DVD / Hollywood Legends – épisode 3 : Des films « historiques » spectaculaires

30 films oubliés ou méconnus signés par les plus grands cinéastes américains édités en DVD par ESC conseils… Que des pépites !*

L’Armure Noire (The Dark Avenger), USA, 1955, de Henry Levin avec Errol Flynn, Joanne Dru
L'ARMURE NOIRE (1955)Pendant la guerre de cent ans, le prince Edouard D’Angleterre reste en France, gardant les terres conquises par son père. Mais les seigneurs français ne sont pas de cet avis, et vont attaquer le château du noble anglais.
larmurenoireConnu aux Etats-Unis sous le titre The Warriors, ce film de cape et d’épée est injustement méconnu. Spectaculaire, rythmé, sublimé par la fougue d’Errol Flynn et la beauté de Joanne Dru, L’Armure noire ne s’embarrasse pas vraiment de vérité historique. Mais qui s’en soucie !

 

Esther et le Roi (Esther and the King), USA, 1960, de Raoul Walsh 
avec Joan Collins, Richard Egan
Sous le règne d’Assuérus, roi des Mèdes et des Perses, les Juifs connaissent une rude persécution, menée par Aman, premier ministre du roi, et celle persécution est motivée par le refus qu’opposent aux représentants des dieux païens, les serviteurs du Dieu unique. Amant de la reine

Esther (Joan Collins) et le roi
Esther (Joan Collins) et le roi

Washti, épouse du roi, le premier ministre réussit à provoquer la disgrâce de celle-ci, et s’offre à chercher au roi une nouvelle épouse, cependant que Mardochée, Juif pieux et conseiller d’Assuérus, de son côté se met en quête. Esther, nièce de Mardochée et fiancée à Simon son cousin, est choisie…

Même si le film est signé Raoul Walsh, il doit beaucoup à Mario Bava qui signa non seulement la photographie du film mais aussi la version italienne de cette coproduction italo-américaine. A l’arrivée, un péplum bien imagé, trop bavard sans doute mais qui recèle quelques beaux moments.

 

A-High-Wind-in-Jamaica-31105_6
James Coburn et Anthony Quinn

Cyclone à la Jamaique (A High Wind in Jamaica), USA, 1965, de Alexander Mackendrick avec Anthony Quinn, James Coburn, Lila Kedrova, Gert Fröbe
Au XIXème siècle, installés à la Jamaique, les Thornton décident de renvoyer leurs six enfants en Angleterre à la suite d’un cyclone particulièrement meurtrier. Ils veuleunt qu’ils grandissent dans un pays sûr et civilisé. Mais le navire qui les transporte est attaqué par la bande de pirates du capitaine Chavez. En plus de leur butin, les pirates emportent sans le savoir les enfants. 2d-cyclone_a_la_jamaique.0Ils ne s’en aperçoivent qu’après avoir repris la mer. Pour certain, ces enfants vont leur porter malheur. Mais Chavez se lie d’amitié avec la petite Emily.
Le cinéaste détourne très intelligemment les conventions du film d’aventures maritimes pour déboucher sur une réflexion parfois cruelle, sur l’enfance, l’apprentissage de la vie, la civilisation et l’innocence. Anthony Quinn et James Coburn, tout en nuances, sont vraiment excellents.

 

KL_Rains_RanchipurCov600La Mousson (The Rains of Ranchipur) USA, 1956, de Jean Neguleso avec Lana Turner, Richard Burton, Fred MacMurray.
En Inde, dans les années 1930. Le quotidien, ennuyeux et mesquin, d’une colonie d’européens installés à Ranchipur est perturbé par l’arrivée de Lord et Lady Esqueth. Lui est grossier, brutal et immensément riche. Elle est belle, racée, mais précédée d’une réputation sulfureuse. Lors d’une soirée, Lady Esqueth fait la connaissance du Major Rama Safti, chirurgien hindou et homme séduisant qui a étudié en Angleterre. La mousson éclate, d’une rare violence. Lors de la catastrophe qui en résulte, les caractères se révèlent.
Tiré du roman de Louis Bromfield, remake de la version 1939, signé Clarence Brown, La Mousson de Jean Negulesco est une agréable surprise portée par de remarquables comédiens. Les intrigues amoureuses évoluent au rythme des mouvement telluriques et des inondations porteuses d’épidémies et donnent à ce film la puissance d’un mélodrame flamboyant au charme indéniable.

 

Des comédies méconnues plus ou moins réussies

L’Oiseau Bleu (The Blue Bird), USA, 1976, de George Cukor 
avec Elisabeth Taylor, Jane Fonda, Ava Gardner.
Le soir de Noël, Tyltyl et Mytyl, deux enfants de pauvres bûcherons, font un rêve merveilleux: une sorcière leur apparait et leur demande de partir à la recherche de l’Oiseau Bleu, messager du bonheur. Elle leur confie un diamant magique: il leur permettra de voir l’âme secrète des êtres et des objets. C’est le début d’une incroyable aventure…

Ce merveilleux conte de Noël, tourné avec des stars vieillissantes et un George Cukor pas très en forme, a pourtant bénéficié de gros moyens. Le résultat n’est pas extraordinaire même si le charme opère par moments et peux emporter l’adhésion des plus jeunes. 

Elizabeth Taylor dans L'Oiseau bleu
Elizabeth Taylor dans L’Oiseau bleu

Gigot, Le Clochard de Belleville (Gigot), USA, 1962, de Gene Kelly 
avec Jackie Gleason, Katherine Kath
Gigot, un muet un peu simple d’esprit, est concierge d’une pension de famille à Montmartre. Les adultes ne gigot_le_clochard_de_bellevillecessent de se moquer de lui et seuls les enfants et les animaux lui accordent leur affection. C’est seulement aux enterrements qu’il se mêle à autrui et se sent partie d’une famille. Un jour, il fait la rencontre de Nicole, la petite fille d’une prostituée…
Ce film, de production américaine a la particularité d’avoir été tourné à Belleville et de ne comporter que des acteurs français, à l’exception de Jackie Gleason qui joue le rôle principal et en fit la musique. Son réalisateur, l’immense Gene Kelly, qui fait ici une infidélité à la comédie musicale, n’était pas satisfait du résultat. Le film fut charcuté au montage par les producteurs et fut finalement un échec commercial. C’est ainsi qu’il ne fut jamais doublé et découvrir Gabrielle Dorziat, Jean Lefebvre ou Albert Rémy s’exprimer en anglais avec un fort accent français est particulièrement plaisant. Quant à l’abattage de Gleason en Gigot il est impressionnant.

jeunesseUne Seconde Jeunesse (High Time), USA, 1960, de Blake Edwards avec Bing Crosby, Tuesday WeldA 51 ans, le veuf Harvey Howard décide de reprendre ses études. Il refuse tout traitement de faveur et insiste pour partager le même dortoir que les autres étudiants. Malgré la différence d’âge, il participe aux mêmes activités scolaires, culturelles et sportives que les autres étudiants. Tout se gâte lorsqu’il tombe amoureux de mademoiselle Gauthier, son professeur de français…

las vegas
Elizabeth Taylor et Warren Beatty dans Las Vegas, Un couple

Cette comédie plutôt hilarante que Blake Edwards signe entre deux de ses plus grands succès (Opération Jupons en 1959 et Diamants sur canapé en 1961) est plutôt passée inaperçue. Véhicule calibré pour la star vieillissante mais encore vigoureuse Bing Crosby, Une seconde jeunesse  multiplie les gags inégaux mais conserve un rythme plaisant.  A redécouvrir pour le plaisir.

 

Las Vegas, Un Couple (The Only Game in Town), USA, 1970, de George Stevens avec Elizabeth Taylor, Warren Beatty
Fran Walker, une choriste célibataire approchant l’âge mûr, tombe sous le charme de Joe Grady, un musicien frustré et joueur compulsif qui rêve d’échapper à Las Vegas.
las vegas2Ce drame romantique n’échappe pas aux poncifs du genre mais reste agréable à regarder pour la performance de deux grandes stars, Warren Beatty et Elisabeth Taylor. Celle-ci, refusant d’être séparé de son mari Richard Burton qui travaillait en Europe, exigea que le film soit tourné à Paris. Construction de décors, déplacement de toute une équipe. Le budget explosa et le succès ne fut même pas au rendez-vous. Ce fut le dernier film de George Stevens.

 

20100319133502-tales-of-manhattanSix Destins (Tales of Manhattan), USA, 1942, de Julien Duvivier avec Charles Boyer, Rita Hayworth
Six sketchs autour de l’itinéraire d’un habit de soirée, qui passe tour à tour entre les mains d’un acteur, d’un jeune couple, d’un chef d’orchestre, d’un clochard et d’un escroc avant de finir chez un fermier qui en habille son épouvantail.
L’itinéraire capricieux de cet habit de soirée, développé sous forme de sketchs, formule où excelle le cinéaste à qui l’on devait déjà, sur le même principe, le merveilleux Un Carnet de bal (1937), permet de développer une étude sociale tragi-comique des Etats-Unis. Avec une maestria de virtuose qui le place à l’égal des grands spécialistes américains de la comédie (Lubitsch, Capra, Borzage,…) qu’il fréquente depuis TalesOfManhattanLCson arrivée à Hollywood, Julien Duvivier conserve la pureté du style qui était le sien dans les années 30 et impose sa direction d’acteur impressionnante à toutes les stars (de Rita Hayworth à Ginger Rogers, en passant par Charles Boyer, Edward G. Robinson, Henry Fonda, Charles Laughton et même W.C.Fields et Marcel Dalio) présentes dans les différents sketchs.

 

Lire les précédents épisodes :
– Les deux Henry : King et Hathaway
– Films noirs oubliés

 

par Gérard Camy

 

* ESC CONSEILS a fait le bonheur des cinéphiles en créant cette collection « Hollywood Legends ». Avec 30 DVD pour commencer (espérons que ce n’est qu’un début), les éditeurs ont frappé fort. En puisant dans les productions de 20th Century Fox et Metro-Goldwyn-Mayer, ils permettent la (re)découverte en DVD de films invisibles depuis très longtemps, œuvres rares ou considérées (souvent à tort) comme mineures de grands réalisateurs travaillant à Hollywood. Et la liste des cinéastes et des stars convoqués est impressionnante. Le tout Hollywood de son âge d’or se retrouve au fil de ces 30 longs métrages.

Publicités

Un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s