NOJAZZ et Stevie Wonder, une belle aventure

Début les années 2000, un jeune groupe français a fait son apparition sur la scène du jazz, un nom déjà perturbateur avant qu’il ne le soit sur le plan musical. Dans cette aventure, ils sont cinq et rapidement NOJAZZ écument tous les festivals de rock, de hip hop avec une folle énergie, ils ont le fun d’un Franck Zappa ou de Gong et puis…un jour de 2001, ils sont à New York et ensuite à Los Angeles et ils vont faire une rencontre…une histoire qui va durer 4 ans.

 

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Peu de jeunes groupes ont eu la chance au début de leur carrière de non seulement croiser une grande star de la scène musicale mais aussi de collaborer avec elle sur un CD, c’est le cas pour le groupe NOJAZZ (1) avec Stevie Wonder. Une belle histoire qui commence vraiment en 2002 à New York quand le groupe français travaille avec le producteur Téo Macero, Philippe Balatier compositeur et joueur de claviers et orfèvre des samples se souvient « on avait enregistré à New York en 2001 avec le producteur et notre album a connu un réel succès malgré les polémiques sur le nom du groupe…un peu grâce à ce premier voyage aux USA, nous y sommes retournés en 2002 pour jouer dans plusieurs clubs et, un jour, vers 2 heures du matin, il n’y avait plus personne sauf trois clients dont l’un en super costard blanc, à la fin du concert, il vient vers nous…j’ai adoré ce que vous faites, je suis le manager d’Earth and Fire, laissez moi votre téléphone…un peu plus tard, coup de fil, on est invité à Los Angeles pour une soirée des Earth and Fire, là encore tout fonctionne puisqu’on nous propose un projet avec eux qui se réalisera l’année suivante où l’on se retrouve avec Wayne Vaughn le clavier du célèbre groupe avec notamment Lets Groove et, dans la foulée, il veut produire notre album en nous disant qu’il avait vraiment envie de bosser avec nous car aux Etats Unis, on n’arrive pas à faire ce genre de boulot car tout est vraiment catalogué le blues, le jazz, la soul et, pourtant les américains adorent ce qu’ils appellent le bridge ( pont) qu’ils entendent outre Atlantique et surtout chez les français qui osent ce mélange de toutes les musiques…Parole tenue, on se retrouve en 2004 dans un studio de Los Angeles « Orange Country » et là, à ce moment, on se trouve un rappeur américain qui sortait de prison, il demande à chanter sur un de nos morceaux, tout se passe bien jusqu’au moment où il nous dit, je connais Stevie Wonder, il va adorer ce que vous faites, je vais organiser quelques fêtes privées, il viendra…nous, super excités…mais par deux fois la star n’est pas venue mais la troisième fût la bonne. Nous étions en train de jouer au China Club de Los Angeles, il y avait quatre groupes, nous passons à 2h du matin et là, devant nos yeux grands ouverts, un mec prend une chaise à deux mètres de nous…c’est Stevie Wonder avec derrière lui son garde du corps, je m’en souviens, on jouait Candella…il se met à bouger la tête, à la secouer même…rien que d’en parler, j’en ai des frissons…il tient l’épaule de son garde du corps et il se marre…dans le coup, on joue deux morceaux de plus et puis, ils viennent vers nous nous serrer la main pour nous dire Great Show…Deux heures se passent encore et, vers 4 heures du matin, Stevie Wonder propose de nous inviter dans un restaurant, je me souviens un Thaï…on sort du club, deux limousines sont là dont une pour nous et des potes à lui. Le resto allait fermer quand ils ont vu Stevie, ils ont tout de suite rallumé les néons…on a parlé avec tout le monde en écoutant Stevie qui confirme qu’il a adoré et qu’il est prêt à faire quelque chose pour nous, nous sommes comme des fous, mais nous lui disons que nous n’avons pas d’argent, son manager nous dit que ce sera à titre gracieux car Stevie, soit il demande pour un featuring sur un album et ça commence à 100 000 dollars soit il le fait pour rien et…ce sera le cas pour nous mais il ne faut pas que ce soit un hit (pas le titre d’un morceau ou d’un single qui pourrait passer sur une radio), il ne chantera pas mais jouera de l’harmonica et parlera…dans le coup, on est resté 10 jours de plus avant d’aller au studio avec Maurice White…Mauvaise nouvelle, Stevie n’est pas là, on rentre en France en se disant que c’était un beau rêve, un mois se passe…coup de fil et au bout, l’agent de Stevie…envoyez deux morceaux de vos compos et, il nous donne son adresse, incroyable ! Sitôt dit, sitôt fait, un mois se passe, et on reçoit le « trésor » on a une piste entière où il joue de l’harmonica et une piste où il parle de NOJAZZ (1). Dans l’affaire on a remodelé les deux morceaux et renvoyé la maquette. On s’est dit, c’est gagné mais figurez vous que notre maison de disques, la Warner, n’y croyait pas et nous a dit qu’elle ne pouvait pas sortir le morceau sans l’autorisation de Stevie…c’est alors que nous avons bataillé avec quand même un peu de chance, notre batteur Pascal Reva avait le téléphone de Stevie Wonder, il l’appelait tous les jours, il y avait un répondeur et, c’est dommage, nous n’avons pas pensé à l’enregistrer pour le fun bien sûr car, à chaque fois au téléphone, il chantait un petit passage de ses chansons mais…finalement, la signature est arrivée, c’est un immense souvenir avec ce monument de la musique… » Il faut rappeler que Stevie Wonder a obtenu en 2005 une nomination comme Artiste du Siècle et puis l’histoire n’est peut être pas finie, en effet les organisateurs du Festival de Jazz de Marciac ont invité le groupe pour la venue de Stevie Wonder qui, en attendant, va se produire dans la Pinède Gould de Juan les Pins, un évènement, en effet dès la nouvelle de sa venue, il n’y avait plus une seule place assise ou debout à vendre seulement 3 heures après l’ouverture de la location.

(1)Have Fun – HaveSun and Kool

Jean Pierre Lamouroux 

Concert 18 juillet avec en première partie Gregory Porter

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