Cinéma / Journal de CANNES No 6

JOURNAL DE CANNES No 6 .

Trés attendu le film de David  Cronenberg Maps to The Stars sur l’ Univers d’hollywood et de ses Stars, même s’il est un peu en deça de ses meilleurs ,  tandis que  The Foxcatcher   de  Bennett  Miller  sur la destinée tragique de deux champions de lutte tombés sous la domination de leur sponsor milliardaire,  a séduit la croisette . Remarquable dans son traitement sur une enfant battue le film Dohee-Ha de la cinéaste Sud Coréenne a été ovationné dans la section un Certain Regard séduite également par le film Grec Xénia de Panos H. Koutras sur les difficultés de jeunes frères Albanais émigrès en Grèce .

Compétition : MAPS TO THE STARS de David Cronenberg.

 

Une  scène  de  MAPS TO  THE STARS  de  david  Cronenberg
Une scène de MAPS TO THE STARS de david Cronenberg

Le réalisateur de Dangerous Méthod s’est penché dans son dernier film présenté en sélection sur le rêve hollywoodien , ses stars et ses coulisses autour des destinées de quelques personnages et d’un récit choral emblématique des rêves , espoirs et désillusions qu’ils vont devoir affronter au cours de leur quête de célébrité . On y retrouve donc une jeune star de 13 ans Benjie et son père auteur à succès . Il y a aussi Havana la jeune assistante qui va se lier avec ce chauffeur de Limousine qui écrit des histoire et espère bien les voir un jour adaptées . Il y a encore une histoire de casting à rebondissement sur la reprise des aventures de Carrie Fisher. Adapté d’un récit de Bruce wagner dont David Cronenberg est un admirateur des romans dont la plupart se déroulent dans la Mecque du cinéma , le film est à la fois une satire sur le milieu et ses dérives en même temps qu’il épouse une certaine nostalgie via ces fantômes de la mémoire d’hier dont  Cronenberg , fait le cœur de son récit autour du personnage d’Havana dont la mère actrice devenue « culte » ( le fameux rôle de Carrie ) écrase et rejaillit sur son présent… et devenir de comédienne . Le cinéaste aborde également au passage ses thèmes favoris comme celui de l’inceste , et fait écho également aux dérives ( drogue et autres produits ) et à un climat malsain entretenu par la course au succès et de la fabrications de Stars-images commerciales . Dès lors le déchaînement de rivalités et autres coups bas permet au cinéaste d’offrir de bons moments où   le cynisme peut virer rapidement du côté des réglements de comptes , pouvoir et ambition en marche … on regrettera que les fulgurances auxquelles le cinéaste nous a habitués , soient un peu plus « clean » que d’habitude.

Compétition : FOXCATCHER de Bennett Miller

Une  scène  de  FOXCATCHER  de  Bennett Miller
Une scène de FOXCATCHER de Bennett Miller

Inspiré de la biographie du champion Olympique de lutte aux Jeux de 2004 , Marc Schultz , e film du cinéaste dont on avait apprécié son portrait de Truman Capote , est consacré a la destinée de deux frères qui ont connu la renommée et dont les  vies  vont  être bouleversées , lorsque le milliardaire John Paul Dupont ( Steve Carell, étonnant ) va s’intérresser à eux pour monter une « team » dont il veut financer et organiser la préparation dans l’optique de J.O de Séoul de 1988 . Cet héritier d’une puissante famille d’entrepreneurs qui a fait fortune en vendant des munitions et liée au ministère de la guerre , a vu ses rêves entravés par ce lourd héritage et par une mère possessive qui refuse de le voir se consacrer à la lutte .  Il   espère voir dans les deux frères l’opportunité de se réaliser son rêve en finançant cette opération de prestige sportif et patriotique dans son immense propriété . Exploitant la relation fusionnelles des deux frères qui s’est construite sur un passé douloureux consécutif à la séparation de leurs parents qui les a ballotés lors de leur  petite enfance , l’homme d’affaire va exploiter leurs liens et leurs rivalité naissante lorsque l’aîné Dave ( Mark Ruffalo) faisant figure du père voudra construire sa vie familiale , le petit frère Mark ( Channing Tatum )  se sentira abandonné . Dupont le manipulateur excentrique et paranoïaque aux accès de colère inattendus, va construire une sorte de soumission autoritaire qui va conduire à la tragédie lorsque son autorité sera mise en cause , provoquant le drame et le meurtre du frère ainé. Le film est une réussite au delà de l’adapatation du roman par le travail de recherche et de témoignages sur   le milieu de la lutte dont il transcrit avec précision  la spécificité de ce sport . La réalisation impeccable servie par une interprétation hors pair ( Tatum et Carrel ,candidats aux prix d’interprétation ), offre une superbe exploration de la part d’ombre et un questionnement sur les rapports de pouvoir qui tentent d’apporter un éclairage sur le pourquoi et le comment d’une telle tragédie .

Un Certain Regard : XENIA de Panos H . Coutras ( Grèce )

Une  scène  de  XENIA  de  Panos H. Koutras
Une scène de XENIA de Panos H. Koutras

Ils son frères et Alabanais d’origine , ils ont 16 et 18 ans , ils ont émigré en grèce où la crise et le chômage qui l’accompagne n’offrent guère de perspectives d’autant qu’une menace pèse sur les étrangers avec les virées violentes des nervis d’extrême droite qui s’en prennent aux étrangers. Dany et son frère Odysséas font tout ce qu’ils peuvent pour les éviter se consacrant après la mort récente de leur mère à la recherche de ce père Grec qu’ils n’ont jamais connu , devenu « l’innommable » afin qu’il les reconnaisse ,  et puissent acquérir  cette nationalité grecque qui leur éviterait bien des ennuis et notamment l’expulsion qui les guette, retardée par une association très active défendant les étrangers en situation critique . Quête du père et quête d’une vie meilleure qui pourrait aussi passer par ce concours de chant auquel l’aîné dont la belle voix et la passion pour la chanson héritée de sa mère , pourrait en faire un potentiel vainqueur . Dans le sillage de leur quête le cinéaste traduit en toile de fond la crise Grecque et sa violence , en même temps qu’ il laisse sourdre en miroir de leurs épreuves ces envolées poétiques qui font écho à la perte de leur enfance confrontée à la dure réalité  , mais , aussi, celle de ce père mystérieux qui les a jadis abandonnés.  Un père dont , lorsqu’il découvriront le présent qu’il s’est construit , ils pourront se libérer définitivement du poids pour se consacrer a construire leur présent d’adultes responsables en correspondance avec leurs valeurs avec cette fraternité du sang qui s’est renforcée dans l’épreuve…

Un Certain Regard : DOHEE-YA de July Jung ( Corée du Sud )

l'Affiche du  film    DOHEE-HA  ou  A FIRL AT MY DDOR   de  July Jung
l’Affiche du film DOHEE-HA ou A GIRL AT MY DDOR de July Jung

Premier  film d’une jeune réalisatrice Coréenne pourrait-on dire parrainée par le cinéaste Lee Chang Dong auteur du magnifique Poétry ( 2010 , Prix du meilleur scénario au festival de Cannes ) qui a produit son film. Un film ambitieux par son sujet audacieux par les thémes abordés : la violence faite aux enfants , l’homosexualité féminine , et racisme exploitation des individus et corruption dans la société . D’emblée la jeune femme flic dont on saura qu’elle a été mutée dans un petit village de pêcheurs pour avoir eu des relations homosexuelles. Dans son nouveau cadre de travail , elle va découvrir une certain laxisme dans cette communauté villageoise où certaines comportements abusifs sont tolérés … il en est ainsi ,  par exemple,   de l’exploitation des ouvriers- pêcheurs sous payés et dont , certains , clandestins sont l’objet de violence et de pressions éhontées . Il y a aussi cette petite fille Dohée qui fait l’objet d’harcélements de la part de ses camarades d’école, et dans sa famille elle subit constamment des violences physiques par son père et sa grand- mère qui lui font payer le pêché d’une mère qui a quitté la maison …et devenue maudite !. La policière  va s’opposer a toutes ces violences et les combattre en recueillant la petite fille pour la protéger et en luttant contre la corruption , va se retrouver au centre d’un rejet d’une partie de la population dont ce père indigne qu’elle a fait arrêter , qui va faire surgir le passé de cette dernière. Superbement écrit et mis en scène le film décrit un implacable engrenage qui dénonce à la fois les effets de la corruption et du cynisme ambiant auquel  s’ajoute le rejet de l’autre qui renvoie au racisme et à la violence qui gangrène la société . Et aussi , concernant le portrait de la petite fille , il  pose la question terrible sur la violence subie et les conséquences psychiques   et  tramatiques  qui en découlent  . La cinéaste dont le regard sans concession est une volonté délibérée, explique : » cette vision âpre sur notre société est non seulement le mien , mais aussi celui de ma génération » ,  dit-elle en note d’intention.
(Etienne Ballérini)

Aujourd’hui :
En Compétition : Deux Jours, une Nuit de Jean Pierre et Luc Dardenne   et   Futatsumo NoMado de Noémie Kawase
Un certain regard : Titli de Kanu Behl et Lost River de Ryan Gosling

 

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