Cinéma / MISS PEREGRINE et LES ENFANTS PARTICULIERS de Tim Burton

Adapté du livre à succès de Ramson Riggs le nouveau film du réalisateur  d’Edward aux mains d’Argent et des Noces Funèbres, nous immerge une fois de plus dans le monde des enfants et les thémes qui lui sont chers , enrobés dans une mise en scène inventive aux accents fantastico-gothiques nous promenant dans les mondes parallèles…

l'Affiche du Film.;;
l’Affiche du Film.;;

Nous voici donc en compagnie du jeune Jake Portman( Asa Buterfield) dont l’enfance bercée par les récits horrifiques habités par les monstres du grand- père Abraham ( Terence Stamp) ,vieux juif Polonais qui a fui son pays pour échapper aux Nazis , qui l’abreuve de ses récits remplis de « monstres » qui hantent les nuits de l’enfant , et qui , surgis de la nuit comme d’un mauvais rêve
viendront précipiter dans une séquence horrifique qu’ils envahissent de leur présence , précipiter la fin des jours du grand-père qui aura juste le temps de dire à son petit-fils dans un « dernier souffle » les indices …qui vont permettre de les atteindre ,et élucider les raisons de la mort de ce dernier  . Notre héros , comme Alice précipitée au delà du miroir dans un monde de surprises et de merveilles, va l’être, lui via  un voyage dans le temps ( les années 1940 et de la guerre à la veille d’un bombardement ) dans un Univers parallèle. Celui d’un orphelinat où vivent les « enfants particuliers » dont les figures marginales accompagnées de pouvoirs variés qui les caractérisent s’inscrivent dans depuis ses débuts  l’univers  filmique  du cinéaste. Accompagnés , ici, de la protection bienveillante de Miss Peregrine ( Eva Green , superbe en une sorte de Mary Poppins Gothique ) dont le pouvoir de les retenir dans ce « cocon » protecteur est d’avoir la maîtrise de cette « boucle temporelle » qui lui permet en perpétuant à l’infini cette journée paisible , de les maintenir à l’abri du danger. Mais celui-ci rôde , qui oblige les monstres à trouver de nouvelles « nourritures » nécessaires à leur survie …

Miss Peregrine ( Eva Green ) veille à la protection de ses enfants particuliers
Miss Peregrine ( Eva Green ) veille à la protection de ses enfants particuliers

Le danger il est double qui menace de détruire l’orphelinat : celui de la guerre et la menace d’un bombardement…et celui des monstres de l’obscurité dont le dessein est de prendre « possession » des lieux et de ses habitants pour en « gobber » les yeux , nourriture nécessaire à leur survie et à leurs dessins de devenir les maîtres du monde guidés par  Barron ( Samuel L. Jackson) , sorte de Diabolique Docteur Mabuse. Transporté dans cet Univers , notre héros qui va y rencontrer ses secrets et mystères et « tenter » d’enrayer le danger qui le menace en le combattant avec l’aide des gentils « monstres » qui l’habitent et le pouvoir de la belle « fée » protectrice . La mécanique de l’inventivité visuelle du cinéaste et la mise en abîme qui l’accompagne lui permettant  – lui-  de « réanimer » la boucle temporelle de son cinéma , de le revisiter et le revivre à l’image de ses héros , en « enfant particulier ». Celle de son univers peuplé des différences de ces « créatures » marginales  dont l’orphelinat est  habité  ( comme  son cinéma )..  nous  entraînant au cœur d’un émerveillement sans cesse perpétué et renouvelé , Celui dont il est le « magicien » qui l’ entretien pour le spectateur , comme le fait la directrice de l’Orphelinat  ( via la boucle temporelle ) pour ses enfants particuliers.
C’est la belle idée du film traduite à la fois par ce garçon dont l’oeil se mue en projecteur qui  perpétue sur l’écran pour ses amis , ses rêves . à laquelle fait écho , la symbolique de ces monstres mangeurs d’yeux qui veulent les priver de leur croyances et de leurs rêves …

l'oeil -projecteur de l'enfant particulier '....
l’oeil -projecteur de l’enfant particulier ‘….

Tim Burton ne cesse depuis ses débuts de nous entraîner avec délices dans son Univers où la poésie s’inscrit ,en même temps que les formes visuelles dont les références cinématographiques ( ici , notamment l’expressionnisme ) ,littéraires          ( contes fantastiques) , picturales ( couleurs surexposées ) , ou formelles l’image et de l’utilisation de la stop-motion , ou du superbe travail sur les décors , comme sur les lumières dont les rayons qui illuminent à la manière du projecteur de cinéma, ouvrant les espaces et les perspectives .Misant sur une technique d’effets spéciaux «  à l’ancienne » ( avec hommage revendiqué au grand spécialiste , Ray Harryhausen ) qui lui permet d’inscrire son récit dans ce « merveilleux » que ne réussissent pas toujours  à rendre les images de synthèse . Un choix qui ne manque pas d’apporter cet ingrédient nécessaire aux enjeux sans cesse renouvelés qui constituent le dynamique du récit et du film, reposant sur la confrontation du réel et de l’irréel reposant constamment sur de nouveaux rebondissements et enjeux ( dont Tim Burton s’amuse à déjouer les clichés) auxquels , Jake et ses amis doivent faire face.Tout un arsenal signifiant d’une mise en scène qui ne cesse de vous entraîner dans ses arcanes et dans le sillage de son héros au parcours initiatique qui lui permettra par sa propre « particularité » de sauver ses nouveaux amis… et se débarrasser de ces cauchemars qui le hantent…

Hasa Butterfield et Ella Purnel , réunis dans le combat contre les monstres
Hasa Butterfield et Ella Purnel , réunis dans le combat contre les monstres

Dès lors,  on n’ a aucune difficulté à se laisser aller à l’aventure et à la découverte des ces enfants particuliers dont le cinéaste nous brosse les portraits et les caractéristiques qui les individualisent . Rivalisant en ce sens de références à son propre cinéma ( la séquence du jardin de l’orphelinat avec ces buissons découpés en forme d’animaux rappelant ceux dessinés par les ciseaux d’Edward aux mains d’argent ) et toutes ces séquences qui nous entraînent dans le combat quotidien sans cesse renouvelé des enfants pour se soustraire aux monstres et qui vont rivaliser d’astuces que leurs permettent leurs particularités physiques pour tenter de contrer les dangereuses bêtes dont ils sont les proies nécessaires à leur survie . On vous laissera découvrir les belles séquences ( dont la magnifique scène finale ) qui illustrent cette lutte homérique qui se perpétue dans cet espace temporel  dont la mécanique ne doit pas être déréglée. Votre curiosité sera forcément attentive à la singularité de ces enfants dont les « différences » sont sublimées  par le cinéaste toujours aussi porté à stigmatiser les rejets dont ils sont victimes. Des abeilles qui surgissent de la bouche de celui-ci , en passant par l’oeil qui sert de projecteur à celui-là , ou encore par la petite fille retenue par des chaussures orthopédiques au sol pour l’empêcher de s’envoler , jusqu’aux jumeaux emmaillotés comme des momies , et à  cet l’enfant invisible…  dont les particularités de chacun  leur  seront  bien utiles pour lutter  contre les monstres…

Tim Burton nous offre une superbe imagerie , et  nous distille le plaisir d’un cinéma de divertissement à mille lieues des « nunucheries » du genre trop souvent proposées par une  distribution dominée par des blockbusters ampoulés du genre, dont l’imagination est souvent réduite à la plus simple expressions  du néant abyssal…

( Etienne Ballérini)

MISS PERGRINE etLES ENFANTS PARTICULIERS de Tim Burton- 2016-
Avec : Eva Green , Asa Buterfeld, Ella Purnell,Samuel L. Jackson, Judi Dench, Terence Stamp ,Chris O’Dowd …

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