Cinéma / Disparition : Je me souviens d’Anna Karina….

Anna Karina s’est éteinte ce 12 décembre 2019 des suites d’un cancer à l’âge de 79 AnsLa muse de Jean-Luc Godard et de la nouvelle Vague , qui a multiplié les activités artistiques et qui est aussi , passée derrière la caméra . Elle embrassa avec le même talent, aussi , une carrière de chanteuse et de romancière . Elle laisse un souvenir impérissable dans nos cœurs de cinéphiles …

Anna Karina au Festival de Cannes 2018 – Crédit Photo : Georges Biard, CC BY-SA 4.0-

Je ne souviens aussi , que ce sont les images publicitaires et photos pour les magazines de mode Danois , qui vont lancer sa carrière Française en posant pour le magazine Elle qui lui ouvriront les portes du milieu artistique Parisien , y rencontrant Coco Chanel et suscitant l’intérêt de Jean-Luc Godard qui la contactera. Elle fera ses débuts dans Le Petit Soldat (1960 ) qui fut interdit pour cause de sujet brûlant alors , et ne sortira qu ‘en 1963 …

Je me souviens que le public Français n’attendra pas pour découvrir la comédienne sur grand écran, puisque la même année Michel Deville lui offre le rôle de son héroïne Valérie dans Sait-on jamais , et Jean- Luc Godard , celui d’ Angela dans Une Femme est une femme , aux côtés de Jean-Paul Belmondo. Tous  deux sortis sur les écrans en 1961, et le prix d’interprétation pour son rôle d’Angela qu’elle obtiendra au Festival de Berlin, vont lancer sa carrière , d’égérie de la nouvelle vague …

Anna Karina et Jean-Claude Brialy dans Une femme est une femme – Crédit Photo : Raymond Cauchetier –

Je me souviens qu’ en complément des sept films tournés avec Jean-Luc Godard , d’autres cinéaste de la mouvance nouvelle du cinéma Français feront appel à son talent , parmi lesquels entr’autres : Jacques Rivette , Agnès Varda, Chris Marker ou Roger Vadim . Anna Karina deviendra indispensable au cinéma Français et en même temps que la figure emblématique .Par ses rôles de femme libre s’inscrivant à la fois dans l’air du temps et de la société , dans un cinéma qui renouvelle par son écriture cinématographique et ses audaces formelles , interpellant le regard du spectateur . Un cinéma qui ose , qui provoque et qui saura défier la censure , comme ce sera le cas du Petit Soldat et de La Religieuse de Jacques Rivette tourné en 1965 , et qui sera lui aussi bloqué pendant deux ans par la censure . .

Je me souviens de cette bouffée d’air pur et de liberté qui fait l’empreinte de ses sept Films tournés avec Jean-Lu Godard , où elle est à la fois , amoureuse , changeante , émouvante , provocatrice ou désabusée cherchant sa voie . Comme Anna la vendeuse qui rêve de devenir actrice et finira par se prostituer dans Vivre Sa Vie ( 1962) , ou en Odile naïve , et  son chassé croisé amoureux avec Sami Frey et Claude Brasseur en apprentis délinquants , dans Bande à part ( 1964) . Ou, en Marianne dans Pierrot le Fou (1965) embarquée avec Ferdinand ( Belmondo ) ayant quitté femme et enfant pour une drôle , étrange ( rencontres insolites…) et dangereuses (trafic d’armes ) aventure dans sud de la France  en amoureuse désemparée :«  qu’est-ce que je peut faire , je en sais pas quoi faire ? » . Comme la Natacha d’Alphaville ( 1965) , elle , propulsée dans un passé déshumanisé par le maître des lieux , tandis que la naïve Européenne , Paula de Made in Usa (1966) se retrouve emportée dans un « collage » en forme polar politique , sur l’impérialisme Américain, pour son dernier film avec cinéaste…

Jean-Paul Belmondo et Anna Karina dans Pierrot le fou – Crédit photo : Unifrance films-

Je me souviens que sa notoriété d’Anna karina prendra très rapidement une dimension internationale , sollicité par de nombreux cinéaste qui vont l’inscrire dans leur Univers où elle sera tout aussi à l’aise et majestueuse . Parmi les premiers , le cinéaste Italien Valério Zurlini ( Des femmes pour l’armée / 1965 ) , suivi par Luchino Visconti ( L’étranger / 1966 ) qui l’associe à Marcello Mastroianni dans son adaptation du roman d’Albert Camus , et que Franco Brusati la veut pour son superbe film sur les migrants Italiens en Suisse ,où elle y joue le rôle d’Elena ( Pain et Chocolat/ 1973) . Suivis par les cinéaste Allemands , Volker Schlondorff ( Michaël Kohlhaas / 1969) , et Rainer Werner Fassbinder dans le sulfureux week-end de deux couples illégitimes       ( Roulette Chinoise / 1976) . Anglais et Américains rejoindront aussi le camp des admirateurs de la comédienne . Le Britannique Tony Richardson en fait la Margot de sa Chambre Obscure ( 1969 ) , et le grand cinéaste Américain George Cukor dans Justine ( 1969)  lui offre le rôle Melissa aux côtés d’Anouk Aimé et de Dirk Bogarde . A son tour Jonathan Demme la fera  entrer  dans son univers et le prestigieux casting de La Vérité sur Charlie ( 2002 ) ….

Je me souviens aussi que la comédienne a fini par passer naturellement derrière la caméra et avec un vrai talent Vivre ensemble (1973) et Victoria ( 2008 ) , trop peu nombreux. Mais il est vrai qu’en complément de ses activités de comédienne dans laquelle elle s’est investie , aussi , à la télévision ( Ana de Pierre Koralnik , l’invention de Morel d’Emido Graco ou Chloé de Dennis Berry, La dame des dunes de Joyce Bunuel ). Et au théâtre ( La Religieuse mis en scène aussi par Jacques Rivette, Après la répétition adapté d’Ingmar Bergman par Louis -Do De Lencquesaing ) . S’y ajoute également une activités littéraire avec quatre romans , dont le dernier paru en 1998 : Jusqu ‘au bout du Hasard ( éditions Grasset )…

Claude Brasseur, Anna Karina, Sami Frey dans Bande à Part – Crédit Photo : Unifrance films –

Je me souviens aussi que la chanson dans laquelle elle s’essaya à ses débuts Danois dans les cabarets Danois , elle en prolongera tout au long de sa carrière la présence dans les films avec Godard où elle est toujours présente , et y compris dans son film premier film derrière la caméra : Vivre ensemble. C’est pour le film Ana conçu comme une comédie Musicale pour la Télévision que débute une belle et fructueuse collaboration avec Serge Gainsbourg qui écrira sept chansons ( dont sous le soleil exactement… ) qui auront un gros succès .C’est avec philippe Katerine qu’elle aura également une belle collaboration se concrétisant par l’album Une Histoire d’amour     ( 1999) , qui sera suivi d’une tournée internationale à succès . Puis ce sont deux comédies musicales adaptées des contes d’Andersen, auxquelles elle se consacrera :Le vilain petit canard (en 2010) et La petit sirène ( 2013, ce dernier avec entr’autres la participation de Philippe Katerine , Barbara Carlotti et Jeanne Cherhal . Une compilation des chansons extraites de ses films, est parue en 2018  en CD sous le titre: je suis une aventurière

Je me souviens qu’Anna Karina , a vu son talent et sa carrière artistique à juste titre récompensée : Meilleure actrice au Festival de Berlin pour Une femme est une femme (1961) , César du meilleur second rôle pour Cayenne Palace d’Alain Maline ( 1988 ) . Prix Henri Langlois pour l’ensemble de sa carrière de comédienne en 2014 . elle a été également , élevée au grade de commandeur des Arts et des lettres en 1996, et à celui de Chevalier de la Légion d’honneur en 2017…

A celles-ci, permettez -nous madame , d’y joindre notre éternelle reconnaissance pour le plaisir que nous a procuré votre talent , qui a illumine chaque image de vos films.R.I.P

( Etienne Ballerini)

LIEN :Entretien avec Anna Karina à l’occasion du Festival Lumière (Le Petit Bulletin/Rue89 Lyon– 12 octobre 2017)

LIEN: – Blow up – C’est quoi Anna Karina ? Luc Lagier – Arte – 13 février 2018 – 17mn)

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