image Cinéma / les 2 et 3 octobre autour du réalisateur Alain Jessua

Les 2 et 3 octobre, l’association Cannes Cinéma rend hommage à un réalisateur français majeur mais un peu oublié, Alain Jessua. Prix du scénario à Cannes pour son deuxième film, Jeu de massacre en 1967, il a imposé un style très particulier où le fantastique se mêle au réalisme et à son angoisse de la vie moderne. Il a tourné avec les plus grands acteurs français : Alain Delon, Gérard Depardieu, Annie Girardot, Patrick Dewaere, Jean Yanne, Fanny Cotençon, Jean Rochefort,Charles Denner, Jean-Pierre Cassel, Nathalie Baye, Michel Serrault…

Alain Jessua aurait dû être là mais malheureusement, des ennuis de santé en ont décidé autrement. Luc BÉRAUD, scénariste de son film En toute innoncence (mais aussi grand scénariste de Claude Miller), sera présent mercredi soir pour animer la soirée. 

Alain Delon dans le plus simple appareil dans Traitement de choc
Alain Delon dans le plus simple appareil dans Traitement de choc

Mercredi 2 octobre 2013
– 14h30  au théâtre la Licorne (ouverture du cinéma Bel âge) : Traitement de choc
– 18h30 au théâtre la Licorne, une soirée sur le principe des Jeudis de Cannes Cinéma la projection de deux films : En toute innocence en présence du scénariste Luc Béraud suivi de La Vie à l’envers. 

Jeudi 3 octobre 2013
– 14h30 au théâtre la Licorne:  Armaguedon
– 18h30 au théâtre de la Licorne dans le cadre des Jeudis de Cannes cinéma :  Jeu de massacre et Paradis pour tous

Pour présenter ces deux jours, voici le texte écrit par Gérard Camy, président de Cannes cinéma mais aussi critique, historien et professeur de cinéma. Le détail des films est indiqué tout en bas. 

« En un court métrage et neuf longs-métrages, Alain Jessua, s’est taillé une place à part dans le cinéma français. Mêlant judicieusement réalisme et fantastique, enveloppant ses films dans une étrangeté inquiétante, il aborde les problèmes de notre temps, pointe du doigt quelques errances tragiques d’un futur proche, décrit minutieusement cette folie ordinaire qui émane des dérives du progrès.
Alain Jessua
Alain Jessua

Jamais pourtant il ne s’éloigne du cinéma de divertissement, choisissant toujours des castings somptueux et travaillant ses scénarios jusqu’à la perfection, il met en scène des œuvres qui seront régulièrement récompensées dans les plus grands festivals.

Les difficultés financières qu’il connait pour produire et réaliser, Les Couleurs du Diable en 1997, signent la fin prématurée de sa carrière de cinéaste. Mais Alain Jessua a plusieurs cordes à son arc. Il écrira 6 beaux romans entre  1999 et 2011.

Né en 1932 à Paris, le futur réalisateur commence ces gammes cinématographiques à la Libération comme assistant de Jacques Becker, Yves Allégret , Max Ophüls ou encore Marcel Carné. Entre deux tournages, il réalise en 1956 un court métrage, Léon la Lune, film muet qui conte une journée ordinaire d’un clochard et qui lui valut le Prix Jean Vigo pour sa poésie et sa critique sociale, deux constantes de son futur cinéma.

En 1964, dès son premier long métrage, La Vie à l’envers avec Charles Denner, Jean Yanne et Anna Gaylor, Jessua propose une réflexion radicale sur la société contemporaine avec ce personnage d’agent immobilier, lassé par son quotidien, qui décide du jour au lendemain de s’isoler dans son appartement en quête d’une nouvelle forme de bonheur, basculant progressivement dans la folie.

Trois ans plus tard, Jessua plonge dans l’univers de la bande dessinée et signe Jeu de massacre, avec Jean-Pierre Cassel, Michel Duchaussoy, Claudine Auger, intelligente interrogation sur cette imagination au pouvoir dont 68 se fera le chantre qui se transforme peu à peu en terrifiant thriller .

Entre 1973 et 1981, il tourne ses quatre plus grands succès qui semblent former une quadrilogie sur la société française en pleine évolution : Traitement de choc (1973) avec Alain Delon, Annie Girardot, Michel Duchaussoy et Robert Hirsch, implacable fable fantastique sur la quête du bonheur par le jeunisme et l’exploitation des immigrés, Armaguedon (1977) avec une nouvelle fois Alain Delon, Jean Yanne et Michel Duchaussoy, thriller prémonitoire de la téléréalité où un homme profère des menaces terroristes et utilise les médias pour se faire connaître, Les Chiens (1979) avec Gérard Depardieu, Victor Lanoux, Nicole Kalfan et Fanny Ardant, œuvre saisissante d’actualité qui analyse les dérives du tout sécuritaire, de l’auto-défense et de la paranoïa urbaine,  Paradis pour tous (1982) avec Patrick Dewaere (son dernier rôle), Fanny Cottençon, Jacques Dutronc, Stéphane Audran, Philippe Léotard, critique lucide et ironique de la société de consommation et de la déshumanisation du monde de la réussite à tout prix à travers les tribulations d’un suicidaire à la recherche d’un bonheur illusoire.

Patrick Dewaere et Fanny Cotençon dans Paradis pour tous
Patrick Dewaere et Fanny Cotençon dans Paradis pour tous

Alain Jessua réalise ensuite Frankenstein 90 (1984), relecture très libre du roman de Mary Shelley avec Eddy Mitchell et Jean Rochefort, puis En toute innocence (1988), un polar avec Michel Serrault et Nathalie Baye, et Les Couleurs du diable (1997) avec Ruggero Raimondi et Wadeck Stanczak qui revisite le mythe de Faust.

Pendant deux jours (2 et 3 octobre 2013), Cannes Cinéma présente en sa présence six films de ce cinéaste un peu oublié qui reste pourtant sans conteste, un des réalisateurs les plus originaux du cinéma français par l’ambition de son propos et la forme toujours originale dont il habille ses récits singuliers et visionnaires. »

Gérard Camy

Le détail des films :  

Traitement de choc
France, 1973, 1h31, 35 mm
Réalisation et scénario Alain Jessua, interprétation Annie Girardot, Alain Delon, Michel Duchaussoy…
Helene Masson soigne une déception sentimentale dans un institut de thalassothérapie appartenant au docteur Devillers. Elle s’apercoit peu a peu que le personnel de service de l’institut, composé de jeunes Portugais, a un comportement pour le moins bizarre. De plus le Docteur Devillers fait de bien étranges expériences dans son établissement…
Mercredi 2 octobre 2013 à 14h30 au théatre la Licorne 

Affiche de La Vie à l'envers
Affiche de La Vie à l’envers

La Vie à l’envers 

France, 1964, 1h32, 35 mm
Réalisation et scénario Alain Jessua, interprétation Charles Denne, Anna Gaylor, Guy Saint-Jean…
Jacques Valin, trente ans, employé dans une agence immobilière parisienne, mène une existence banale et relativement heureuse avec son amie Viviane, cover-girl. A la suite de son exclusion de l’agence, Jacques découvre les plaisirs de la solitude. Peu à peu, Jacques va s’éloigner des êtres humains et sombrer dans l’absence, se retranchant inexorablement de la vie.
Mercredi 2 octobre 2013 à partir de 18h30 au théâtre la Licorne (une soirée sur le principe des Jeudis de Cannes Cinéma)
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Michel Serrault et Nathalie Baye dans En toute innocence

En toute innocence 
France, 1987, 1h32, 35 mm
Réalisation Alain Jessua, scénario Dominique Rolet, Luc Beraud et Alain Jessua d’après l’œuvre d’André Lay, interprétation Michel Serrault, Natalie Baye, François Dunoyer, Suzanne Flon…Un architecte, Paul, dirige avec son fils une entreprise fleurissante. Tout semble allé pour le mieux jusqu’à un accident de voiture qui prive Paul de l’usage de la parole et de ses jambes. Accident ou tentative de meurtre? Car Paul a surpris sa bru dans les bras de son amant, et leurs rapports se détériorent très rapidement.
A partir de 18h30 au théâtre la Licorne (une soirée sur le principe des Jeudis de Cannes Cinéma)
En présence du scénariste Luc BÉRAUD.

 

Affiche d’Armaguedon
Affiche d’Armaguedon

Armaguedon
France 1973, 1h3635 mm
Réalisation et scénario Alain Jessua d’après l’œuvre de David Lippincott, interprétation Alain Delon, Michel Duchaussoy, Jean Yanne, Renato Salvatori…
Louis Carrier, un artisan, sombre dans la mégalomanie. Avec l’aide d’un simple d’esprit, Einstein, il projette de faire exploser une bombe lors d’une émission télévisée. L’inspecteur Vivien fait appel à un psychanalyste pour traquerCarrier.
Jeudi 3 octobre 2013 à 14h30 au théâtre la Licorne

 

Jeu de massacre
Affiche de Jeu de massacre

Jeu de massacre
France, 1967, 1h34, 35 mm
Réalisation et scénario Alain Jessua, interprétation Jean Pierre Cassel, Michel Duchaussoy, Claudine Auger…
Bob, un jeune Suisse mythomane, invite chez lui Pierre, un auteur de bandes dessinées dont il admire l’oeuvre, et son épouse Jacqueline. L’artiste imagine bientôt un personnage inspiré de son hôte.
Jeudi 3 octobre 2013 à partir de 18h30 au théâtre la Licorne (dans le cadre des Jeudis de Cannes Cinéma)

 

Paradis pour tous
France, 1982, 1h50, 35 mm
Réalisation Alain Jessua, scénario André Ruellan et Alain Jessua interprétation Patrick Dewaere, Jacques Dutronc, Fanny Cottençon, Stephanie Audran…
Alain devient le cobaye d’en médecin qui a inventé un traitement pour combattre les états dépressifs et rendre les gens parfaitement heureux.
Jeudi 3 octobre 2013 à partir de 18h30 au théâtre la Licorne  (dans le cadre des Jeudis de Cannes Cinéma)

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