Cinéma / Journal de CANNES No 7.

Journal de CANNES No 7.

Une Journée à émotions sur la croisette avec en compétition le nouveau remarquable film des frères Dardenne Deux Jours Une Nuit , sur les plans de licenciements ,et, Still The Water de la japonaise Naomi Kawase sur les habitants de l’île d’Amami vivant en  harmonie avec la nature . Dans la section Un Certain Regard le premier film réalisé par Ryan gosling ,  Lost River a crée l’événement . Wim Wenders et Juliano Ribeiro Salgado pour leur documentaire sur le grand reporter Photographe d’origine Brésilienne Sébastiao Salgado héros de Le Sel de la Terre, ont eu droit à une Standing ovation méritée .

Compétition DEUX JOURS UNE NUIT de Jean Pierre et Luc Dardenne

Une  scène de  DEUX  JOURS  UNE  NUIT   de  Jean Pierre  et  Luc  Dardenne
Une scène de DEUX JOURS UNE NUIT de Jean Pierre et Luc Dardenne

Le titre du titre du indique le délai dont dispose Sandra,  employée dans une entreprise en difficulté dont le plan de licenciement a prévu qu’elle serait de la charrette et qu’elle dispose de ce laps de temps pour tenter de convaincre ses collègues de renoncer à leurs primes ,afin qu’elle puisse être réintégrée, un nouveau vote devant avoir lieu compte tenu du fait que des pressions ont été exercées par Jean- Marc , le chef du personnel .
Décrivant un des problèmes d’actualité brûlante consécutive la crise économique dans laquelle de nombreux pays d’Europe sont confrontés , le film nous fait vivre le combat de Sandra soutenue par son mari pour tenter de retourner la situation . Les Cinéastes traduisent magnifiquement tout au long d’un récit remarquablement écrit et conduit par une mise en scène percutante et éfficace , qui présente les différents aspects et arguments évoqués par les collègues de Sandra lorsqu’ils lui expliquent les raisons de leur refus ou de leur soutien .
Mais c ‘est aussi le vécu de l’exclusion ressenti par Sandra auquel les cinéastes portent leur attention en soulignant au long de son combat pour retourner la situation , les humiliations qu’elle a du mal à vivre l’entraînant même à une tentative de suicide . Et il y a aussi la description précise des manipulations et pressions patronales ont conduit certains à accepter le plan par crainte d’en subir les conséquences , comme le souligne le jeune black engagé avec un contrat à durée déterminée qui craint la sanction de ne pas le voir renouvelé , ou encore cet autre jeune qui fond en larmes avouant à Sandra  qu’i s’en veut  d’être tombé dans le piège Patronal et qu’il la soutiendra lors du nouveau vote . Mais il y a ceux aussi ceux qui sont en difficultés et pour qui la prime est une question de survie comme pour Sandra «  le film n’est pas un tribunal , Les collègues de Sandra ont de bonnes raisons de lui dire oui ou non . Une chose est sûre , la prime n’est un luxe pour aucun d’entr’eux , Ils ont tous besoin de cet argent pour payer leurs loyers , leurs factures …Sandra ( campée par une Marion Cotillard, parfaite et émouvante ), le comprend d’autant mieux qu’elle se débat elle-même dans des difficultés financières ( ..) elle ne doit pas apparaître comme une victime qui stigmatise et dénonce les collègues qui ont voté contr’elle . Ce n’est pas le combat d’une fille pour dénoncer des salauds », disent-ils . c’est en tout cas le combat d’une femmme qui veut retrouver sa dignité et qui cherche une solidarité quelque peu en berne dans un contexte social qui attise le repli sur soi. Dans le scène finale elle répondra en ce sens au nouveau «  deal » qui lui est présenté par son patron . Un grand film des frères Dardenne qui pourraient conquérir,  une troisième  palme …

Compétition : STILL THE W de Noami Kawase ( Japon )

 

Une  scène de  STILL THE WATER  de  Naomi  Kawase
Une scène de STILL THE WATER de Naomi Kawase

Le cinéaste Japonaise qui avait été primée pour sa  Forêt de Mogari en 2007 et qui est aussi une remarquable documantariste et par ailleurs passionnée par la nature et le rapport de l’homme à celle-ci , nous entraîne avec Still The Water dans l’île d’Amani où les habitants vivent en harmonie avec la nature et ont un rapport particulier avec celle-ci et notamment la mer , ou,  les arbres qui  sont   disent-ils  « habités » par un Dieu . La mer déchâinée et un corps gisant sur la plage découvert par les habitants , deux jeunes amoureux et leur familles dans lesquelles  on  va pénétrer et découvrir leur quotidien et ce lien à la fois avec la natrure et avec les traditions et les ancêtres . Une mode de vie  en respect et en harmonie avec les croyances et la destinée humaine qui s’inscrit ( la vie , l’amour et la mort  apréhendés   avec une certaine sérénité empreinte de sagesse et de beauté . C’est au travers de la perception et de la découverte par le jeune couple amoureux que la cinéaste nous le fait découvrir au cours d’une sorte d’initiation leur permettant de grandir , de s’imprégner de ces valeurs afin de faire leur entrée dans le monde adulte . Magnifiques images qui les montrent  découvrant cette « communion » avec la nature,  ou encore , la confrontation avec la mort lors d’une scène magnifique et émouvante ( la plus belle de ce Festival ) à la quelle la mère entourée de ses anis et proches a accourus à son chevet demande de l’accompagner jusqu’à son dernier soupir par des chanson dont sa préférée aux paroles si révélatrices «  je m’en vais , que vas-tu devenir sans moi ? ». c’est splendide …et le Jury ne devrait pas y être insensible .

Un Certain Regard : LOST RIVER de Ryan Gosling .

une  scène  de  THE LOST  RIVER  de  Ryan Gosling
une scène de THE LOST RIVER de Ryan Gosling

C’était l’événement attendu de la section Un Certain regard , le passage derrière la caméra du Comédien,  Oscar du Meilleur acteur en 2007 et consacré par le succès mondial de Drive ( 2011) de Nicolas Winding Refn . Situé à Détroit dans une ville qui a subi la crise et dont de nombreux quartiers ont été désertés par le habitants et les maisons vouées à la destruction . Pour les populations le rêve s’est transformé en cauchemar et l’avenir «  n’est plus ici , il faut vite partir », dira un vieillard les larmes au yeux , au garçon aîné d’une famille dont la mère célibataire se retrouve acculée à  devoir  trouver des solutions de survie pour  ses deux enfants . Pendant que son fils aîné, Bones , cherche à récupérer dans les décombres des maisons,  des métaux ( cuivre) pour les vendre et amener de l’argent  à la maison ,  va être confronté à un « caïd » qui s’octroie désormais la mainmise sur ce Business . Un jour Bones découvre une route secrète menant à une ville engloutie …. Pendant ce temps la mère en quête de travail va être entraînée dans des spectacles de cérémonies « gores » destinées à divertir et a donner des émotions à un public qui en est friand. Délaissant la description du début du rêve Américain qui vire au cauchemar ( effet de la crise des surprimes ) , Ryan Gosling pour le traduire abandonne le point de vue de départ en gardant le menu fil conducteur des fantômes réveillés du passé par cette route secrète faisant écho au modernise destructeur d’hier ( la création d’un lac ) et d’aujourd’hui , dont il développe l’imaginaire de fragments des secrets du passé qu’il renvoie à l’imaginaire d’un cauchemar présent dont il puise dans les films fantastiques d’hier et ceux aux tendances sombres d’aujourd’hui , qu’il habille d’une atmosphère décadente où la noirceur et le sang sont donnés comme ( imaginés ) comme des séances d’exorcisme . Mais il faut l’avouer on a un peu de mal à   le  suivre dans le délire décadent d’images et des séquences destinées à traduire ce cauchemar psychologique des héros …

Un Certain Regard : LE SEL DE LA TERRE de Wim Wenders et Juliano Ribeiro Salgado

Une  scène  de  LE  SEL DE  LA TERRE   de  Wim  Wenders  et  Juliano Ribeiro  Salgado
Une scène de LE SEL DE LA TERRE de Wim Wenders et  Sébastiao  Salgado

Le Grand Reporter Photographe d’origine Brésilienne Sebastiao Salgado qui a parcouru pendant près de 40 ans la plupart des pays et continents de la planète desquels il a rapporté des clichés qui ont fait le tour du monde et ont été l’objet d’exposition et d’ouvrages reproduisant son travail . C’est l’itinéraire de celui -ci de son Brésil où il est né et qu’il a quitté lors de la dictature , pour l’Europe et entr’autres la France où il commence sa carrière de Photographe en 1973 . «  Le film propose la mise en lumière de    l’ homme et de son talent » dit Wim Wenders , qui avec le fils, Juliano , propose un regard croisé du Photographe dont on découvre les nombreuses et magnifiques photos rapportée de ses multiples reportages , illustrées par des entretiens passionnants de ce dernier qui donne les détails des événements qu’ils a vécus et photographiés . Wim Wenders y ajoute quelques commentaires de transition destinés à souligner l’apport et la richesse en même temps que le combat humaniste du photographe qui a ouvert les yeux du monde sur les tragédies humaines dont il a témoigné par ses photographies . De la fourmilière des hommes chercheurs d’or de la mine d’or du brésil  qui a suscité sa vocation , aux Cent pays dans lesquels il est allé pour témoigner des événements et des conflits . De la famine et de la misère en Afrique sans oublier la tragédie du Rwanda , au conflit en Irak et celui qui a  sévi  en  Europe entre Serbes et croates.  Un   parcours  dont  il  est revenu secoué par les horreurs dont il a été témoin …et qui l’ont poussé à se consacrer  après avoir exploré les paysages parfois sombres de l’âme humaine … pour se réconcilier avec d’autres paysages et territoires : la nature et les animaux , dont il a cherché à percer la beauté et les secrets de la faune et de la flore sauvage. Accompagné dans ce parcours par sa femme, Lélia , avec laquelle il s’est lancé après le décès de ses parents au Brésil dans une opération de plantation et de reconquête de la forêt atlantique devenue désormais réserve naturelle ( instituto Terra ) et un espoir pour la reconstitution d’espaces ( et espèces ) naturels destinés à   préserver  (  reconstituer  ) l’équilibre  écologique  de la Planète .               Un documentaire passionnant et portrait d’un homme qui ne l’est pas moins . A l’issue de la Projection c’est une véritable ovation qui a salué Wim wenders et Juliano Ribeiro Salgado présents dans la salle .

(Etienne Ballérini )

Aujourd’hui  
En Compétition : THE SEARCh de Michel Hazanavicius et ADIEU AU LANGAGE de Jean- Luc Godard
Un Certain regard : FANTASIA de Wang Chao et SNOW IN PARADISE de Andrew Hulme.

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