Cinéma / Disparition : Marie DUBOIS

 

Disparition : Marie DUBOIS, une des grandes figures du cinéma Français

Ses débuts avec François Truffaut dans Tirez sur le pianiste lui ouvrent la voie de la nouvelle vague et du cinéma Français . Elle va tourner avec les plus grands, elle s’engage dans son métier avec tout sa son énergie qu’elle poursuit jusqu’à la fin des années 1990 , malgré la maladie , la sclérose en plaques, diagnostiquée . Poursuivant, ensuite, son combat contre la maladie qui l’a emportée à 77 ans.

Marie  Dubois
Marie Dubois

Les cinéphiles n’ont pas oublié son face à face avec Charles Aznavour dans Tirez sur le Pianiste ,  le film de François Truffaut qui lui ouvre les portes du grand écran. Le Public Populaire , non plus, qui s’entiche de la comédienne et lui fait un triomphe en compagnie de De Funès et de Bourvil dans La Grande vadrouille de Gérard Oury , et qui  la suivra dans les films de Verneuil , Lautner , Molinaro et autres, Claude Sautet . A la télévision où  avec le théâtre , elle y fait ses débuts dans les grandes émissions et séries ( La caméra explore le Temps , les Cinq dernières minutes ) qui mobilisaient les spectateurs de la seule châine Nationale dans les années Soixante. Si le public la remarque elle n’échappe pas non plus à François Truffaut qui fut frappé par sa photogénie, sa fraîcheur de jeu et son talent et décide de l’engager pour son nouveau film Ne Tirez pas sur le Pianiste aux côtés de Charles Aznavour . Banco!. Le succés est là , et les cinéaste de la nouvelle vague lui ouvrent les bras …elle va devenir , avec d’autres, unes des comédiennes les plus aimées du public des années 1960- 1980. Les grands rôles et les grands films se succédent … seule, la maladie qui pouruivra sa route et contre laquelle elle mène le combat en s’investissant dans son métier , pour ne l’obliger à baisser les bras  que dans les années 2000.
Elle était lumineuse et drôle, belle et émouvante, combatante aussi, dans les films comme dans la vie…On retiendra ces images là, de la grande comédienne que nous avons beaucoup aimée . Un film emblématique explique la place que la comédienne avait trouvée dans le cœur du public français, celui de Claude Sautet : Vincent François , Paul et les autres , où elle est au cœur d’une distribution magique à laquelle elle ne pouvait pas, ne pas être associée ,  et q ue le  public n’aurait pas  compris  …

Marie  Dubois et Charles  Aznavour dans  Tirez  sur le Pianiste de  François  Truffaut
Marie Dubois et Charles Aznavour dans Tirez sur le Pianiste de François Truffaut

Le chemin qui l’y a conduite, Claudine Huzé de son vrai nom,  ( C’est Truffaut qui lui donne celui de la scène , Marie Dubois, en référence à Jacques Audiberti ) ,la jeune Parisienne née en 1937, l’à construit en passant par les cours dramatiques de la Rue Blanche  où elle travaille et apprend les bases du métier qui va la conduire à débuter, sur les planches presque en même temps qu’à la Télévision et au cinéma . Au théâtre on la verra en 1962 dans La Contesse ou la Volupté d’être de Maurice Druon sous la direction de Jean Le Poulain , puis Roger planchon dans Bleus blancs rouges ou les libertins (1967 ), ou d’Henri Tisot dans L’ Homme, la bête et la Vertu, d’après Luigi Pirandello ( 1980 ) ; et dans le Thomas Moore de Roger Bolt mis en scène par Jacques Tardieu .
La Télévision et La célebre émission La caméra explore le temps de Stellio Lorenzi ,lui ouvre les bras en 1959 avec La nuit de Koenigsmark , suivie par Les Cinq dernières Minutes et Poisson d’eau douce de Claude Loursais. Ell y ménèra une carrière parralléle à celle du grand écran , jusqu’à la fin des années 1990 . On retiendra Les jours heureux d’Arnaud Desjardins ( 1961 ) , et le Marie Curie de Pierre Badel ( 1965) , Ma femme de Jean l’Hôte (1971) , François Le Champi de Lazare Iglésis ( 1976 ) où elle campe une émouvante Madeleine . Ou encore , sa participation à la série Madame Le Juge ( 1978) , et à la célebre émission au théâtre ce soir dans l’Amant Complaisant d’après Graham Greene ( 1980 ) ; Elle est Virginie Walter dans Bel Ami réalisé par Pierre Cardinal ( 1983), joue A Titre Posthume réalisé par la Télévision par Paul Vecchiali , et dans Maria Vandamme de Jacques Ertaud ( 1986) . Elle revient en Madame Touret, dans un épisode de Maigret ( Maigret et l’Homme du banc -1993)) sous la direction d’Etienne Perier .

Marie  Dubois , Gérard  Depardieu dans  Mon Oncle  d'Amérique  d'Alain Resnais
Marie Dubois ,  au centre , dans  Vincent  François  Paul et les  autres de   Claude  Sautet.

La carrière cinématographique sera magnifique parsemée de grands films et de succès populaires . La liste est longue …et aurait pu l’être encore plus si la maladie ne l’avait ralentie. Mais cette flamme et cet amour de son art qui l’a conduite se lit dans chaque scène de chacun des films où elle a été au premier, ou au second plan . C’est la marque des grandes.
Alors, c’est donc Eric Rohmer qui aura précédé en fait François Truffaut en lui offrant  son premier ( petit ) rôle de la femme du café dans Le Signe du Lion / 1959) , mais ; c’est Truffaut avec le rôle de Lena dans Tirez  sur le Pianiste (1959) qui va lancer sa carrière , et la fera enchaîner avec Jules et Jim (1962 ) ou elle joue Thérèse , la locomotive. Les portes ouvertes du cercle de la Nouvelle vague, va s’élargir aux autres cinéastes Français , et même du côté de la Belgique avec Ivan Govar ( La Croix des Vivants / 1962 ) , de la suisse ( Les Arpenteurs de Michel Souter / 1972) ) ou de l’italie aux côtés du grand Luchino Visconti qui lui confie le rôle de la Princesse dans son dernier chef d’oeuvre L’innocent   ( 1976).
Du côté de la nouvelle vague Jean-Luc Godard aussi , la sollicite pour Une femme est une femme ( 1961) , et Roger Vadim suit avec La Ronde (1964) . Les débutanst talenteux qui vont devenir des figures du cinéma Populaire vont également , très vite faire appel à son talent . A Commencer par le Niçois Georges Lautner qui l’engage pour son célébre Monocle Noir (1961), et Edouard Molinaro pour La Chasse à L’homme ( 1964), suivi pa r le plus expérimenté Henri Verneuil dans Week -end à Zuydcote aux côtés de Jean-Paul Belmondo( 1964) , Verneuil qu’elle retrouve pour Le serpent (19 73) , ou de Robert Enrico remarqué pour son superbe La belle Vie (1962 – Prix Jean Vigo ) qui lui offre le grand succès public avec le rôle de Jackie , dans Les Grandes Gueules (1965) aux côtés de Lino Ventura , Bourvil et Jean-Claude Rolland .
Dès lors la carrière de Marie Dubois prend son envol, elle s’inscrit comme une figure incontournable du Cinéma Français. Et elle sera marquée à la fois par la fidélité à certains cinéastes , par son goût pour le cinéma populaire de qualité et aussi son attachement au cinéma d’auteur qu’elle continue à servir pa r la diversité des rôles et la curiosité . Elle enchaîne désormais les succès publics et elle s’y retrouve au sommet avec un autre débutant des années 1960 , Gérard Oury qui l’engage pour ce qui deviendra une des plus grands succès populaire du cinéma Français La Grande Vadrouille ( 1966 ). Juste avant c’est le pretisgieux René Clair qui l’engage pour ses Fêtes Galantes (1965 ) . Tandis que Louis Malle à son tour va faire appel à son talent et lui offrir le rôle de Geneviève dans Le Voleur ( 1966) Claude Sautet ( Vincent François , Paul et les autres /1973) et Garçon ! / 1980 ), la fera rentrer dans son univers . De la même manière que Jean-Charles Tacchella ( Il y a alongtemps que je t’aime / 1979 ) , ou Claude Chabrol ( Rien ne va plus / 1997) .Et aussi ,Alain Resnais pour Mon oncle d’Amérique ( 1980)

Marie  Dubois et Gérard  Depardieu dans  Mon Oncle  d'Amérique  d' Alain Resnais
Marie Dubois et Gérard Depardieu dans Mon Oncle d’Amérique d’ Alain Resnais

Les succès ne lui font pas oublier le cinéma d’auteur et on la retrouve dans des rôles de marginaux à l’image de son personnage libertaire de Germaine dans Bof…Anatomie d’un livreur (1971) de Claude Farlado , plaidoyer pour le droit à la paresse et la liberté sexuelle . Ou encore chez Jean Marboeuf autre marginal du cinéma Français ( Grand Guignol / 1986) . Elle servira aussi le cinéma de Jean -Marie Perier ( Antoine et Sébastien / 1973 ) , de Bernard Giraudeau , le remarquable Les Caprices d’un fleuve ( 1997) et d ‘Alain Corneau ( La Menace / 1977) qui lui permet d’obtenir le César de la meilleure actrice dans un second rôle . C’est aussi la période où sa maladie est diagnostiquée officiellement.
Son métier elle s’y est donnée toute entière afin de repousser la maladie dont les premiers symptômes sont diagnostiqués dès l’âge de 23 ans , il lui aura permis de remplir sa vie et de repousser la fatalité d’un combat auquel elle s’est consacrée – mettant fin à sa carrière au début des années 2000 – avec toute son énergie ( participant à un clip réalisé par Alain Corneau ) pour accompagner la lutte des autres malades et celle de la science contre la maladie qui l’a empotée ce 15 Octobre 2014.

(Etienne Ballérini)

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