Jazz a Juan… une Histoire du Jazz

16 juillet 2012 / ANTIBES JUAN LES PINS / FRANCE / FESTIVAL JAZZ A JUAN / CONCERT DE ROBIN MAC KELLE A LA PINEDE GOULD

Pinède Gould (c) Gilles Lefranq

Jazz à Juan, pour tous les passionnés de jazz, ça sonne comme Newport, Montreux, Vienne ou Marciac, des villes qui ont réussi à avoir une renommée mondiale avec la musique de jazz. Des festivals où se côtoient les plus grandes stars de la spécialité et les jeunes pousses en devenir, monter sur la scène de la Pinède Gould est une référence, mais bien avant, la cité azuréenne a connu le succès avec l’un des plus illustres musiciens de jazz, Sydney Bechet qui non content de jouer dans les rues d’Antibes se marie en 1951 dans une ambiance très Nouvelle Orléans.

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On ne peut pas citer tous les grands noms qui sont venus faire un tour à Juan, surtout les premières années dès 1960, de Count Basie à Duke Ellington, de Sarah Vaughan à Ella Fitzgerald, de Ray Charles à Miles Davis, de Art Blakey à Dizzy Gillespie ou Sonny Rollins…pas une star américaine n’aurait manqué ce rendez vous estival. Depuis, les temps ont changé, les festivals se sont multipliés, les stars se sont dispersées aux quatre coins de la planète et partagent à tour de rôle les grandes scènes et la Pinède Gould a perdu quelques grands pins ceux, où perchées sur leurs branches, les cigales se faisaient accompagnées par une certaine Ella Fitzgerald qui en 1964 chantait « Mack the Knife », une intrusion champêtre qui donna plus tard le beau titre du répertoire d’Ella « The Cricket Song ». Les derniers souvenirs de ces années mémorables continuent encore de flotter sur la pinède, en effet quelques unes de ces glorieuses icônes qui ont pris de l’âge mais qui sont toujours en bonne santé continuent de se produire, ce fût le cas pour Sonny Rollins et cette année ce sera Georges Benson mais une génération fascine toujours le public comme Herbie Hancock ou Chick Corea, ce dernier jouera avec une autre grande figure du jazz, le bassiste Stanley Clarke, les deux seuls représentants de la plus célèbre formation au début du jazz électrisé par le clavier « Return for ever », c’était en 1970.

 

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Photo (c) c-Taylor-c-Rothers

Comme le temps passe et les traditions aussi, le jazz se fait parfois voler la vedette mais qui s’en plaindra…recette oblige, il y a deux ans Tom Jones avait fait un tabac, cette année, c’est du lourd, Stevie Wonder en personne, multi instrumentiste, multi vainqueur de Grammy Awards, multi compositeur de chansons à succès avec plus de 100 millions d’albums vendus de  Superstition à Love You , Stevie Wonder se rapproche du jazz notamment quand il compose « Sir Duke » pour l’une de ses idoles Duke Ellington. Pour Jean René Palacio, directeur artistique du festival et grand connaisseur du jazz, programmer une telle manifestation est toujours un challenge « il ne s’agit pas d’aligner des noms, il faut que le public sache que l’on a travaillé afin qu’il découvre le jazz d’aujourd’hui mais qu’il sache aussi que pendant des décennies, des artistes ont marqué l’histoire du jazz…quand je programme le même soir Stacey Kent pour la première partie et Chick Corea et Stanley Clarke pour la seconde, je pense que mon pari est réussi et c’est la même chose pour Gregory Porter avant Stevie Wonder, la renommée de l’un va faire découvrir l’autre pour ceux qui sont moins dans la mouvance soul, blues ou jazz,de même quand je présente Beth Hart avant la prestation de Georges Benson, je pense que c’est intéressant non pas de comparer mais d’entendre deux voix aussi différentes mais qui apportent un vrai lien avec le jazz pour ceux qui ont entendu son enregistrement « Dont’t explain » on voit la place du blues et de la soul dans l’histoire du jazz et Georges Benson qui l’illustre parfaitement.

GEORGE BENSON (DR)

(c)DR

Si vous analysez par soirée vous verrez que cette recherche est présente à chaque fois. Je crois que les années ne se ressemblent pas, j’essais de mettre la barre plus haut et que le public écoute une musique de qualité. De toute façon, il ne faut pas comparer notre époque à celle où les stars américaines faisaient découvrir le jazz, elles n’existent plus, par contre, c’est une multitude de musiciens très talentueux qui se sont appuyés sur le savoir des plus anciens en impulsant un nouveau souffle à cette musique en perpétuel mouvement…c’est çà le jazz »

Jamie Cullum Jazz à Juan 2006 (Y. Seuret)

Jamie Cullum (c)Yvan Seuret

On attend aussi du très bon avec la relève comme Jamie Cullum adulé par le public lors de son apparition en 2006, très pop jazz, d’un humour extraordinaire, il met la Pinède en ébullition mais c’est aussi avec un crooner que nous ne voyons pas souvent en Europe Jon Regen que l’on pourra comprendre combien il est difficile d’être un chanteur de jazz. Pour cette nouvelle édition, les voix féminines seront à l’honneur, la plus médiatique étant Stacey Kent que le public de Juan avait découvert en 2004, depuis elle a fait un excellent parcours avec plus d’une dizaine d’albums, elle devrait nous présenter quelques un des titres de son dernier album « The Changing Lights » avec une majorité de ballades où la bossa nova est le fil conducteur. Présente aussi à Juan celle qui avait remporté le concours Jazz Révélations en 2005, Youn Sun Nah. Les critiques avaient été subjugués par ses vocalises d’un autre monde peu habituelles dans le répertoire jazz, tous les festivals veulent désormais la recevoir.

Youn Sun 1

Youn Sun Nah – (c)JPL

Moins connus dans l’espace jazz des voix féminines comme Alex Hepburn, Joss Stone, Beth Hart, Imelda May, elles ont toutes eu un succès énorme avec des CD qui se vendent comme des petits pains. Il y aura aussi de belles formations avec notamment la famille Manetti de père (Romane) en fils (Pierre et Richard) où la guitare manouche n’a pas cesser de vibrer dans leurs veines et, tranquillement ils ont déjà plus d’une dizaine de CD à leur actif. On attend beaucoup de la venue d’un superbe quartet avec des musiciens qui sont tous des leaders en dehors de ce festival, jugez vous-même, Manu Katché, Richard Bona, Eric Legnini et Stefano Di Battista, on devrait écouter du jazz sous toutes les formes. Antibes Juan les Pins aime aussi fêter son 14 juillet en musique, une fois encore résonneront les airs de la Nouvelle Orléans avec un orchestre qui a pris le nom de la plus importante salle créée en 1960 au cœur du quartier français, la Préservation Hall Jazz, ils seront sept musicos à faire déhancher le public antibois. Une autre grande formation pour marquer aussi le rythme et danser avec la musique cubaine, le groupe Setenta qui mixe des sons des Caraïbes avec des arrangements funk, suivront les meilleurs « congueros » du moment avec ceux du cubain l’Orchestra Aragon qui, dans les années 60 fit danser la planète avec El Bodeguero.

300 dpi_Orquesta_Aragon© Lusafrica-Youri Lenquette

(c) Lusafrica-Youri, Lenquette

Depuis des décennies, le final du festival se termine avec le gospel, cette année et pour la première fois à Juan, Naomi Shelton et the Gospel Queens, les critiques l’encense souvent en faisant des comparaisons élogieuses entre elle et Aretha Franklin.

300 dpi_naomi_shelton and the gospel (DR)

(c) Yvan Seuret

Bien entendu, comme dans tous les festivals le Off est devenu une part importante de la manifestation, on jazzera à Juan, des terrasses de café aux grands hôtels et bien sûr en fin d’après midi dans la Petite Pinède et Place de Gaulle à Antibes. Une centaine de musiciens est attendue souvent ils sont en big band et viennent notamment des universités européennes et américaines avec des étudiants qui profitent de visiter la France tout en musique. Ouverture de la fête à 18 heures dans la Petite Pinède puis à 20h30 dans la Pinède Gould avec trois concerts et vers minuit pour les noctambules sur la plage en contre bas de la scène un Around midnight ou les musiciens viendrons faire le boeuf …Vous n’échapperez pas au jazz en ce début juillet !

 

                                                                                                 Jean Pierre Lamouroux

 

Tel : 04 22 10 60 01 – 6010

jazzajuan@antibesjuanlespins.com

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