Cinéma / LIGHT OF MY LIFE de Casey Affleck.

Une mystérieuse pandémie a décimé la population féminine de la planète. Dans un environnement hostile, un père tente de survivre avec sa fille miraculueusement rescapée. Le comédien -cinéaste, ouvre leur fuite éperdue et leur quête d’innocence et de normalité à une superbe réflexion, sur l’éffondrement des valeurs morales, au cœur du chaos…

Le père ( Casey Affleck ) et sa fille Rag( Anna Pniowsky) – Crédit Photo : Condor Distribution –

C’est au cœur de l’un de ces moments de pause , lors d’une fuite qui dure déjà depuis dix ans, que nous entrons dans l’intimité du père ( Casey Affleck ) et de sa fille Rag ( Anna Pniowsky ) dans leur tente -refuge provisoire au cœur de la forêt. Le conte qui s’y inscrit au cœur de l’imaginaire inventif du père scandé par les interruptions de la fille, est construit d’emblée, comme un conte moral et une leçon de vie . Le cinéaste s’est inspiré de sa prope expérience personnelle de père de deux enfants, qui , comme tout autre parent est passé par ce genre d’histoires lues, ou iventées et racontées à leur progéniture . Ses récits , ici , inventés et adaptés au contexte en forme de relecture de l’arche de Noé , ou comme cette fable des deux Renards rivaux – sont le moyen de « parfaire » l’éducation de sa fille et la préparer à devenir une jeune adulte dans un contexte où, plus que jamais, il lui sera nécéssaire d’affronter les dangers, et le pire . Endosser cet habit, étant pour le père vécu comme une nécéssité aussi de surmonter l’épreuve du deuil et perpétuer l’espoir via la transmision « éducative » qui est au cœur des liens familiaux. Une thématique dans laquelle « tout un chacun pourra se retrouver » , dit le cinéaste qui ajoute «  En créant ce monde, j’étais traversé par les préoccupations d’un parent . Comment protéger son enfant de tous les dangers du monde et comment le préparer à s’en protéger ?. Commenrt lui laisser un peu d’indépendance dès lors que le danger est omniprésent ?… ». Objet d’une longe maturation l’idée du récit née en 2014 , s’est enrichie des ses expériences personnelles ( son divorce ) et professionnelles succésives à son premier long métrage (I’m Still Here / 2010 ) et par son Oscar du meilleur acteur pour le film Manchester by the Sea de Kenneth Lonnergan / 2016 ) qui en ont facilité la concrétisation. Et il s’est également enrichi, des échos du monde ( les menaces contre la nature et les libertés notamment celles des femmes, menaces auxquellles s’ajoute, via l’écho de la pandémie dont elles sont victimes… celui  qui résonne avec l’actualité de celle du COVID- 19, que le monde vit aujourd’hui. Dès lors, le film dont le spectre du réel s’invite dans la fiction du genre ‘ survival » , revêt une toute autre dimension …

Le père ( Casey Affleck) et sa fille Rag ( Anna Pniowsky ) sur la route à la recherche d’une refuge – Crédit Photo : Condor Distibution-

Et c’est dans celle-ci que ses choix, deviennent passionnants, tant sur l’apsct « éducatif» cité  que , sur celui qui en prolonge la réfléxion sur l’éffondrement des valeurs morales. D’autant qu’il faut préciser que Casey Affleck, contrairement aux récits et films habiteuls sur les sujet, il habille le sien d’une mise en scène dénuée de tous les «  effets » spectaculaires dont le genre se pare souvent trop facilement. L’itinéraire du père et de sa fille au choeur du chaos du monde , y résonne ici , par les éléments du réalisme et de l’approche « intimiste » qui faisait le prix, de Leave No Trace (2018) de Débra Granik où l’éducation alternative était au cœur sujet et du rapport père-fille. Où encore de la vision de Le fils de l’homme (2006) d’Alfonso Cuaron, où le chaos généré par les guerres, le térrorisme et les pandémies était au centre du récit. Et aussi, celle de la thématique de l’infanticide dans Manchester By The Sea dont on retrouve ici , le prolongement des échos du chaos qui résonne de ces crises multiples qui le génèrent. Comment s’en sortir et, surtout comment y survivre, à ce chaos ?. Les dix années de fuite consécutives au décès de la mère ( Elisabeth Moss) emportée par le virus juste après la naissance de sa fille, et surtout celle-ci qu’il faut protéger, et dont la pandémie meurtière ,va révéler les conséquences de la résurgence des bas- instincts engendnat la « chasse » aux enfants et surtout aux petites filles , comme Rag , née de mères malades dont elle pourraient être porteuse de cette «  peste féminine »   qu’il faut éradiquer . Rag, qui va devoir se cacher et s’habiller en garçon pour les -rares – sorties extérieures en ville pour acheter la nourriture. Le refuge dans les bois et se satisfaire de ce que l’on peut y dénicher comme nourriture. Vivre dans l’inquiétude et la crainte d’être vus et traqués , devoir toujours être en alerte pour, au mondre signe de danger , fuir …

La mère ( Elisabeth Moss ) montre les stigmates de la contamination – Crédit photo : Condor Distribution-

Casey Affleck en décrit au fil des nombreuses scènes tous les aspcts et surtout les réflexes de protection auxquels le père l’initiera, et notamment ces signaux « d’ alerte rouge » au moindre danger, nécéssitant toute une mise en place anticipée pour fuir, sans se faire repérer !.Dans cet exercice de survie, les dix années de vécu et d’expérience ont écrit une belle « complicité » , via  la curiosité et la vivacité intéllectuelle de la fille plongée depuis son plus jeune âge dans les livres et les récits des contes du père. La curiosité multipliée encore avec l’âge avançant et ses questionnments sur «  la morale et l’éthique » qui s’invitent, comme ceux sur la sexualité exacerbés par cette enfance protectrice habillée en garçon ! . Le cinéaste en construit de subtils échanges au cœur desquels vont s’inscrire les mutiples intérrogations jusque là restées dans les non-dits, dont témoigne l’échnage sur l’éveil à la sexualité au coeur duquel , Rag joue à surprendre son père sur les mots et détails sur lesquels il n’ose pas aborder franchement le débat !. Questionnement aussi sur cette mère , emportée par la maladie juste après sa naissances , et dont Rag réclame au père de lui raconter leur vie commune et le vécu de la pariode de l’accouchement et de sa naissance ..puis ce qu’avait dit et souhaité sa mère pour elle . Séquences traitées avec une délicatesse et une reteune remplie d’émotions du père revivant les instants ou la douleur de la trasmission du deuil devient doublement consolatrice, par le partage . Ces moments sont magnifiques. Ils sont complétés par la nécéssité désormais, d’ouvrir encore un plus Rag aux dangers auxquels elle sera exposée… lorsque sa « protection » d’habits de petit garçon , ne pourra  plus servir. L’itinéraire père-fille va devoir se construire désormais en plus des réflexes acquis , à de nouvelles perspectives à canaliser pour la future jeune fille qu’elle deviendra, afin de lui ouvrir un espoir d’avenir, dont la réflexion (autre belle scène ) va se pencher sur la préparation , à celui-ci  au cœur d’un chaos où le père pourrait ne plus être … à ses côtés !…

dans la montage isolée sous la neige, la maison dernier refuge en forme d’espoir ? – Crédit Photo : Condor distribution-

D’autant que, plus le temps passe et  plus la situation se dégarde, le refuge de la forêt n’étant plus sûr, à cause de la ville trop proche, et que la «  chasse » aux indésirables s’intensifie . Le chemin qui passera alors par des maisons abandonées qui ne se montreront pas, non plus suffisamment protectrices envers cette violence aveugle qui envahit les espaces, y compris ceux les plus isolés. Même l’ancienne maison familiale  dans la région montagneuse isolée , est désormais occupée par des inconnus qui y ont élu domicile… et finiront par leur offrir l’hosptalité. Pendant un moment, la vie va reprendre ses dorits, mais pour combien de temps ?. La meute qui s’approche vers le dernier repaire dans ce pays , où les armes et la force font la loi . Comme dans la série la servante  écarlate où les femmes étaient réduites à la fonction reprocductrice pour l’élite , où Elisabeth Moss s’y battait pour retrouver sa fille dont elle avait été séparée . Ici elle y est , la mère génératrice d’une fille protégée désormais par son père , prenant suite à son décès le relais de l’enseignement à la résistance et à l’oppression. On aime ce clin -d’oeil auquel Casey Affleck , avec les références aux autres films cités ci-dessus dont il a été l’interprète ( on y joindra Ghost Story / 2017 de David Lowery ) , poursuit son exploration. Celle-ci servie par une interprétation complice entre Casey Affleck le comédien -réalisateur et sa jeune interprète Anna Pniowsky débutante dans un premier rôle, elle y est époustouflante de naturel !. Mais au cœur du chaos, cette résistance pourra-t-elle durer ?. Le mince espoir qui subsiste, dont certains évoquent le possible , via ces « bunkers » secrets, révélateurs de résistances solidaires permettant de touver refuge à la chasse organisée pour éradiquer la pandémie? . On vous laisse découvrir tous les éléments qui participent à cette autre belle idée de récit… dont le final dans le paysage enneigé est porté , comme tout le film, par une superbe mise en images , signée Adam Arkapaw. On vous le conseille vivement !…

(Etienne Ballerini)

LIGHT OF MY LIFE de Casey Affleck – 2020 , Durée : 1h 59-

AVEC : Casey Affleck, Anna Pniowsky, Elisabeth Moss, Tom Bower, Timothy Weber…

 LIEN : Bande- annonce du Film : LIGHT OF MY LIFE – Condor Distribution-

Un commentaire

  1. J’aurais aimé avoir été pareillement touché par ce film. Hélas, les égarements expiatoires de Casey Affleck m’ont dérouté. J’ai évidemment pensé moi aussi au magnifique film de Granik, mais aussi au naturalisme de Jeff Nichols et de Kelly Reichardt, mais la comparaison n’est pas à l’avantage d’Affleck. Il peut néanmoins compter sur un excellent chef opérateur qui lui permet de relever le niveau, et quelques très bonnes séquences qui animent un peu cette errance aux accents lénifiants.

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