Cinéma / Le Dernier Coup de marteau d’Alix Delaporte

marteau2Victor, 13ans vit pauvrement avec sa mère, malade, dans une petite bicoque perdue au bord de la mer. Autour de lui, une famille d’immigrés espagnole et Luna, leur fille dont il est amoureux. Alors que sa mère lui annonce qu’ils doivent quitter leur maison pour aller vivre à Chalon chez ses grand-parents, son père qu’il n’a jamais vu revient dans la région pour diriger à l’opéra de Montpellier la 6ème symphonie de Mälher. L’adolescent est à un croisement de sa vie.

Pour un enfant, cette vie au bord de l’eau, au milieu des dunes, espace de jeu infini pourrait paraitre rêver. Si le quotidien ne l’est pas – la maison est vétuste, il faut marcher longuement pour rejoindre la civilisation, il est tout de même protégé des réalités de la vie. La maladie imposant un départ, le retour du père, sa détection lors de match de foot,  vont transformer au fur et à mesure le regard d’enfants de Victor.marteau1

Il apprend la vie à travers ses sentiments amoureux naissant pour Luna, cette maladie qui ne veut pas quitter sa mère, la rendant vulnérable ou encore et surtout de cette musique que son père orchestre.Alors que celui-ci ne voulait pas entendre parler de son fils, il va se laisser attendrir et accepter cette paternité. Elle passera par cet éveil musical. L’imposante armure de ce chef d’orchestre bourru (impressionnant Grégory Gadebois) va, non pas se fissurer, mais s’ouvrir doucement. Pour lui aussi, c’est un pas vers sa responsabilité d’adulte et vers une vie non plus uniquement tournée sur la musique.

marteauFilm sur l’apprentissage et la transmission, Le Dernier Coup de marteau confirme à nouveau tout le talent d’Alix Delaporte pour saisir l’intensité des sentiments humains. Elle y retrouve ses deux merveilleux acteurs d’Angèle et Tony (2010), Grégory Gadebois et Clotilde Hesme, avec le jeune et formidable Romain Paul. L’actrice est extraordinaire d’émotions dans ce plan où enlacée avec son fils Victor, ses yeux se remplissent d’amour, regardant un avenir incertain. Avec peu de choses et des plans sublimes (ce scooter jeté à la mer, ces jongles sur l’étang au soleil couchant), Alix Delaporte fait beaucoup et dramatise sans pathos. C’est ainsi que la la mère révèle sa maladie (au spectateur) lors d’un saut du haut d’un rocher dans une rivière avec son fils. Sa perruque s’en va et on découvre son crâne chauve. Elle en rit.

Avec douceur et délicatesse, elle utilise à merveille ce lieu à la fois sauvage et protecteur, montrant sans misérabilisme des êtres au prise à des situations sociales et émotionnelles complexes. Un film intense et lumineux.

Julien Camy

Le Dernier coup de marteau d’Alix Delaporte, sortie le 11 mars

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s