Cinéma / Journal de Cannes 2017 ( No.6 )

En Compétition hier , Michaêl Haneke en lice pour une Troisième Palme ( ? ) , avec son Happy-End très attendu  sur la Bourgeoisie  de Calais. Tandis que le Grec Yorgos Lanthimos devenu habitué de la sélection,  avec La mort du cerf volant déroule encore une fable et le mystère . Et Laurent Cantet était à Un certain Regard avec l’Atelier où des jeunes en classe d’insertion sont en stage pour un travail d’ écriture . Et L’Algérien Karim Moussaoui y présentait  lui, En Attendant les  Hirondelles  son premier  film  où à trois histoires sont prétexte à un état des lieux de l’Algérie contemporaine…

( Ci-dessous les critiques , et n’oubliez pas de consulter  la savoureuse rubrique          «  échos de Cannes 2017 «  souvenirs d’hier et échos d’aujourd’hui , concoctés par Philipep Descottes ).

Happy- End de Michaêl Haneke ( Compétition Officielle ).

Une scène de Happy-En de Michaël Haneke .

Le cinéaste Autrichien doublement palmé pour Le Ruban Blanc (2009 ) et Amour (2012) présentait  hier son nouveau et très attendu film,  où il poursuit les thématiques de son œuvre dans le huis -clos des relations familiales d’uee famille Bourgeoise de Calais réunie autour  de Georges  Laurent ( Jean-Louis Trintignant qui fête ses 85 ans. Textos sur téléphone portable et échanges de mails par internet sont les éléments modernes d’une première approche des personnages où des indices du quotidien sont donné . Notamment en ce qui concerne la situation de Thomas ( Mathieu Kassovitz ) séparé de sa femme et dont les messages érotiques avec Claire nous révèlent une liaison gardée secrète avec Claire , mais que décèle sa petite fille , Eva ( Fantine Arduin , épatante ) doublement perturbée par les mensonges du père et une relation de « détestation » avec sa mère. Sa mère hospitalisée elle va être momentanément accueillie dans la famille Laurent .Les repas qui les réunissent selon les circonstances , plus ou moins nombreux , sont parfois objet de tiraillements , qui irritent le patriarche . A  l’image de celui  ou Anne et son fils Pierre ( Franz Rogowski ) le rebelle qui se déconsidère lui-même «  je ne vaut rien ». Dans les coulisses les fidèles serviteurs : Rachid, le gardien ( Hassan Ghancy) et Jamila la Cusinière ( Nabbia Akkari ) se tiennent à leur place . Un accident sur le chantier de l’entreprise  familiale qui fait un mort vient encore un peu plus perturber et tendre l’atmosphère . «  Tout autour le monde et nous aveugles » , tel est la phrase -clé du récit et des événements dont il développe l’inexorable pessimisme d’un état des lieux . L’entreprise qui fait faillite et l’avocat qui va tenter de sauver ( indemnisation ) avec la famille du défunt victime de l’accident de chantier. Lawrence ( Toby Jones)le fiancé d’Anne qui la sort du fiasco en  faisant des arrangements avec les banques, et Pierre le fils rebelle qui sera licencié . La petite fille de Thomas qui fait une tentative de suicide et la belle séquence où la discussion avec son grand-père renvoie l’écho de Amour, et la réflexion sur la thématique de la fin de vie et du choix , que prolonge le final. Le travail sur le cadre et les éclairages et les petits détails ,qui inscrivent cette              «  glaciation émotionnelle » et ce pessimisme au cœur de l’ouvre du cinéaste . Celle dont la phrase cité en exergue renvoie l’inconscience aveugle d’une classe sur le monde qui l’entoure … et que lui rappelle le fils répudié,  en invitant au festin , des hôtes ( les migrants …) dont elle ignore les souffrances…

Mise à Mort du Cerf sacré de Yorgos Lanthimos ( Compétition)

l’Affiche de La Mort du cerf  sacré ,de Yorgos Lanthimos.

Le cinéaste Grec , Prix du Jury au Festival de Cannes pour The Lobster ( 2015 ) , nous propose un nouveau récit dans la continuité de sa réflexion sur le dérèglement et le dérapage dont les dimension qu’il y inscrit , sont quelque peu déconstruites  par une sorte de fantastique décalé  en forme de miroir réfléchissant qui interpelle sur la démesure irrépressible d’une forme de manipulation, qui rendrait tout discernement moral incapable d’y faire face ,  et pouvant conduire à l’impensable  . Canine ( Prix Un certain Regard / 2009 ) et Lobster déjà cité s’en faisaient l’écho en y inscrivant la forme du suspense psychologique et de la résistance possible à des normes fixées auxquelles il est impossible de ses soustraire , car comme pour toute loi enfreinte , il y a la sanction… et la punition au bout! .
Au cœur de la relation entre le brillant chirurgien , Steven ( Colin Farrell ) et le jeune adolescent Martin ( Barry keoghan ) qu’il va prendre sous son aîle, installe imperceptiblement une sorte de mystère  inquiétant . Au cœur de leurs rendez-vous secrets , puis de leurs échanges de cadeaux , ou lors des présentations aux amis et les invitations dans la famille où les « liens » se tissent comme un prolongement . Martin fera connaissance et deviendra l’ami des enfants de Steven . Martin souhaite aussi qu’ils se prolongent au cœur de sa famille dont le père est décédé des suites d’une opération dans l’hôpital où travaille Steven . Martin voit-il en lui un père de substitution ? . Son insistance et quelques quiproquos qui vont espacer leurs relations et rendez-vous , puis le doute qu’installe Martin sur la morts suspecte de son père à l’hôpital . les choses vont se précipiter avec une réaction menaçante de Martin et une vengeance minutieusement préparée
en un rite sacrificiel . Une sorte de «  œil pour oeil » qui ne peut trouver que son aboutissement dans la concrétisation du « sacrifice » demandé … c’est cet inexorable dont le film explore le jusqu’au-boutisme , qui va mettre à l’épreuve la famille de Steven . Dans tout ce qu’elle va devoir sacrifier . Le malaise et la violence, s’installent et interpelle sur le              »  jusqu’où peut-on aller ? » , faut-il  se renier et sauver ce qui peut l’être ? , la violence et la bestialité , la morale et la barbarie .. .

En Attendant les Hirondelles de Karim Moussaoui . ( Un Certain Regard )

En Attendant les hirondelles de Karim Moussaoui

Premier long métrage du jeune cinéaste Algérien qui trouve une belle concrétisation de son travail de mise en scène et de son regard sur les personnages en forme de constat sur son pays et ce que leurs histoire en révèlent . C’est la forme du télescopage de trois histoires emblématiques qui vont s’en faire l’écho par les thèmes que chacune d’entr’elles  abordre , et  ce qu’elles révèlent à la fois des individus et de la société dans laquelle ils vivent . les compromis ou les sacrifices qu’ils doivent y faire , les solutions ( ou pas ) qu’il vont pouvoir trouver pour se sortir de situations parfois inextricables , et tenter de repartir du bon pied . Le regard du jeune cinéaste se fait scrutateur des mœurs et des valeurs qui guident les individus , les libertés qu’ils  vont devoir conquérir , ou parfois des contraintes ou menaces qu’ils vont subir .
Trois personnages , trois destinées qui en disent long . Celle de Mourad un Promoteur immobilier divorcé dont ce qu’il a construit au fil des ans semble tout à coup compromis et qui en sait plus comment faire face . Déboussolé il va finir par subir , se détacher des siens et sombrer jusqu’à perdre son sens des responsabilités citoyennes . Vaincu par dans une société qui se délite . De la même manière qu’Aïcha jeune fille moderne qui rêve de liberté et de pouvoir choisir ses destin amoureux . Mais dans une société où les contraintes restent encore pesantes pour les femmes sur la possibilité de faire le choix du cœur et du désir , et celui d’un destin dans la promesse qui lui est faite ne lui appartient pas . Qui va l’emporter ? , a-t-elle vraiment le choix ? . L’ échappée avec Djalil va-t-elle lui permettre de faire basculer son destin dans le choix du cœur . Pour Dahman médecin Neurologue , c’est une toute autres histoire qui va,  plusieurs années après ,  lui causer bien des soucis et réveiller le spectre des années noires marquées par le terrorisme . Contrait jadis de soigner un groupe de ces derniers et ayant assisté  à leurs exactions . Violée lors de l’unes de celles-ci auxquelles il a assisté , la victime va lui demander des explications et réveiller une veille blessure . Celle d’un sentiment d’impuissance et de responsabilité . Alors qu’il était lui-même prisonnier aurait-il du intervenir et risquer sa vie ? . Le dilemne de la peur à vaincre , et celui de la culpabilité aujourd’hui .. ;

L’ Atelier de Laurent Canter ( Un Certainati Regard )

Une scène de l’Atelier de Laurent Cantet

Palme d’or en 2008 avec Entre les murs , le cinéaste qui a poursuivi son chemin , revient à Cannes dans la section parallèle avec L’ Atelier qui continuer d’une certaine manière l’expérience de la Classe d’entre les murs , en mettant  des jeunes élèves de toutes confessions et races  dans un processus  d’écriture collective d’un roman . Sous la direction d’une romancière connue , Olivia ( Marina Foïs ) qui va les encadrer et les guider . Dans la ville de La Ciotat qui a vu jadis un train rentrer en gare , puis plus tard la création du chantier naval dont les déboires et les combats du passé sont encore dans les mémoires . Il vont devoir choisir le thème ( se sera un roman noir ) et en créer l’intrigue, les personnages , le mobile du crime dont les justifications doivent refléter le cadre local. Au cœur d’un travail où les débats et les dissensions se font rapidement jour comme c’était le cas d’entre les murs , où les individualités traduisent les préoccupations du contexte dans lesquels ils vivent . Les thématiques de la religion , des différences , du racisme et de la tolérance, se font jour . Les conflits aussi , suscité par Antoine un jeune garçon solitaire sous influence des jeux vidéos et des réseaux sociaux , où l’extrémisme et la haine sont présents. Les querelles dans le groupe vont s’envenimer et la romancière a du mal parfois à y mettre de l’ordre . Le personnage d’Antoine et la haine dans laquelle il s’est enfermé , suscite  sa curiosité et elle cherche à l’utiliser pour faire avancer le travail de groupe et la réflexion  de créative . Par exemple , un écrivain est-il forcément en accord avec le personnage qu’il décrit et les idées qu’il véhicule ? . Y a-t-il possibilité de confusion ..ou de complaisance notamment dans la violence qu’ils peuvent véhiculer . La Romancière interpelle le groupe : Antoine héros de roman : je transcris ce qu’il nous a dit au travers de son personnage, ça ne veut pas dire que je suis d’accord avec lui ! » . La fiction , le roman ( le cinéma ) peuvent se permettre celà . Entrant dans de processus , interpellée par Antoine , c’est les raisons de ses dérives racistes et violentes,  qu’elle va tenter de percer . Cheminement passionnant ..

(Etienne Ballérini)

Le programme de ce mardi 23 Mai 2017

Compétition Officielle :
Hikari de naomi Kawase
Rodin de Jacques Doillon

Un Certain Regard :
Jeune femme de leon Seraille
-Après la Guerre de Annamaria Zambrano .

Hors compétition- événement  70 ème Anniversaire:
24 Frammes d’Abbas Kiarostami
-Top of The Lake : China Girl de Jane campion et Ariel Kleiman

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