Théâtre / Italie – Brésil 3 à 2 : Goal !

En voilà un spectacle qu’il est énergique ! Le TNN présentait du 21 au 26 avril « Italie – Brésil 3 à 2 ».

 

Italie Brésil 3 à 2- 2
Le spectalce
Italie Brésil
Le match

Ma que disce ? Fùtbal ? E, certo ! E di che cosa parla questo dramma?
D’abord, l’auteur. Davide Enia (né en 1974 à Palerme) est un écrivain et dramaturge italien, considéré comme un représentant de la seconde génération du théâtre récit. Dans son spectacle Italie-Brésil 3 à 2 il évoque un match de football du mondial de football 1982 à travers ses souvenirs d’enfant. Il y mêle un parler populaire, voire dialectal, à un humour qui nous touche directement.
Rappelons le contexte. La Coupe du monde de football de 1982 est la douzième édition  de cette coupe. Elle se tient en Espagne du13 juin au 11 juillet et elle voit le sacre logique de la Squadra Azzura face à la RFA. Pour la première fois elle réunit 24 nations.
Pour ce quart de finale, l’Italie joue contre le Brésil qui a quand même remporté 4 titres sur les 6 dernières compétitions.  Nous sommes à Palerme, chez une famille sicilienne, où une famille  sicilienne assiste, angoissée, à ce quart de finale.
Il y a là le père, la mère, le petit dernier, l’oncle Peppe, qui porte les mêmes vêtements pour tous les matches où joue l’Italie, un voisin qui empuantit l’atmosphère en fumant des Nazionale sans filtre (je dois en oublier)… et le narrateur, donc Davide Enia, qui a donc 8 ans pour ce quart de finale d’anthologie. Alors, bien sûr, le spectateur de la pièce sait bien sûr le résultat du match, le titre le proclame.
Mais la force de ce spectacle plein à ras bord de dynamite, est que, aussi bien la qualité d’écriture de Davide Enia que le jeu transcendé de Solal Bouloudine, nous tiennent en suspense total,  à chaque fois proche de la crise cardiaque, comme l’on dû être et les spectateurs du Nou Camp, à Barcelone, où se jouait le match, et les téléspectateurs brésiliens, et les téléspectateurs italiens… dont notre famille palermitaine.
Force de l’écriture, force du jeu,  le coté joie populaire, le coté bon enfant, est toujours là, même lorsque le docteur Socrates marque. On comprend, on saisit très bien que le football dépasse la notion de « sport populaire » pour être un art « d’unification », de communion, de regroupement, comme l’est le théâtre. D’ailleurs, nombre de « gens de théâtre » sont des fous du football, comme mon ami Gérard Gelas, qui a accueilli ce spectacle dans son avignonnais Théâtre du Chêne Noir.
Avant le spectacle (j’allais écrire le match) le spectateur est accueilli par la chanson Félicità :
Felicità e tenersi per manoandare lontano la felicità.
E il tuo squardo innocentein mezzo alla gente la felicità.
E restare vicini come bambinila felicitàfelicità.
Italie Brésil 3 à 2 -1Pourquoi ? Nous l’apprenons dés le début du texte. Parce que cette chanson date de 1982. Le contexte, toujours le contexte…
J’ai parlé de Solal Bouloudine. Mais il y a aussi une autre intervenant sur scène Jean Marc Montera (guitare). Mais il ne faudrait pas croire qu’il ne s’agit que de musique de scène « live » : la guitare est un véritable personnage, elle parle, elle s’exprime avec ses notes, ses échappées, ses rythmes.
La mise en scène est de Alexandra Tobelaim, mise en scène aérée, fluide, tout au service du jeu épique de Solal, qui non seulement mouille le maillot… mais le déchire, tout au moins dans la représentation à laquelle j’ai assisté.
Celle –ci s’achève par le visionnage des 5 buts, avec à la fin, arrêt sur image sur le visage de Paolo Rossi, auteur des  3 buts. Forza Italia !
Cela nous change de la malédiction sous forme de boutade – à moins que cela ne soit l’inverse-  du  joueur anglais Gary Lineker, en 1990 : Le football est un sport qui se joue à onze contre onze, mais à la fin c’est toujours l’Allemagne qui gagne
Les représentation à Nice sont hélas finies,  mais il y en a tout plein d’autres : voir http://www.tandaim.com/
Un ingénieux festival Shakespeare, un émouvant  Cercle de l’ombre, un brillant Caprices de Marianne, un prenant Toujours la tempête, un tonique Italie Brésil, tout cela est de bon augure pour le festival  « Printemps des femmes », du 13 mai au 7 juin. Quoique, personnellement, je donnerai bien aux femmes une année entière. Mais le printemps leur va si bien…

Felicità e tenersi per manoandare lontano la felicità…
Jacques Barbarin

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