Livre / Nice, un siècle d’histoire populaire, par Philippe Jérôme

Philippe Jérôme, un nom qui n’est pas inconnu pour les lecteurs de ciaovivalaculture. Il a « sorti » ces dernières années les 4 tomes  de « Une histoire populaire de la Côte d’Azur », aux éditions des amis de la Liberté, les 3 derniers en collaboration avec le journaliste André Baudin.
Ces 4 tomes couvrent la période 1860 – 2000. (Lire l’entretien paru le 28 octobre 2014)

 

Nice un siècle d'histoire populairePhilippe Jérôme vient de sortir, aux éditions Gilletta, 1860 – 1960 Nice, un siècle d’histoire populaire. L’auteur est journaliste à L’Humanité après avoir été rédacteur à l’hebdomadaire Patriote Côte d’Azur de 1982 à 1999
Ce connaisseur passionné de la vie niçoise, sociale, populaire, culturelle, artistique, donc politique en un mot, retrace en 16 chapitres  les aléas de l’histoire de sa terre natale, ou peu s’en faut. Mais il n’y a pas que la partie textuelle dans ce magnifique document. Il y a aussi une splendide iconographie venant principalement du « fonds » Gilletta.
Gilletta est à la fois une très jeune et l’une des plus anciennes maisons d’édition françaises. Elle naît en 1880 de l’intuition d’un des tout premiers photographes professionnels, le Niçois Jean Gilletta. Quand d’autres se confinent dans la photo de studio, Gilletta parcourt la Côte d’Azur et l’arrière-pays niçois, mais aussi la région marseillaise, les villes d’eaux, les montagnes savoyardes, les grandes villes françaises et y moissonne des milliers de clichés : monuments, paysages, sites urbains, scènes de la vie quotidienne, grands chantiers…
A cette iconographie se rajoute13 portraits de figures niçoises, dessins inédits réalisés par Ernest Pignon-Ernest* : hommes politiques, pionnier du socialisme, poète, écrivain, héros de la résistance, aviateur,  sportif, cinéaste…
Dessins d'Ernest Pignon ErnestDe son « annexion », comme disait Peppino Garibaldi, à la France de Napoléon III, à la fin du règne du «Roi Jean » sous la Ve République, Nice a connu une extraordinaire expansion. En un siècle, la « capitale d’hiver » des têtes couronnées d’Europe s’est transformée en une démocratique cité balnéaire universellement connue. La « Nissa la bella » du progressiste Menica Rondelly fut aussi, durant ce siècle de bouleversements inouïs, la « Nissa rebella » des pionniers du socialisme comme Frédéric Stackelberg, du fondateur du surréalisme Guillaume Apollinaire, du Front populaire de Virgile Barel, des militants pour la paix, tel René Cassin ou encore des artistes de l’École de Nice, annonciateurs de mai 68. Paysans des vallées victimes de l’exode rural, Italiens fuyant la misère ou le fascisme, immigrés nord-africains, rapatriés d’Algérie, ceux-là aussi ont contribué activement à façonner l’une des plus belles villes de la planète.
L’ouvrage s’ouvre sur l’évocation du rattachement (de l’annexion, disait Garibaldi) de Nice et de la Savoie par le référendum organisé à Nice le 15 et 16 avril 1860, le 22 et 23 avril en Savoie. Comme le dira Garibaldi devant le parlement de Turin, « vous m’avez fait étranger dans mon propre pays ! » fortes paroles qui trouvent, pour moi, un triste écho aujourd’hui.
Il s’achève, en 1960, avec l’arrivée des nouveaux réalistes et, comme les appelle Philippe Jérôme, les « demandeurs d’impossible ». Nous verrons arriver Yves Klein, Martial Raysse, Arman, et tous ceux que le critique Pierre Restany appellera « les nouveaux réalistes. »  Au fond, ce que la politique fait désespérer, l’art et la culture lui redonne sens, espoir… et utopie ?
Un livre sensitif et généreux

1860 – 1960 Nice, un siècle d’histoire populaire éditions Gilletta, couverture cartonnée

Jacques Barbarin

*Je ne vous ferez pas l’injure de vous rappeler qui est Ernest Pignon Ernest mais d’attirer votre attention sur les deux « mostra » niçoises à lui consacrée : au Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain (MAMAC), du 25 juin 2016 au 8 janvier 2017, et du 25 juin au 2 octobre 2016 à l’église abbatiale de St Pons, Montée de l’abbaye de St Pons, surplombant le Centre  Hospitalier Universitaire Pasteur. Renseignements au Centre du Patrimoine 04 92 00 40 90

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s