The Cookers : du cinq étoiles !

Ecouter en concert le groupe américain The Cookers, c’est comme s’inviter à savourer un bon plat chez les étoiles de la gastronomie française. Sept musiciens réunis pour le plaisir sans avoir à prouver leurs talents après avoir joué avec les plus prestigieux musiciens dès les années 60 et pendant les trois dernières décennies.

S’il y avait un concert à ne pas manquer en ce début d’année dans la programmation du Nice Music Live (1), c’est bien celui ci, en effet, nous ne sommes pas prêt de revoir ensemble ces sept musiciens dont certains avoisinent les 80 printemps et les plus jeunes les 70. Le poids des années ne semblaient pas avoir subi la loi de la fatigue naturelle, hormis pour certains de s’asseoir un instant en écoutant un solo, sauf pour l’un d’eux, bien assis devant son instrument ,le batteur Billy Hart qui nous a gratifié d’un solo de 9 minutes même à 80 balais mais quand on a commencé sa carrière au côté de Wes Montgomery et en poursuivant avec Herbie Hancock, Stan Getz ou Miles Davis, on peut se permettre cet éclat rythmique. A souligner qu’il utilise quatre cymbales dont une « crash » qu’il a retournée.

Billy Hart
Billy Hart

A ses cotés, le saxophoniste Billy Harper, l’un des premiers membres des Jazz Messengers, compagnon de route parmi beaucoup d’autres de Max Roach, Thad Jones ou John Faddis. Autre membre influent du groupe, le pianiste Georges Cables ,lui aussi a joué et enregistré avec Art Blakey après avoir créé en 1964 les Jazz Samaritans. De la partie également dans ce concert à Nice, une autre légende avec le solide papy en costume gris clair, trois pièces, le trompettiste Eddie Henderson, s’il ne fait pas de longs solos, ceux qu’il envoie sont très percutants dans un style très hard pop. Dans ce concert prestigieux, il y a le le contrebassiste que tout musicien de jazz ne peut ignorer, Cecil Mc Bee, l’un des précurseurs de l’avant garde du jazz aux côtés de ses musiciens pressés d’avancer dans ce genre musical comme bien sûr Miles Davis mais aussi Wayne Shorter, Art Pepper ou Charles Lloyd avec qui il a enregistré en 1966 un étonnant Automne Leaves et on a l’impression que parfois, il veut arracher ses cordes en donnant un terrible son grave, une action trés impressionnante.Il est avec le jeune trompettiste(53 ans)David Weiss le fondateur de ce fameux groupe The Cookers.

993877_1114523848580319_5427431827915343196_nCecil Mc Bee :

David était un habitué des soirées organisées par Freddie Hubbard qui s’apellaient « la nuit of the Cookers avec beaucoup de stars à chaque fois et, David a eu l’idée d’essayer de former un groupe de ce genre… nous avons tous répondu présents…succès aidant, nous avons décidé de faire une tournée en conservant ce titre de Cookers

JP L :

Comment voyez vous l’évolution de la musique de jazz ?

Cecil Mc Bee :

Il me semble que cette évolution est très lente, il est vrai qu’il y a ces 50 dernières années des types tellement forts comme Miles, Coltrane, Evans, Monk, ils étaient vraiment des créateurs, ils suivaient leur propres voies, de nos jours, on a l’impression que les jeunes musiciens dépendent de ces anciens sans avoir leurs propres langages. Bien sûr que l’influence de ces gens là ne sera jamais effacée mais, pour que la musique continue à évoluer, il faut que chacun intègre sa personnalité sans trop se référer au passé et trouve son chemin personnel.

JP L :

Vous avez joué avec les plus grands de la planète jazz, avec qui par exemple vous aimeriez former un groupe même provisoire ?

Cecil Mc Bee

J’aimerais jouer avec Keith Jarrett, Jack DeJohnette et Charles Lloyd

JP L :

Ecoutez vous les jeunes musiciens ?

Cecil Mc Bee :

Oui ! J’ai découvert un brillant saxophoniste sud africain Christian Cauteré

JP L :

Comment composez vous en 2016 par rapport à ce que vous faisiez, il y a 50 ans ?

Cecil Mc Bee :

Je prends le message de la vie elle même, mais mes compositions des années 70 sont toujours valables…je viens de faire un album « No smoken » (pas parler)…rires… alors, écoutez le et vous ferez vous même la différence avec les anciens enregistrements.

JP L :

On dit que la contrebasse ressemble à un corps de femme et vous parfois, on a l’impression que vous la brutalisez?

Cecil Mc Bee :

Quand j’ai joué, c’est toujours difficile de remettre la robe sur la belle dame (rires…)

Les cuisiniers stars du jazz ne semblent pas rassasiés, ils continuent cette tournée européenne en promouvant leur dernier CD Time and Again, preuve que jouer, jouer encore entretient les neurones pour le plus grand bonheur des amateurs de musique de jazz..

Jean Pierre Lamouroux

En avril, sans trop se découvrir,Panda Productions propose le pianiste très RnB, Robert Glasper et le Nice Music Live invite le quintet du saxophoniste Omer Avital , le quartet de Tigana Santana et un concert de rêve à ne pas manquer avec un quartet formé de Birelli Lagréne ,Antonio Farao,Eddie Gomez et Lenny White.

Nice Music Live : 04 97 00 10 70 – Panda Prod 04 93 97 03 49

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