Cinéma / VIVA de Paddy Breathnach.

Un jeune et bel homo Cubain, rêve d’intégrer le monde de la nuit et des artistes travestis de Cabaret dont il coiffe les pérruques. Mais son père voit les choses autrement… Le cinéaste Irlandais ( Irish Crime . 1997) investit les codes du mélodrame latino au cœur de la Havane , évite les écueils du regard extérieur ( touristique) et propsoe le vibrant portrait d’une ville et d’un jeune homme qui veut chosir librement son destin .

l'affiche du Film.
l’affiche du Film.

Vous vous souvenez sans doute du très beau Fraise et Chocolat ( 1994 ) des cinéastes Cubains Juan Carlo Tabio et Homas Gutierrez Aléa , qui pour la première fois abordaient le théme tabou de l’homosexualité dans l’île de Fidel Castro. On le retrouve quelques années plus tard abordé par un regard extérieu celui du cinéaste Irlandais Paddy Breathnach . Et ce regard extérieur inscrit d’emblé la délicatesse de se poser «  dans la réalité quotidienne et pas dans la vision arrangée de la ville . Je me suis aperçu très rapidement en arrivant à La Havane que la réalité était coupée en deux . D’un côté  : c’est beau, c’est rénové (…) mais si vous allez un kilomètre plus loin dans n’importe quelle direction, vous traversez une ville très différente , beaucoup plus authentique … » . Et c’est au coeur de cette réalité là que la thématique du film ( la misère , la différnece, l’homosexaulité , mais aussi la prostitution, bref la dureté de la vie qui impose des choix …) qui y sont au cœur , imposait . Un choix clair , auquel s’ajoute aussi celui de la distribution dans laquelle on retrouve parmi les comédiens Cubains au générique , Jorge Perugorria qui fut un des interprètes de Fraise et Chocolat faisant , ainsi , le « lien » entre les deux films . Le tounage d’un peu moins d’un mois fut une « expérience » où la collaboration des équipes techniques Cubaines et Irlandaises ainsi que le tournage parfois improvisé «  nous avons utilisé les passants , la vie de la ville et sa circulation.. » dans les rues de la capitale y apporte cette aspect du réel recherché . Dès lors le cadre dans lequel l’histoire de Jésus ( Hector Médina, remarquable ) se déroule , y trouve son authenticité dramatique renforcée …

Jésus ( Hector Médina )
Jésus ( Hector Médina )

C’est donc dans l’ ambiance naturaliste de cette partie de la vieille ville où Jésus, le jeune gay timide , qui vit dans l’apaprtement de sa mère décédée et y écoute à longueur de journées les musiques et chansons des diques qu’elle avait amoureusement colletionnés. Jésus tente de pallier aux besoins quotiens de nourriture et d’argent , en coiffant voisins et voisines et s’occupant aussi des pérruques des Drags Queens d’un Cabaret où il aime aller les admirer… et réve même un jour , lui aussi de s’y produire sur scène . C’est d’ailleurs ce qu’il propose un jour où sa timidité s’est mise un peu en retrait , au patron travesti ( Luis Alberto Garcia ) de la boîte . Les chansons léguées par sa mère qu’il connaît par cœur pourraient être à la fois la moyen de réaliser son rêve en les interprétant sur scène en costume adéquat , et en même temps lui permettrait de perpétuer le souvenir de sa mère . La chose qui prend forme et le « stress » évacué avec l’accord du « boss » du lieu, il franchit le pas … mais voilà qu’en plein mileu de la prestation , un inconnu se précipité sur lui et lui assène un maître coup de poing qui le conduit à l’hôpital !. Cet inconnu se révéle être son pére sorti de prison depuis peu et dont le souvenir lointain ( Jésus avait 3 ans lorsque ce dernier est parti ) est ainsi ravivé . La vie de Jésus va être bouleversée par ce père qui va s’installer au domicile et qui refusera de le voir contineur à se produire sur scène . Le mélo qui se s’inscrit alors au cœur de ces rétrouvailles pére-fils tumultueuses , prennant une dimension innattendue lorsque le « manque »  dont l’un et l’autre ont souffert s’insinue au cœur du conflit qui les oppose , faisant baisser les armes du rejet et ouvrir les portes des regrets ( l’amère conféssion du père …) et du pardon. La sensibilité du regard de proximité de la caméra qui scrute ses personnages et des dialogues qui évitent toute sensiblerie pour laisser place à l’émotion …

Jésus ( Hector Medina ) et son père ( )
Jésus ( Hector Medina ) et son père, Angel  ( Jorge Perugorria  )

La force du film est en effet dans ce regard juste et chaleureux sur les persannages , leurs rêves , leurs douleurs , l ‘ espoir et la quête d’amour . La solidarité aussi qui permet de faire face à l’adversité . Ce son ces « touches » là qui font mouche. Celles dont le cadre de la ville de la Havane et ses « deux » quartiers emblématiques de toutes les différences sociales qui y cohabitenr dont les images captent les détails de la vie qui s’y joue . De la survie pour beucoup, faudrait-il dire … celle qui fait emprunter les voies de la prostitution ( le jardin emblématique , de rendez-vous avec les touristes où Jesus retrouve son copain prostitué ) pour se sortir de la misère . Dilemene de la nécéssité et de la réalite de la survie . Elle est pointée sans que pour autant elle en dévienne un amer constat . Le cinéaste en décrit d’ailleurs d’autres qui permettent de pallier  à ce qui fait l’éssentiel de la vie, comme celui de la solidarité qui se manifeste dans l’entr’aide des voisins ou amis partageant nourriture ou rendant des services…à charge de revanche quand les choses vont mieux!. C’est ainsi que l’on peut résister et ne pas sombrer comme ce fut peut-être le cas du père de Jésus qui après sa carrière de Boxeur a sombré dans l’alcool et la violence …se sentant inutile et exlu .

Jésus ( Hectour Médina ) sur la scène du Cabaret
Jésus ( Hectour Médina ) sur la scène du Cabaret

C’est contre ce sentiment que Jésus va se battre pour pouvoir réaliser son rêve qui trouve dans la transformation (  la scène , les  habits des Drags Queens ) emblématique , le sentiment de se « réaliser » set trouver sa voie , sa vérité . Celle qui pemet par le biais de l’appartenance à un groupe , à une communauté , de voir sa propre identité reconnue, se sentir « soi-même » et protégé . La quête de Jésus est celle – là,  qui va passer la solidarité de ses amis le soutenant dans l’épreuve ( conflit avec son père homophobe ), mais aussi dans celle qui consiste à franchir le pas des sentiments et émotions qui l’envahissent dont il sait que la concrétisation , est le moyen d’en guérir . La magnifique séquence qui conclu le film en est l’illustration . Paddy Breathnach a su merveilleusement restituer cet indicible désir d’exprésion et se libérer dans les séquences du cabaret , et la transformation identitaire qui prend son envol comme une évidence portée par la superbe musique ( sonorités et chansons populaires ) et les voix des interprètes , dont les lumières enrobent amoureusement les corps dans leurs costumes et paillettes . L’émotion que les images font sourdre de ces instants , a quelque chose de magique «  l’usage d’artifices permet de créer une alchimie révélant des vérités profondes » , dit le réalisateur.
Et l’achimie fonctionne…

(Etienne Ballérini)

VIVA de Paddy Breathnach- 2016- Cuba / Irlande –
Avec : Jorge Perugorria, Luis Alberto Garcia, Hector Médina, Luis Manuel Alvarez , Laura Aleman.

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Un commentaire

  1. Ce film VIVA m’a beaucoup émue…. l’histoire… la renaissance… l’amour… l’acceptation…. et beaucoup d’autres choses…; comme la musique…je recherche – s’il existe – le CD musical de ce film… Où le trouver ?

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