Musique / Adieu Lucille

Avec le décès de B.B King, l’un des plus célèbres bluesmen qui allait avoir 90 ans le 16 septembre, c’est l’univers jazzique qui perd celui qui a le mieux fait connaître le blues dans le monde, en immortalisant des enregistrements qui sont aussi des témoignages d’une période dans l’histoire de l’Amérique et Lucille, la crying guitare, a perdu son archet. En Europe, c’est la Côte d’Azur qui a reçu le plus souvent ce guitariste.

Les Arènes de Cimiez à Nice
Les Arènes de Cimiez à Nice

Quand il arrive à Nice en 1979, sa notoriété est déjà faite, le travailleur dans les champs de coton a su s’en sortir mais il n’a jamais oublié cette période dans ses compositions, c’est imprimé.Il sait appuyer sa voix rauque là où il faut et pincer les cordes de sa guitare comme un cri de détresse ou les caresser pour une belle balade avec l’appui d’un grand orchestre et des cuivres qui ne font pas de la figuration. Nous sommes donc en 1979 dans ce lieu historique de la ville de Nice au milieu des Arènes de Cimiez pour la Grande Parade du Jazz. Le festival le plus connu dans le monde avec une programmation unique en son genre où les artistes restent plusieurs jours et jouent en alternance sur trois podiums, ce soir du 5 juillet d’une scène à l’autre, on aura Stan Getz et Lionel Hampton et, bien sûr B.B King Blues Band, ce sera la dernière fois où on l’entendra avec cette appellation car par la suite le nom du guitariste suffira à identifier sa musique. Riley Ben, ce sont ses vrais prénoms mais il prendra les lettres B.B avec ses fans qui sont à l’écoute de la radio de Memphis car ils l’appellent le Blues Boy. Avec ses premiers enregistrements comme « I Gotta Find my Baby » en 1950, il va se retrouver au sommet des hit parades. Sa force, ce sont ses voix, la sienne et celle de sa guitare Lucille. Très vite de nombreux bluesmen vont essayer de faire du B.B King sans s’en cacher, Buddy Guy et tous ses musicien restent scotchés à l’écoute de ses sons, ils disaient qu’il avait créé la Crying Guitare, la guitare qui pleure. Ce qui est aussi exceptionnel dans sa carrière, c’est sa sensibilité musicale, à chaque tournants des courants qui balaient les modes mais c’est aussi ces modes qui le feront basculer dans les années 1980, plus près d’une musique commerciale que de l’authentique blues, ce qui ne l’empêche pas d’être sans cesse récompensé par des Grammy Awards et même celui d’un Elvis Presley.

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Au sujet du personnage « paillettes, costumes et grosses bagues », le journal Libération titrait en 1984 « Faut-il jeter le B.B avec l’eau du bain », lors d’un concert au festival de Montreux en Suisse. Quelques soient les critiques, il est le musicien, qui pendant 10 ans a enflammé la scène niçoise jusqu’en 1993, avec depuis 1982 toujours le même trompettiste fétiche James Bolden, un grand gaillard qui balançait sa tête de droite à gauche…on se demandait à quel moment, il allait la perdre, rassurez vous, ce ne fût pas le cas, il sera avec le King jusqu’en 1993, un 21 juillet avant un voyage pour une autre scène, une courte ligne droite qui mène à Antibes, plus précisément à Juan les Pins dans la prestigieuse Pinède Gould. Là aussi, c’est le délire, la star continue d’être un grand showman, heureux de présenter sa guitare de légende Lucille et de distribuer des petites broches qui rappellent son instrument, il offrait aussi quelques colliers en métal doré à de jeunes admiratrices. Il sera là, au son des cigales de juillet jusqu’en 2000, c’est cette méme année qu’il offre à ses fans un concert avec un autre grand guitariste Eric Clapton. Il reviendra à Juan en 2006, un peu affaibli et fatigué lors de sa dernière apparition en 2011 sur cette scène avec en fond la sculpture de l’artiste antibois Gianangelli en hommage au trompettiste Miles Davis. On ne compte plus les récompenses rendues au du roi du blues. Le sport se James Boldensouvient aussi de lui quand les organisateurs des J.O d’Atlanta en 1996 lui demandèrent de se produire en clôture de la manifestation à côté d’une autre grande figure de la musique…le père du rock and roll Little Richard. Ciao B.B King, ta guitare Lucille s’ennuie. Quelques beaux titres à écouter : Three o’Clock Blues, Sweet Littel Angel, Treat me Right, Night Life, My Mood, Lucille.

 

Texte  Jean Pierre Lamouroux – Photos Gérard Pillon

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