image Jazz / Un soir d’octobre avec Carla Bley

La pianiste et compositrice Carla Bley a donné le 17 octobre un concert dont on se souviendra dans la salle Grappelli du Cedac de Cimiez à Nice.

Carla Bley sur son piano
Carla Bley sur son piano

Il est difficile d’évoquer, de parler d’un artiste en concert, seule l’émotion du moment est palpable. Quand vous êtes face aux musiciens, seule votre oreille est la caisse de résonance de ces sons que vous envoient les artistes, on est touché, ému même ou pas du tout, ce soir là, on a senti les spectateurs vibrer  en écoutant ce concert mais alors comment traduire ces moments d’émotion où les notes de Carla semblent se faufiler dans les accords du bassiste Steve Swallow et les reprises mélodiques du saxophoniste Andy Sheppard, c’est du grand art et si Carla Bley est bien la tête d’affiche de ce concert,on reste scotché par les mille sonorités que peut produire Sheppard, certaines presque chuchotées, on a l’impression que Carla a composé seulement  pour Steve et que celui-ci  parait surfer sur une vague avec une grande facilité « non, ne croyez pas çà, les harmoniques de Carla sont très difficiles à mettre en place mais vous savez si j’ai choisi de jouer avec elle c’est que je m’éclate à chaque fois, c’est un peu un challenge et elle me laisse largement la place pour que je puisse m’exprimer ». Il s’est exprimé le gaillard et de quelle façon  ajoutant aux sonorités plus classiques des souffles à peine perceptibles on pourrait dire sensuels « ça fait désormais partie de nos partitions ».

carla 4Étonnant aussi ce que l’on pourrait considérer comme la fin de la mélodie, on a l’impression  que c’est terminé mais ça reprend, tout dans le murmure et la délicatesse, il faut voir la tête de Swallow suivant tous les gestes du saxophoniste, rappelons que ce brillant musicien a intégré le monde de Carla depuis les années 60 il est l’un des meilleurs contrebassistes de l’histoire du jazz, il faut le voir, ses yeux fixés sur celui qui joue, quand Carla Bley prend son solo, il se rapproche d’elle, la regarde intensément et la même chose pour Sheppard, il est d’une incroyable attention envers ses amis, on a l’impression qu’il les porte musicalement. Pour ce concert, on a pu entendre quelques titres du CD « Trios », notamment, Wildlife, Vashkar, The Girl who cried Champagne, une œuvre qui se divise en trois parties, un autre moment fort quand le trio a repris une compo de Thelonious Monk, Misterioso, un arrangement de Carla d’une fluidité exemplaire. Un concert magnifique, où un leader comme Carla Bley donne une place très importante à ses deux musiciens, elle ne se met jamais en avant, elle est là à l’abri de sa chevelure, on la voit chanter les notes de sa partition.

Carla Bley3

C’est un moment magique que nous avons vécu mais la fête n’est pas finie, rappelons que dans le cadre du New Jazz Festival et toujours salle Grappelli, on attend  le Belmondo Family Sextet avec papa Belmondo au saxophone baryton, Stéphane  à la trompette, Lionel au sax ténor, Jean-Philippe Sempere à la guitare, Sylvain Romano  à la contrebasse et Jean-Pierre Arnaud à la batterie et en novembre le guitariste John Scofield. En attendant, il y a aussi l’Association Jazzup à Opio, qui le 19 octobre propose le concert « Betibop » emmené par Tullia Morand au saxophone alto avec Pierre Mimran à la flûte, Philippe Cocogne au piano et Pascal Masson à la contrebasse. Bon week-end jazzique.

 Jean Pierre Lamouroux

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