Cinéma / Journal de CANNES 2017 ( No.1)

C’est parti !… sur la Croisette et le Palais des Festivals qui a déroulé son tapis rouge pour une fête du 70 ème Anniversaire qui va durer 11 Jours. Ce fut une « ouverture » pas comme les autres car il fallait être à la hauteur de l’événement et plus que jamais les flashs des photographes ont crépité en une sorte de feu d’artifice , pour immortaliser la montée des marches …où Pedro Almodovar et les membres du jury , puis, les stars ( Jessica Chastain, Will Smith , Susan Sarandon, Lily-Rose Depp, Robin Wright , Uma Thurman… )  . Parmi lesquelles aussi ,  toute l’équipe du film d’Arnaud Despléchin Les Fantômes d’Ismaël ( voir critique ci-dessous ) qui avait l’honneur   ( hors – compétition) d’ouvrir le bal des projections. A l’issue de celle-ci la fête ( Welcome Party) s’est poursuivie pour les festivaliers sur la plage du Majestic et à l’Agora aux son des musiques de l’orchestre Fantasy Live expérience et du DJ Daddy Ryton. Tout une série de manifestations continueront de célébrer l’Anniversaire : sur la plage Macé , le 21 Mai un Concert exceptionnel ( et gratuit ) de -M-  Îl EST UNE ÂME, le Baptéme de LAMOMALI …et le 25 ce sera le tour de Tony Gatlif et sa troupe Le Rebetiko de faire vibrer le public..
Cannes Classics présentera une sélection des films qui ont marqué le Festival . Et l’histoire de celui-ci , est proposée sur le Web en Ligne sur le nouveau site officiel du Festival . Au 4éme étage du Palais ,l’INA propose «  24 images » , une exposition photos et des vidéos isssue de ses archives sur le Festival. Le 23 Mai , au Théâtre Lumière la soirée Anniversaire présidée par Isabelle Huppert sera illustrée par un montage d’archives et d ‘extraits de films qui ont « fait » le Festival.
Voilà ,  c’est donc parti  aussi sur notre  site … on vous espère, comme l’année dernière , encore très nombreux, pour cette 70 ème édition, à nous suivre . Le « journal quotidien » avec les critiques des films sera enrichi cette année par une,  nouvelle rubrique quotidienne « échos du Festival 2017 » qui nous permettra de fêter,  à notre manière l’anniversaire du Festival  . On l’ a voulue pleine d’anecdotes ( d’hier et d’aujourd’hui… ) savoureuses , qui vont s’entrechoquer et raviver certains souvenirs . Elle vous sera concoctée par Philippe Descottes . Ne la manquez pas …

Les Fantômes d’Ismaël d’Arnaud Despléchin ( Hors compétition ) :

Mathieu Amalric et Marion Cotillard dans une scène de Les Fantômes d’Ismaëm d’Arnaud Despléchin

Habitué de la croisette depuis La vie des morts (1991) qui l’avait révélé , puis, en passant par Comment je me suis disputé ( 1996) et jusqu’au Jimmy P. (2013 ) , le cinéaste Français était donc à l’honneur hier soir pour l’ouverture. Son cinéma est marqué par des thèmes récurrents que l’on retrouve ici revenus en rappels obsessionnels pour le héros du récit . C’est ce qui va arriver à Ismaël ( Mathieu Amalric) le cinéaste héros du film dont le quotidien va être bouleversé non seulement par l’intrusion, ou la réapparition ( fantomatique?) d’un ancien amour disparu et même donné pour mort . Et Arnaud Despléchin qui dans sa                «  note » d’intention , noie encore un peu plus le poisson expliquant « il me semble avoir inventé une pile d’assiettes de fiction que se fracasse contre l’écran » . D’ailleurs ses personnages semblent ne pas savoir vraiment ce qui leur arrive … déboussolés qu’ils sont par ces irruptions de souvenirs et ( ou) de personnes qui ( ré) investissent leur réel,  et  devenir des fantômes si présents et si perturbants . A l’image de Carlotta ( Marion Cotillard ) son ancienne femme , dont la disparition est restée longtemps mystérieuse et qui réapparaît aujourd’hui . Non pas seulement auprès d’Ismaël mais, aussi , auprès de son vieux père malade ( Lazlo Szabo ) , resté inconsolable . Et après sa disparition  qu’elle explique «  le poids était trop lourd à porter … » , son retour qui vient rouvrir les blessures , mais aussi va finir par créer d’autres tensions  ,dans couple  entre  Ismaël  et Sylvia ( Charlotte Gainsboug). Ce passé qui hante souvent les héros des films du cinéaste qui ne savent plus comment en démêler , les fils. A l’image du frère , Ivan ( Louis Garrel) le frère d’Ismaël ,  perdu dans de rocambolesques jeux de dupes d’espionnage , et qui ne maîtrise plus rien . A l’image de l’inénarrable scène avec l’espion Russe …

Scéne de palteau : Mathieu Amalric et Arnaud Despléchin

Le mélange des genres que le cinéaste installe , au coeur de sa mise en scène et en abîme , de ses personnages où la distanciation ironique s’installe comme rempart à la folie dépressive qui envahit Ismaël . Celle dont Mathieu Amalric qui est devenu le «  double » du cinéaste au fil des séquences et des films en traduit , l’angoissant et désespéré parcours , qui , de la jeunesse à l’âge mûr , ne cesse de le  déstabiliser . Au bout du compte ( et du conte …) au cœur de l’intrigue en forme de puzzle que construit le cinéaste , s’insinue au fil du fracas provoqué par ces fantômes , celui de la vie et de la mort. Dont le combat incessant est cœur de l’oeuvre du cinéaste et qui ne cesse de le hanter . Le souvenir des morts ( ou longtemps disparus, comme Carlotta ) , ces fantômes jadis aimés , peuvent-ils redonner goût à la vie ?. Celle pour laquelle se bat le père souffrant ( Lazlo Szabo) , Celle à laquelle Ivan , semble vouloir opposer comme rempart ,   la mélancolie pour y survivre. Celle qu’Ismaël va pouvoir à nouveau affronter en traversant les épreuves et en regardant en face la réalité , celle dont les fantôme ou les présents , sont peut-être là ,  pour lui en montrer le chemin . Et dans son parcours de vivant vont maintenir à flot. Les  femmes de sa vie , auront leur part .  Comme  Arielle ( Alba Rihrwacher )  en  aura  une dans celle  d’Ivan . Et c’est par le chemin de cette fiction dont le cinéaste et son double, vont tenter de tenir les fils .   En  y  intégrant  le miroir de la thérapie  cinématographique, par les biais des références qu’il distille habilement . Comme une sorte de nécessité …c’est d’ailleurs par elles , et par les scènes du tournage qui virent à la catastrophe ( la querelle avec son Producteur exécutif / Hyppolite  Girardot ) que  le lien  se fait . Le cinéma et la vie mêlés . Et celle-ci , la vie;  qui  pourra  peu-être reprendre  on cours  ( la belle scène finale ) dont la promesse va,  en tout cas , ouvrir  l’espoir .
Le film est sorti ce même jour dans les salles …

(Etienne Ballérini )

Les Films de ce Jeudi 18 Mai :

Compétition officielle :
Wonderstruck de Todd Haynes.
Jupiter’s Moon de kornel Mundruzo.

Un Cerrtain Regard :
Barbara de Mathieu Amalric ( Film d’ouverture )
Western de Valeska Grisebach .

Hors Compétition :
Mungen No Junin de Takeshi Miike .

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