Deux hommes, un PRISM

Un duo pour un live cousu de visuels. La texture au service du son, et inversement. À voir, à écouter, à saisir au vol projeté. PRISM.

Extrait du live.

Volubiles, captivants, enivrants… un battement de scène et puis s’en vont. Fabien Fabre et Cyril Meroni nous livrent un court métrage électronique live, nommé PRISM. Une immersion dans le jeu intime de l’esprit qui bouscule, ni plus ni moins, les souvenirs. Sous vos yeux papillonnants s’émeut l’installation, hexagone, d’où infuse l’imagination. Vous boirez de cette coupe jusqu’à l’ivresse. La trame se fera rêve intuitif et déroutant. Car c’est un peu de soi qu’on y laisse, ou qu’on y redécouvre. Pour lever quelques lumières sur le prisme, une interview du musicien de 9th Cloud, Fabien Fabre.

Prism live - 2 - Copyright C.Meroni

Entre Cyril Meroni et toi, comment s’est cristallisé le projet ?

« Ça remonte, on s’est rencontré pour la première fois sur une collaboration en 2008 via la structure Seconde Nature à Aix-en-Provence. On a apprécié travailler ensemble, et on a cherché à recommencer tout simplement. Quand le projet a commencé à prendre forme dans mon imagination, j’ai tout de suite pensé à Cyril pour habiller un live qui devait parler, à la base, des influences dans le processus créatif… »

Plus précisément ?

« On voulait réfléchir ce projet comme un prisme à travers lequel on ferait passer les influences, comme un cristal qui décomposerait un rayon de lumière pour l’éclater en des couleurs distinctes. »

Pourquoi cette chasse à l’influence ?

« On me demandait tout le temps ce que je cherche à exprimer avec ma musique. Mais les moments où je crée, je ne pense à rien. C’est plutôt… à l’instinct. Je me suis dit, autant tenter d’apporter une réponse. Derrière l’inspiration, il doit avoir quelque chose. »

Prism live - 3 - Copyright C.Meroni

As-tu avancé sur la question ?

« Ça fait deux ans qu’on est sur le projet, on a beaucoup cherché. On est partis dans pleins de directions, on a identifié des pistes, essayé pleins de réponses à partir de lieux, de personnes, de courants musicaux ou artistiques… Mais à chaque fois ça nous renvoyait à autre chose, un cercle sans fin. Au final on s’est dit que c’était peut-être ça, cet état de non-réponse, qui était la réponse. Alors on a décidé de se concentrer sur la manière dont les idées, les souvenirs, s’entrechoquent entre eux. On est partis sur un live voué à évoluer, on a envie que ça reste ouvert comme projet. »

Votre propre processus créatif dans tout ça, à quoi ça ressemblait ?

« On s’était complètement laissé carte blanche. Bien sûr on s’est mis d’accord sur les grands axes, et aussi, sur comment on voulait les raconter. Et puis après ça a été énormément de boulot, mais quelque part simple à la fois. J’avais l’impression que Cyril était dans ma tête. Comme je raisonne de plus en plus les sons en terme de textures, on se comprenait. »

Côté visuels : entre toutes ces apparitions il y a une femme qui revient souvent. Est-ce que tu aurais une petite histoire, dans l’histoire, qui en ferait saisir la trame?

« On est partis sur l’idée d’une personne qu’on aurait pu croiser, puis perdre, et dont on essayerait de se souvenir. Cyril a choisi de donner forme au personnage de Lara, on la voit enfant, adulte… mais aussi androgyne à des moments. Bref, ce sont des images très spécifiques mais à la fois universelles. Chacun peut aller puiser dans ses propres souvenirs, c’est l’émotion qui compte. Les gens vont construire leurs propres interprétations du souvenir. Et je ne voudrais pas les influencer ! (rire) »

Prism live - 1 - Copyright C.Meroni

En combien de temps montez-vous ton hexagone ? Et d’ailleurs, de quoi est-ce fait ?

« On peut le faire en une heure et demie si on se bouge, mais ça dépend. Si on a la journée, ça peut prendre la journée ! (rire). C’est une structure en aluminium, et par-dessus c’est des toiles. Sur la face avant c’est un tissu un peu particulier, une sorte de tulle je dirais, très ajouré, qui permet à la fois de projeter dessus et de voir à travers. Et derrière moi, ce sont des bâches blanches à projection vidéo tout simplement. Il nous fallait quelque chose de relativement léger pour pouvoir l’amener partout avec nous, et facile à monter. Quand t’es en festival il faut que tu puisses te débrouiller.»

Le Hublot : vous allez bientôt vous produire à Nice. Est-ce que tu as un rapport particulier avec cette association ?

« Vu que d’autre part je mène des projets culturels, oui. On fait partie du même réseau d’acteurs qui sont dans la réflexion et dans l’action concernant la création numérique et l’implication du numérique dans la vie sociale. »

 Quel serait ton mot de la fin ? Ou plutôt, ton mot de la suite.

« Ça ne fait que six fois qu’on joue PRISM, alors on peut nous souhaiter que ça continue. Et la suite immédiate pour moi, ce sera la sortie d’un vinyle le 6 mars avec des morceaux tirés du live, dont Cyril a fait la pochette. »

Photos ©C.Meroni

Prochaines dates 

Samedi 31 janvier, le Hublot, Nice. 20 H 00

Naomi Roth

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