Cinéma / 75e Festival de Cannes (21 mai)

Sélection officielle – En compétition

Boys from Heaven - Cannes 2022 - Artma Rights ab
Cannes 2022 – Boy from Heaven – Tarik Saleh – Crédit photo : Artma Rights ab

Boy from Heaven (Walad Min Al Janna) de Tarik Saleh (Thriller/Drame – Suède, Danemark,Finlande, France, – 2h06mn)

Réalisateur suédois d’origine égyptienne, Tarik Saleh avait été remarqué en 2017 avec l’excellent Le Caire Confidentiel, un polar prenant pour point de départ le meurtre d’une jeune chanteuse de variétés dans un hôtel de luxe, au Caire en 2011, à la veille des manifestations de la place Tahrir qui déboucheront sur la Révolution égyptienne…
Avec
Boy from Heaven, il accède pour la première fois à la Compétition officielle. Il nous emmène à nouveau au Caire. Dans le précédent, le tournage avait eu lieu au Maroc. Cette fois, c’est en Turquie et dans la mosquée Süleymaniye d’Istanbul qu’il s’est déroulé.
Adam (
Tawfeek Barhom), simple fils de pêcheur quitte son village natal pour intégrer la prestigieuse université Al-Azhar du Caire, épicentre du pouvoir de l’Islam sunnite. Le jour de la rentrée, le Grand Imam à la tête de l’institution meurt soudainement. Selon le règlement, il va falloir en élire un nouveau. Zizo, un étudiant, le mentor d’Adam, est bientôt assassiné. L’inspecteur Ibrahim (Fares Fares, déjà inspecteur dans Le Caire…, méconnaissable) est chargé d’enquêter...
Ce thriller fait penser à la fois
Au nom de la rose, de Jean-Jacques Annaud, pour l’enquête monacale, mais aussi à Habemus papam (2011), de Nanni Moretti, pour l’élection du dignitaire religieux. Mais, comme dans Le Caire Confidentiel, il tient compte de la réalité politique. En Egypte, où le maréchal Sissi a succédé à Hosni Moubarak, « pouvoir » s’écrit au pluriel. Il y a le religieux et le politique, celui de l’État (avec l’armée). A son insu, l’ingénu Adam se retrouve au cœur d’une lutte de pouvoirs implacable dans laquelle tous les coups sont permis… Celle qui touche l’institution religieuse, confrontée à une guerre de succession, entre conservateurs voire ultras et modérés, mais aussi aux ambitions d’un tartuffe (prêchant la vertu… et « grand pécheur » par adultère, accro au McDo de surcroît !). Et puis, il y a celle qui concerne, en interne, l’État (et ses services – comme la Sûreté) qui entend bien jouer sa carte dans cette élection. On comprend mieux le pourquoi de l’impossibilité de Tarik Saleh de tourner dans la capitale égyptienne.
Adam («
le garçon du paradis » du titre, également surnommé « Ange ») peut-il compter sur Ibrahim ? A-t-il les épaules (ou les ailes) assez larges ?N’est-il pas un agneau pré-désigné au sacrifice (au nom de la religion ou de la raison d’Etat) ?
Les réponses en allant découvrir Boy in heaven, thriller ou enquête policière, tournée presque en huis-clos (d’où quelques longueurs sur la durée) lors de sa sortie dans les salles prochainement (nous aurons l’occasion d’y revenir).

Boys from Heaven de Tarik Saleh, avec Fares Fares, Tawfeek Barhom, Mohammad Bakri, Sherwan Haji (Thriller/Drame – Suède, Danemark, France, Finlande- 2h06mn – Date de sortie dans les salles : novembre 2022)

La bande annonce du film (Vostf – 1mn25)
La conférence de presse (Festival de Cannes – Vostf – 37mn)
Site officiel du Festival de Cannes
Le Festival de Cannes sur France.tv

Philippe Descottes

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