Les belles soirées de Marc Peillon

 

Quartet Nikki et Jules
Quartet Nikki et Jules

Si les grands festivals de jazz azuréens comme Antibes ou Nice sont les fers de lance de cette musique en accueillant des milliers de spectateurs chaque été, les plus petits de trois ou quatre jours ont trouvé un véritable public comme Jazz à Domergue à Cannes, Cap Jazz à Cap d’Ail ou Saint Jazz Cap Ferrat, une occasion de découvrir quelques belles pointures moins connues .

 

Marc Peillon  directeur artistique
Marc Peillon
directeur artistique

Saint Jazz Cap Ferrat entre Nice et Monaco fête son troisième anniversaire, en cette mi-août, ceux qui ont eu la curiosité de s’y rendre ne l’ont pas regretté. Dans le cadre idyllique du Jardin de la Paix qui surplombe l’Anse des Fossettes, il y a de quoi rêver comme à Juan les Pins, les cigales se sont invitées sur les grands pins pour regarder la mer et écouter du jazz à la nuit tombée, des moments magiques comme le précise le contrebassiste Marc Peillon,  directeur artistique de cette manifestation qui a choisi comme parrain le batteur André Ceccarelli

 

André Ceccarelli
André Ceccarelli

« pour nous, Dédé est celui qui représente dans le monde le jazz français, il ne se comporte pas comme une star, il est toujours disponible avec les musiciens de notre région…il a joué pour ce festival avec le pianiste Jean Michel Pilc, un musicien extraordinaire qui tend des pièges aux deux autres pour sublimer le morceau ». Invités aussi dans ce festival les jumeaux François et Louis Moutin, basse et batterie, deux musiciens qui ont choisi la musique avant tout, en effet chacun aurait pu faire un autre métier, François a un doctorat de physique et Louis une maîtrise de mathématiques mais pour tous les deux, la passion du jazz  va les emporter vers d’autres chemins, en 1998, ils créent le groupe Moutin Réunion Quartet. Depuis ces années là, ils on joué avec quelques grosses pointures comme Martial Solal, David Liebman ou Michel Portal à Saint Jazz Cap Ferrat, on a entendu quelques morceaux de leur album Lucky People. Pendant ce festival, on a pu entendre aussi  Thomas Enhco, Jilly Jackson, Philippe Léogé accompagnés bien sûr par Marc Peillon et un superbe quartet avec Bruno Rousselet à la basse, Julie Saury la fille de Maxime à la batterie et le fantastique duo que forment désormais le pianiste et chanteur Julien Bruneteaud et la chanteuse Nicolle Rochelle

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pour ceux qui ont eu la chance de voir le spectacle de Jérôme Savary en 2006 à

l’Opéra Comique et au Casino de Paris « A la recherche de Joséphine », Nicolle était la chanteuse et danseuse qu’avait découvert Savary lors d’un casting à New York. Pendant quatre ans, elle sera la vedette de ce spectacle qui rend hommage à Joséphine Baker, lors de ce concert à St Jean Cap Ferrat, on a bien senti qu’elle était encore imprégnée de son rôle quand elle a repris « Vous faites partie de moi » et dans le rappel où elle a chanté avec le public « La vie en rose ». Un concert exceptionnel, Julien et Nicolle ont leurs voix en parfaite osmose, des voix qui s’interrogent, se mélangent, se superposent surtout quand Julien groove d’enfer dans plusieurs blues comme « le Blues de Kansas City ». Il est évident que tous les voyages  de Julien en début de carrière à la Nouvelle Orléans lui ont donné une forte assurance « vous savez quand vous allez jouer là bas dans un club, il n’y a pas une soirée sans que passe un musicien toujours disposé à faire le bœuf, de chanter ou d’improviser… » Des voyages qui n’ont pas été inutiles aux vues des multiples récompenses que Julien a obtenu et quand on a la chance d’accompagner un soir Chuck Berry après avoir tourné pendant 4 ans avec le bluesman Nico Wayne Toussaint, ça donne envie de persister , résultat le cinquième album Look Like Twins en trio en 2010  est à conserver dans sa discothèque mais désormais Julien devra partager le succès avec  Nicolle Rochelle, regardez la vidéo The Swing Phenomenon et vous verrez que le boogie woogie  dansé par Nicolle est la danse du bonheur en parlant de bonheur, Julien se souvient exactement du jour où il est tombé sous le charme de Nicolle

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« c’était il y a deux ans, au festival de Beuvron en Auge dans le Calvados « Boogie Woogie au Haras », nous chantions chacun de notre côté mais quand je l’ai entendue dans Boogie Woogie Country Girl, ça a été le coup de foudre et nous avons décidé de faire le duo  Nikki et Jules… » Visiblement, ils ont bien fait avec un répertoire où tous les grands de la soul et du blues sont passés en revue, il y a aussi ce be-bop sans cesse soutenu par Bruno Rousselet et Julie Saury

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et dans ce répertoire, Niikki et Jules ne manquent pas d’humour comme dans « Bon appétit Chérie ». Une fois encore Marc Peillon nous a proposé d’aller à la découverte de nouveaux talents que nous verrons certainement plus souvent sur les scènes françaises, en parlant de scène, lui-même se produit depuis plusieurs années en Italie « vous savez je suis niçois, je suis plus près de Venise que de Paris, on connaît peut être assez mal le jazz italien, il est super inventif surtout dans les mélodies, depuis des années, j’ai toujours invité mes amis et voisins italiens à venir jouer ici et, depuis longtemps j’enregistre avec eux comme avec le trompettiste Marco Vezzogo  le saxophoniste  Max Ionata et dernièrement avec le jeune sax alto Matia Cigalini… » Marc Peillon vient de franchir une nouvelle étape, toujours avec des musiciens italiens, ils ont enregistré « Michel On Air *» qui vient de sortir au mois de juillet, il est distribué aux USA, au Canada, au Japon et bien sûr en Europe. Marc est entouré de Rodolfo Cervetto a la batterie, Fabrizzio Bosso a la trompette et Alessandro Collina  au piano « je suis très imprégné du jazz de Michel Petrucciani et j’ai eu la chance de jouer avec lui et comme Alessandro est aussi un inconditionnel  de Michel, d’ailleurs il avait été invité en 2009 par Louis et Philippe Petrucciani pour les 10 ans de la mort de Michel nous avons pensé que nous pourrions faire quelque chose d’intéressant au regard de l’héritage qu’il nous a laissé… »

Marc N_B

Dans un autre genre mais toujours avec un parfum italien, c’est dans un studio à Gênes qu’il vient d’enregistrer « Danse avec moi » des compositions avec celles de la pianiste niçoise Béatrice Alunni. Une nouvelle fois, le jazz azuréen a largement dépassé nos frontières en regrettant que lors des grands festivals, très peu de ces musiciens soient invités à s’y produire.

Jean Pierre Lamouroux

 

 

*Warrant Music-ITI Record

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