Cinéma / Disparition : Richard ATTENBOROUGH.

Richard ATTENBOROUGH , l’humaniste

Le Réalisateur, Comédien et Producteur Anglais Richard Attenbourough est décédé des suites d’un A V C à l’âge de 90 Ans. Il laisse en héritage une superbe carrière d’acteur et de cinéaste qui lui a valu la célébrité . Deux grands films comme réalisateur , Gandhi couronné aux oscars en 1983 et triomphe international et Cry Freedom (1987 ) sur l’apartheid. Le comédien aura marqué les mémoires de plusieurs générations de spectateurs:  de La Grande Evasion ( 1963) , jusqu’à Jurassic Park ( 1993 et 1997) de Steven Spielberg .

Richard  Attenborough
Richard Attenborough

Richard Samuel Attenborough est né en Août 1923 à Cambridge, après des études à Leicester il se dirige vers celles d’art Dramatique à la célèbre école Anglaise qui a vu passer dans ses locaux la fine fleur des artistes Britannique, la Royal Academy of Art Dramatic de Londres . Il s’y fera remarquer dès le début des années 1940 sollicité par la scène et surtout par les studios de cinéma où il initiera une carrière dans des petits rôles comme celui dans Ceux qui servent en Mer (1942) de Noël Coward et David Lean , ou encore chez Michaël Powel et Emeric Pressburger dans Une question de Vie ou de mort ( 1946) où il joue le rôle d’un pilote Britannique Anglais . Un rôle qui ne lui sera pas étranger , lui, qui a servi dans le service Cinématographique de la Royal Air Force. Suivra un rôle de Truand d’une entreprise de racket dans le milieu des courses de chevaux dans Le Gang des Tueurs (1947) de John Boulting. Une carrière prolifique suivra dans les années Cinquante/ Soixante , engagé par de nombreux cinéastes ( Roy Ward Baker, Basil Dearden, Compton Bennett, Michaël Anderson, Brian Forbes, Don Chaffey…) dans  des films pas tous distribués en France et que l’on a pas revus depuis. En tout cas le comédien est très sollicité et au cœur de nombreuses comédies populaires ou des rôles plus dramatiques.

Richard  Attenborough  et  Steve  Mac Queen  dans  La  Grande  evasion de  John Sturges
Richard Attenborough et Steve Mac Queen dans La Grande évasion de John Sturges

Il trouvera, enfin , la renommée internationale au début des années 1960 avec le film de John Sturges La Grande évasion , où il se retrouve au coeur d’un distribution internationale dans le rôle du Colonel Bartlett, aux côtés de la Star montante Steve Mac Queen . Le succès du film lui ouvre les portes d’autres productions internationales qui lui permettront de se distinguer ( il recevra de nombreuses récompenses  à l’image de deux Golden Globes pour ses prestations dans deux films à succès La Canonnière du Yang- Tsé (1967 ) de Robert Wise où il retrouve Steve Mac Queen. Et pour l’Extravagant Docteur Doolitle (1968) de Richard Fleischer. On se doit de citer également, Les Canons de Batasi de John Guillermin où il est un sergent Britannique servant d’instructeur à l’armée d ‘un pays Africain, ancienne Colonie . On le retrouve confronté à la survie dans Le Vol du Phoénix de Robert Aldrich ( 1965) ,  puis  , étonnant dans le rôle du tueur en série John Cristie dans L’étrangleur de la place Rillington de Richard Fleischer           ( 1971 ) il sera aussi dans Brannigan de Douglas Hicock ( 1975 ) puis dans Rosebud (1975 ) et La guerre des Otages (1979 d’Otto Preminger …mais il se consacrera de plus en plus à sa passion derrière la caméra , même s’il continue toujours de jouer devant , y compris dans ses propres films. En tout cas , il fera la pont avec les nouvelles générations de spectateurs en acceptant de se retrouver devant la caméra pour son ami Steven Spielberg dans Jurassic Park ( 1993 ) et Jurassic Park , le monde perdu (1997) dans le rôle du professeur John Hammond le PDG de l’entreprise InGen travaillant à la création d’un parc d’attractions …où des incidents vont se produire suite aux travaux des chercheurs-manipulateurs , cherchant à recréer les Dinosaures .

Richard  Attenborough  ( à  gauche ) dans un scène  de  Jurassic  Park   de  Steven Spielberg
Richard Attenborough ( à gauche ) dans un scène de Jurassic Park de Steven Spielberg

Le réalisateur qu’il deviendra à partir de 1969 et plus particulièrement, prolifique,  à partir des années 1980 , se distinguera par un solide métier qu’il saura mettre au service de sujets parfois ambitieux et presque toujours audacieux.  A l’image de son premier long métrage Ah ! Dieu que la guerre est Jolie     ( 1969 ) son premier long métrage derrière la Camera qui créera la polémique. S’inscrivant dans la tonalité de certaines comédies caustiques de la nouvelle vague du cinéma Anglais et fustigeant la guerre ( la première guerre mondiale ), il devient un manifeste anti-militariste que les jeunes générations  de l’ après  Soixante -Huit vont adouber . Il s’inscrit dans cette « vague » de films qui en interrogeant le passé interpellent  les  consciences , sur les conflits plus récents du présent à l’image du M.A.S.H de Robert Altman ou du Comment j’ai gagné la guerre ( 1967) de son compatriote Richard Lester.
N’hésitant pas à embrasser tous les genres, Richard Attenbourough , au fil de ses treize réalisations derrière la caméra , s’attardera à interroger l’histoire et la condition humaine . Il fera un joli portrait de l’adolescent Winston Churchill avec Les griffes du Lion (1972) où il raconte la jeunesse de celui qui va être confronté notamment à la guerre des Boers , avant d’être élu au Parlement Britannique à l’âge de 26 Ans . Dans Un pont trop Loin ( 1997 ) c’est au cœur de l’Opération Market Garden du Général Montgomery destinée à parachuter des divisions aéroportées Britanniques et Américaines derrière les lignes Allemandes , afin de précipiter la chute du régime Nazi, qu’il nous entraîne .

Ben Kingsley  dans  Gandhi  de  Richard  Attenborough
Ben Kingsley dans Gandhi de Richard Attenborough

Après une incursion dans le genre Thriller- horrifique,  Magic ( 1978 ), c’est enfin, le film auquel il a consacré plus d’une quinzaine d’années de préparation et de travail pour le faire aboutir , Gandhi ( 1982 ) qu’il réalise. Au bout, le succès mondial que l’on sait et L’oscar pour cette fresque historique ambitieuse qui se mesure à celles de son compatriote David Lean. Le film qui révèle le Comédien Ben Kingsley (magnifique Gandhi) est , au delà de la fresque somptueuse , une réflexion sur un pays    ( l’Inde ) pris entre son désir d’indépendance et ses « liens » avec l’empire Britannique , et le mouvement de l’histoire incarné par un homme qui oppose aux moyens de la violence pour parvenir à l’indépendance ,ceux de la non- violence . Émancipation des peuples, morale,  philosophie et histoire imbriqués .   Joli détour à la comédie Musicale avec Chorus Line ( 1985) pour revenir à la gravité avec Cry Freedom (1987) qui retrace l’histoire de l’activiste Steve Biko et de son Meurtre commandité dont l’enquête menée par le journaliste Donald Woods va révéler les dessous . Le film remarquable dans sa conception d’écriture ( on pense au grands films -dossiers du cinéma Politique italien des Elio Petri ou Francesco Rosi ) , fustige l’apartheid et dénonce les méthodes employées pour « supprimer » les opposants . La Chanson du film , Biko,  interprétée par Peter Gabriel deviendra un succès mondial. Cry Freedon a été un des films importants  qui ont contribué à faire progresser le boycott contre le Régime raciste blanc Sud- Africain , et à la Libération de Nelson Mandela ( en 1990 )

Kevin Cline  et Denzel Washington dans  Cry  Freedom  de  Richard  Attenborough
Kevin Cline et Denzel Washington dans Cry Freedom de Richard Attenborough

La Biographie de Chaplin qui suivra ,très respectueuse s’attache à décrire dans sa première partie la période Anglaise moins connue de celui qui deviendra le Grand Charlot et le grand cinéaste dont on mesure,  à la vision du film le respect que lui porte le cinéaste
Autre biographie, Les  Ombres  du Coeur (1993) , celle de l’écrivain Irlandais Clive Staples Lewis proche de Tolkien ( l’auteur du Seigneur des Anneaux ) ,s’inscrit également dans le registre de ses films qui cherchent à « percer » l’homme qui se cache derrière la personnalité publique ou artistique . Quête identitaire dans Gey Owl, celui qui rêvait d’être indien ( 1999 ) et enfin , Closing The Ring ( 2007) mélodrame au cœur de la seconde guerre mondiale où l’artilleur d’un bombardier Américain qui s’écrase en Irlande demande à un habitant de la région où son avion s’est échoué , de faire parvenir son alliance à sa promise aux Usa . ..
Le rideau s’est fermé pour le cinéaste qui fut aussi un des « animateurs » de la British of films and télévision ,pendant des années et dont il deviendra Président en 2002. Il aura servi tout au long de sa carrière le prestiqge du cinéma de la Nation Britanique qui l’a élévé au rang de Lord en 1993.
(Etienne Ballérini )

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