Cinéma / Party Girl de Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis

Party girlParty Girl désigne ces entraîneuses de bars. Angélique est l’une d’elle. Ou plutôt de ne plus être l’une d’elles. A l’approche de la soixantaine, elle choisit de changer de vie, ayant trouvé l’amour auprès de Michel, un ancien client. Celui-ci lui propose même de sauter le pas …du mariage ! Les auteurs à partir d’un point de départ autobiographique sur la vie et le passé de l’actrice jouant Angélique, Angélique Litzenburger, ont construit les éléments d’une fiction cinématographique qui permettent d’en faire sourdre les enjeux. Il est important aussi de dire qu’un des réalisateurs, Samuel Theis est le fils d’Angélique et joue aussi le rôle de son fils dans le film comme sa soeur. Un choix qui fait la force du film. Celui-ci gagne son authenticité dans la manière habile dont les éléments du réel viennent irriguer l’émotion de la fiction qui les traduit. C’est l’authenticité des personnages qui est presque miraculeusement revécue  au cœur de cette trajectoire fictive qui en restitue la dimension humaine. Les auteurs précisent avoir voulu «  à travers elle, interroger l’amour la famille, la liberté, la marge. Angélique est-elle libre ou égoïste, spontanée ou inconséquente, généreuse ou irresponsable ? (…) au travers de son histoire intime c’est aussi celle d’une région (La Lorraine) et une classe sociale qui se racontent ».

Présenté en ouverture de la section « Un Certain Regard » au dernier Festival de Cannes, Party Girl y a remporté la Caméra d’or, récompensant le meilleur premier film toutes sections confondues. Cet aspect docu-fiction fait la réussite du film porté par l’authenticité des personnages autour d’Angélique et de Michel, qui restituent cette vie nocturne –  dans une ancienne région,  ouvrière  minière – qui hante encore Angélique jusqu’au dernier moment, comme elle le confie à son fils, tandis que l’émotion de ses enfants réunis pour le mariage apporte son lot de romanesque qui se heurte au réel. Mais, c’est peut-être là que le bât blesse. On sent parfois une volonté d’appliquer une esthétique naturaliste qui finalement finit par devenir un exercice de style. Cela fait notamment un peu fabriquée et un peu déjà-vu dans les belles scènes nocturnes de bars. Heureusement, Angélique tient formidablement le film et l’humanité qu’elle dégage fait oublier ces défauts de jeunesse.

Etienne Ballérini & Julien Camy

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