le pianiste niçois Fred d’Oelsnitz, un musicien qui est passé du classique au jazz en bonne compagnie, Bibi Rovere, Stéphane Persiani, Charles Bellonzi, des rencontres aussi avec le trompettiste François Chassagnite où il intègre le groupe Epistrophy et enregistre Poco Loco, ensuite ce sera Douceur Lunaire avec le contrebassiste Jean Marc Jafet. Sa route est tracée, elle croise celle des frères Belmondo, de Dédé Ceccarelli, de Christian Escoudé, etc.… Il sera aussi de la belle aventure du groupe Magma avec Christian Vander qui ne fait appel qu’à des musiciens qui peuvent apporter un petit plus à ses compositions. De 2003 à 2006, Fred fût l’un de ceux là et au passage, il sera dans l’enregistrement du fameux L’Homme Suprême, un hommage de Vander à Coltrane. Nouveau pas en avant, Pierre Bertrand, le chef du Nice Jazz Orchestra, le sollicite pour rejoindre le Big Band azuréen, dans la foulée, on l’entendra au Nice Jazz Festival de 2011 où il accompagne la chanteuse Roberta Gambarini entre deux concerts avec son groupe Five 2 One et puis, une belle surprise pour le public international du Nice Jazz festival 2012 qui vient applaudir Troy « Trombone Shorty » qui présente son dernier CD For True aux rythmes explosifs de rock et de hip hop, il y avait en première partie un groupe qui n’est pas sur les fiches des organisateurs et qui va scotcher le public, c’était… le Jimi Brown Expérience créé par le même Fred D’Oelnistz, Jimi comme Jimi Hendrix, Brown comme James Brown, ce soir là, ils sont sept musiciens que Fred a réussi à convaincre, la plupart joue en terre azuréenne un jazz plus conventionnel, Fred se souvient « devant cette scène prestigieuse, le public s’est levé pour nous applaudir en nous demandant un rappel, il y a de quoi être fier d’être un musicien dans ces moments là… ». Depuis, un CD a été gravé grâce au producteur niçois, David Benaroche et sa maison d’édition IMAGO. On découvre aussi un Fred à la trompette quand il n’est pas devant son piano Fender Rhodes, un musicien encore surpris de la naissance de son groupe.

Comment as-tu eu l’idée de fonder ce groupe?

Fred d'Oelnistz
Fred d’Oelnistz

« James Brown sur des enregistrements des années 70, c’était en écoutant ces morceaux que j’ai toujours aimés, j’ai eu l’idée d’essayer de les interpréter, de développer des solos dessus dans l’esprit Miles Davis un petit peu, et de John Coltrane également 

, je l’ai proposé aux musiciens amis ceux qui font partie du projet actuellement, ça a plu à tout le monde, donc on a continué à développer en introduisant aussi des morceaux du répertoire de Jimi Hendrix qui sont des bons départs à développement »

Pour ton expérience personnelle de compositeur, tu penses que c’est plus facile pour toi d’aller dans ce sens que dans un jazz plus classique ?
« Non, on va dire c’est différent mais au niveau de l’interprétation, c’est-à-dire sur une énergie déjà existante, des morceaux qui ont été écrits d’une manière qui font écho dans le souvenir, dans la connaissance que l’on a, on part d’une énergie à partir de là, cette impulsion nous donne l’élan pour jouer et développer ce que chacun a à dire, donc ce n’est pas forcément plus facile ou plus difficile. On part déjà sur une base mais en partant vraiment d’une version originale qui n’était pas développée au niveau des solos, c’étaient des chansons intégrées à des performances. C’est une base intéressante, le lien avec le jazz plus traditionnel dont tu parles, ça reste quand même le blues de toute manière, Jimi Hendrix reste avant tout un bluesman et électrifié au niveau des harmonies mais à la base, on entend vraiment le blues et chez James Brown également ».

Comment as-tu fait pour trouver des musiciens qui puissent jouer çà ?
«  Au niveau de la rythmique, Fabrice Bistoni était bassiste avant d’être contrebassiste, c’est le genre de sonorités qu’il aime bien, je me disais que ça allait coller, ça lui a plu effectivement, pour ce qui est de Laurent Sarrien, le batteur, lui il a une culture de jazz large et variée ce qui lui permet de naviguer tout en sachant que les batteurs des musiques, auxquelles on fait référence, étaient quand même dans un son assez jazz début années 70. Au niveau acoustique, ça reste assez proche des batteurs de jazz, après c’est dans le phrasé, l’énergie, la frappe demande à être plus importante, c’est avec des instruments électriques donc, à partir du moment où les musiciens étaient motivés, j’avais confiance au fait que ça fonctionne, de toute manière, l’intérêt après, c’est au niveau du développement des solos, je me doutais que ça allait les intéresser et en particulier Sébastien Chaumont, c’est quelqu’un qui vient du funk avant de faire du jazz, voilà, c’était un retour aux sources pour lui. »

Pourquoi joues tu aussi de la trompette ?
« C’est un instrument que j’affectionne particulièrement même si j’y suis venu sur le tard, je prends un plaisir à utiliser la trompette, disons comme un rajout quelque part, ce n’est pas une pièce maîtresse du groupe c’est vrai que je privilégie quand même le clavier avant tout »

Fred à la trompette
Fred à la trompette

Tu vas passer en 1ère partie de John Scofield, il représente quoi pour toi ?
« Scofield a beaucoup développé sa carrière auprès de Miles Davis, donc il y a déjà un lien fort à ce niveau là,  il fait partie des gens de la guitare qui ont amené un nouveau son, pour moi c’est un très grand maître de la guitare moderne et c’est vrai que passer avant lui ça amène un peu plus d’adrénaline mais ça permet d’avancer, la barre est très haute et peut être l’équipe Scofield va entendre un petit bout de notre concert. »

Ce serait marrant qu’il vous demande de faire un petit bœuf ?
« Il faut rester jusqu’à la fin, vous verrez. »

 

Jean Pierre Lamouroux

Concert du 16 novembre : Fred d’Oelsnitz, Selim Nini (sax), Tahma Razafindratsiva (trombone), Laurent Sarrien( batterie), Fabrice Bistoni (basse), Jonathan Gritella (guitare), Sébastien Chaumont (sax)

Ont participé au CD Jimi Brown Expérience : les guitaristes Amaury Filliard et Olivier Giraudo. Imago Production 2013

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