Les pépites des grands festivals de jazz

 

 

 

Juillet, le mois du jazz tous azimuts où les stars de la spécialité attirent un public tout acquis à leur célébrité mais, en première partie, on découvre avec bonheur de nombreux talents qui profitent de la renommée d’un grand festival comme ce fut le cas au Nice jazz festival.

Grégory Privat & Sonny Troupé ©

Gregory Privat et Sonny Troupé c

Pour un artiste, arriver jusqu’à la scène du théâtre de Verdure, c’est un moment d’émotion et, parfois, un moment de doute sachant que les spectateurs attendent la vedette du jour. Parmi ces jeunes talents, on a pu découvrir un duo d’exception avec le pianiste martiniquais Gregory Privat et le percussionniste guadeloupéen Sonny Troupé, très concentré sur son Ka (une peau tendue sur un large tambour). Avec des parents musiciens, il y avait une bonne chance que les fistons s’intéressent à la musique, l’osmose est parfaite comme le confirme Grégory Privat

«il se trouve qu’avec Sony, non seulement on se connaît très bien mais il y a une sorte d’immédiateté en fait dans les idées…c’est presque de la télépathie…j’exagère mais c’est vraiment ressenti, on se connaît très bien , on a travaillé sur les projets de chacun, ça fait un petit moment qu’on joue cette musique…au fur et à mesure, on arrive à faire des choses nouvelles au contraire, ce n’est pas un frein le fait d’avoir un instrument comme le Ka…»

Sonny Troupé chante aussi en tapant sur son instrument, parfois des sons étranges, loin de l’image que l’on associe aux Caraïbes

«…je pense que ça peut déclencher une certaine émotion, c’est une idée un peu nouvelle, c’est plus un accompagnement de mes improvisations, plus que du chant. C’est plus une sorte d’effet sur les notes que j’essaie de synthétiser justement et je pense qu’il y a aussi quelque chose de mystique qui peut se produire quand ça m’arrive et qui peut faire peur. Ce n’est pas calculé du tout, on a vraiment voulu faire quelque chose qui nous ressemble avec nos influences qui sont très diverses…»

Pourquoi avoir choisi le k a ?

« Enfant, le Gwo Ka c’est la musique la plus ancienne, la musique traditionnelle de Guadeloupe se joue avec des percussions spécifiques, dont le Ka sur lequel j’ai évolué aujourd’hui. Donc, il y a deux types de Ka qui fait le boulot, l’autre qui est soliste, le chacha c’est une forme de checker et puis beaucoup de voix en fait et de la danse et, tout çà est intimement lié et pour les rythmes, il y aune forme de mélodie et une forme d’improvisation, donc c’est une musique traditionnelle…»

Pour ce concert, les deux musiciens ont joué plusieurs titres de leur dernier CD, Luminescence avec notamment deux très beaux morceaux Ki Tan et Rainy Day.

Photo JP L
Photo JP L

Au cours de ce festival un super concert aussi pour deux artistes qui ne ne sont plus des débutants mais que nous n’avons pas la chance de voir souvent ensemble, le pianiste cubain Roberto Fonseca qui a reçu cette année un Grammy Award

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et la chanteuse malienne Fatoumata Diawara, vous la connaissez, c’est sûr, la musique du film Timbuktu, c’est elle. Pour le Nice jazz festival, elle est arrivée sur scène comme une déesse dans une magnifique robe africaine, elle était coiffée d’un foulard rouge enroulé autour de sa tête où pendait un collier de coquillages, voici pour le côté vestimentaire mais, très vite, elle est rentrée dans le vif du sujet

Fatoumata Diawara h : JP L
Fatoumata Diawara
h : JP L

«…Liberté pour toutes les femmes, pour toutes les femmes du monde…non au mariage forcé et rien ne vaut la liberté…» dans un autre titre, elle a évoqué la lutte de Nelson Mandela « …la lutte doit continuer… ».

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Dans une autre chanson, elle dit que souvent les artistes parlent d’amour « …on a tous le sang rouge, le mélange est une richesse pour l’humanité… » Un point fort dans le récital quand elle évoque les événements actuels « …Je demande aux gouvernements d’aider les pays pauvres pour que les gens ne veuillent plus partir, il faut une aide pour qu’ils restent dans leurs maisons afin de construire le futur… » Il faut rappeler que la France a retenu le combat que mène l’artiste à travers ses compositions en la nommant Chevalier des Arts et des Lettres. Dans ce festival , on ne peut pas éviter d’évoquer le concert d’Andrea Motis, la chanteuse de Barcelone et son mentor le pianiste Joan Chamoro que l’on avait découvert, il y a quelques années avec The Manhatan Transfert.

On ne peut pas passer sous silence la venue sur la scène Masséna de Lauryn Hill, c’est bien sûr la super star du hip hop des années 90 mais, c’est aussi tout un programme, de l’arrivée sur scène d’abord avec beaucoup de retard,suivent les fumigènes, les bruyants (euphémisme) morceaux de cuivres voulant annoncer l’arrivée de la star…elle n’arrive pas…nouveau jingle…elle arrive

Lauryn Hill © Ville de Nice

…c’est le délire…elle rejoint son immense canapé rouge…c’est peut être elle, car son grand chapeau cache son visage…bon, c’est çà les festivals, la fête, la démesure musicale et les sons qui enivrent…bref, ce mois de juillet est torride !

Jean Pierre Lamouroux

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