Cinéma / Geronimo de Tony Gatilf

Geronimo est un film de Tony Gatlif. Cela se voit. Se ressent dès les premières images.

Geronimo_2Lucky, un jeune homme roule à toute vitesse en moto vers Til, une jeune femme en robe de mariée qui coure à perdre haleine vers lui. Ils cherchent à se rejoindre. Une musique gitane en fond sonore finit de remplir l’espace sonore déjà occupé par leurs appels de l’un envers l’autre, les bruits de la moto et des pas. Ils se sautent dans les bras, basculent, tourbillonnent et s’embrassent goulûment. Passionnément. Malheureusement, il est d’origine gitane et elle est d’origine turque. Leurs deux communautés n’accepteront jamais qu’ils s’aiment. Alors ils vont devoir s’enfuir. Se réfugier dans une maison abandonnée en bord de mer. L’histoire se déroule dans la banlieue de Perpignan.

Geronimo_1Tony Gatlif répond par ce film aux violences qui ont éclaté à Perpignan il y a quelques années entre Arabes et Gitans. Il répond par une histoire d’amour. Un sentiment qui guide son cinéma. On se souvient de Gadjo Dilo, d’Exil et de ses personnages trouvant le chemin de leurs vies dans une quête où l’amour surgit toujours comme un antidote. Il pousse ses personnages dans un tourbillon la fois extrême, excluant et en même temps terriblement humaniste. Ce paradoxe est celui du cinéma de Gatlif. Il filme comme il vit avec passion, colère, amour, bienveillance. Cela donne un film parfois décousu, un peu bancal, avec quelques longueurs lors de certaines séquences. Car il veut en mettre trop. Trop d’amour, de passion de symbolisme. Mais c’est fait avec une telle envie de partager tous ces sentiments, d’aller toujours de l’avant que l’on n’a pas envie de dire du mal d’un tel film.

On préfère s’arrêter sur la complexe pureté de Geronimo, la jeune éducatrice sacrifiant sa vie à entretenir le contrat social dans ces quartiers difficiles. Elle va tout faire pour apaiser les tensions entre les deux communautés. Céline Sallette qui l’interprète porte le film à elle toute seule. Pratiquement de tous les plans, elle investit l’écran de son personnage mais plus que ça, elle habite ce cinéma exigeant de Gatlif.

Geronimo_3

On préfère parler de cette merveilleuse scène où elle cherche Til dans les roseaux sauvages. De ces deux si beaux amoureux dont la force de la passion fait rêver. Ou encore de ces deux combats de rues nocturnes où la majorité des coups se passent musicalement dans un mélange détonnant  de hip-hop et de musiques tziganes…

Geronimo est un film de Tony Gatlif. Un film qui vit le cinéma et l’histoire qu’il raconte travaillant avant tout sur le ressenti et le sensible. Un film beau et bon. Inévitablement avec des imperfections. Mais comme l’humanité, non ?

Julien Camy

Geronimo  de Tony Gatlif avec Céline Sallette, Rachid Yous, David Murgia… (sortie le 15 octobre,1h44)

 

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