Théâtre / N° 11 de Fabienne Candela Mascunan

Pourquoi 11 et pas 9 ou 12, c’est le secret de Fabienne Candela Mascunan, comédienne et directrice du Théâtre le Tribunal, qui a donné ce titre à son spectacle qui se joue dans le cadre du 18èm Festival Femin’Arte. Un festival qui se déroule tout le mois de mars à Antibes avec des comédiennes, des metteuses en scène, des auteures…Un festival fait par des femmes et les hommes sont priés de venir nombreux à tous ces rendez vous.

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Si Fabienne travaille d’arrache pied son N°11 après l’avoir déjà présenté à Antibes et à Avignon l’été dernier, elle n’oublie pas qu’elle reste la metteuse en scène de tous les spectacles de son festival et recevoir uniquement des artistes femmes n’et pas une provocation.

« Nous ne sommes pas des revendicatrices, c’est juste qu’on veut que dans ce cadre là, ça reste artistique. Il y a des gens qui font çà beaucoup mieux que nous, il y a des gens qui étudient, qui savent parler des problème des femmes de manière très, très précise, c’est très intelligent…nous, on est juste des artistes femmes, nous nous sommes retrouvées parce que chacune dans notre domaine, au niveau du théâtre, de la musique, c’est toujours un petit peu plus difficile…c’est tout, je veux dire, il faut parler de ce qu’on connaît, enfin quand ça doit être exposé à d’autres…on continue toujours sur la même histoire où on se rend compte que quand on commence à perdre des libertés ça commence toujours par les libertés des femmes, c’est toujours très compliqué pour une femme de se débrouiller. Il y a de plus en plus de femmes qui ont des difficultés, qui se retrouvent à la rue avec leurs gosses…déjà être clodo, c’est dur mais alors être une femme, çà reste d’actualité.

Chanel N°5, Fabienne N°11, d’où vient ce titre pour ce spectacle bien accueilli à Avignon ?

« Il est venu sans réfléchir, et effectivement, si après on analyse, il y a plein de symboliques, il parait que c’est un chiffre miroir, c’est le 1+1, ça fait 2, il y a le 11 septembre, il y a plein de choses comme çà, non…mais je n’ai pas analysé, c’est un spectacle d’instinct en fait. Je me suis mise à une table et, j’ai écrit et je n’ai pas trop réfléchi. »

Ça arrive à un moment d’une vie ?

Oui, je pense que c’est un moment d’une vie, je pense que, quand on a fait plein de choses, il y a un moment où on a envie non pas de faire un bilan mais parler des choses qui vous tiennent à cœur et qu’on n’exprime pas tout le temps. Moi, l’histoire de ces femmes qui ont été survivantes malgré elles parce que des fois, il y a tellement de douleur autour qu’on n’a pas envie d’être la survivante. J’avais envie d’en parler, pas un truc de donneur de leçons, je voulais qu’il y ait un peu de douceur, un peu de légèreté, moi, je ne suis pas une donneuse de leçon.

Il y a un langage, il faut s’accrocher on pourrait dire, il faut suivre ?

« Moi, j’aime bien les mots, alors ils sont un peu…pas de pronoms personnels par moment, il y a des adjectifs qui se suivent, il y a des mots qui sont compressés…j’aime bien jouer avec les mots, c’est comme faire de la sculpture, les mots, pour moi, c’est çà, avec les mots tu écris une histoire, je fais comme çà avec les mains »

Pas de décor, vous vous concentrez sur le texte ?

« Oui, je crois, c’est un spectacle un peu poétique, un peu clownesque, c’est dans le sens où le personnage va jusqu ‘au bout des choses, le travail du clown, c’est çà, c’est aller au bout des choses »

Si N°11 est le titre de l’œuvre, d’autres chiffres marquent la force du texte et très vite, on comprend.

« Je voyais seulement mon campement, ses feux de camp, une histoire de camp…pas la même…

Je me suis débattue, j’ai mordu à nouveau, craché à nouveau, griffé. Ils ont cogné fort, cassé trois dents, deux côtes, un doigt. 3.2.1.

C’est une histoire de chiffres celle là.

Ils travaillaient pour l’avenir d’une autre humanité, plus blonde, plus grande, plus bleue. Je n’en étais pas, tous ceux avec moi non plus. Tous. C’est une histoire de chiffres. Les matins ils comptaient : 1 2 3 4 5 6 7 8 suivez nous, j’étais la neuvième. Pas de chance ! Le lendemain 1 2 3 4 5 6 7 8 9 j’étais la dixième. Pas de chance ! 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10, j’étais la onzième. Pas de chance ! Ainsi de suite, jusqu’à la fin de ce temps là…jusqu’à dehors… »

Avez-vous été influencée par certains spectacles d’artistes que vous recevez toute l’année ?

« Non, non, par contre ils m’on beaucoup aidé , ils ont été très présents, c’était une très jolie histoire affective, il y a tous ceux qui m’ont aidé techniquement, c’est-à-dire ceux qui sont sur le programme Fabrice, Laurent, Valérie…et puis, il y a tous ceux qui me donnaient un coup de fil, ils m’envoyaient de petits textos « ça avance, bon t’en est où » il y en avait qui m’envoyait tous les jours GO…je me suis retrouvée vachement entourée »

C’est parti pour durer ce N°11 ?

« Oui, parce que c’est intemporel et je vais refaire Avignon cet été et je jouerai ici, comme Dominique Czapski avec le Journal d’un Fou à Antibea. Quand on a un théâtre, il faut se programmer, il ne faut pas saturer mais une fois par an ou 2 et puis aussi aux alentours et puis, je n’ai pas de rêves de grandeur »

Que ce soit le Bœuf Théâtre ou Femin’Arte, le théâtre, le Tribunal s’appuie sur un petit groupe de bénévoles et d’enseignants au sein du théâtre comme Valérie Duburc infographiste auteure de l’affiche très originale de cette 18ème édition

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« Au départ, c’est une photo que m’a montrée un copain…je l’ai reprise et arrangée et, je me suis dit que çà correspondait complètement au style de Femin’Arte. Voilà le Street Art, le dessin, la peinture, le texte en anglais…n’est ce pas international, la culture… »

 

Parmi les comédiennes attendues à Antibes : Krissie Illing dans la pure tradition comique anglaise qui présente Wilma Déchainée.

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Il y aura aussi la Compagnie Personna où il n’y aura pas moins de 8 comédiennes et… 2 hommes… ils joueront sur un texte de Federico Garcia Lorca, la Maison de Bernarda Alba.

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Au cours de ce festival, d’autres rendez vous sont au programme avec des lectures de textes et 15 auteures et illustratrices, ces rencontres sont organisées par le Théâtre de la Marguerite en partenariat avec la Médiathèque Albert Camus d’Antibes et animée par Laurence Dionigi. La galerie les Bains Douches accueille plusieurs artistes féminines peintres et sculptrices…sans oublier que les personnes qui veulent s’exprimer sans être professionnelles, les portes du Tribunal leur seront ouvertes le dimanche 22 mars, elles pourront improviser sur un texte qui ne devra pas dépasser 2 minutes. Femin’Arte, c’est voir, entendre et s’exprimer.

 

                                                                   Jean Pierre Lamouroux

 

Tel : 0493341121

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