image cinema/ Fantômes à Rome – MAGNIFICA PRESENZA de Ferzan Ozpetek

MAGNIFICA PRESENZA de Ferzan Ozpetek.

Pietro veut devenir Comédien, il quitte sa Sicile natale pour la capitale Romaine où après de longues recherches il trouve la maison de ses rêves. Mais il va devoir composer avec d’étranges habitants , qui hantent les lieux … mystère, humour, rires , larmes et drame au menu. La comédie d’une certaine obsession…

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( Pietro  ( Elio Germano )  en séance de casting )
Il a vraiment pas de chance notre charmant Pietro ( excéllent, Elio Germano, prix d’interprétation à Cannes en 2010 pour La Nostra Vita de Daniele Luchetti ) qui , enattendant de décrocher le « casting » qui lui permettrait de faire le métier dont il rêve , doit se contenter de faire le pâtisser. Sentimentalement, c’est pas gai non plus puisqu’il n’arrive pas pas à trouver l’homme de sa vie. Et comme coté logement c’est la contrainte de la cohabitation avec une cousine envahissante ( Paola Minaccioni ), le voilà en quête d’un peu d’indépendance, histoire de remettre de l’ordre dans sa vie … la vieille et jolie demeure qui vient s’offrir à lui, alors qu’il ne s’y attendait plus après tant de vaines recherches, est une vraie aubaine et située dans un quartier Bourgeois de la Ville.

Venu de sa province natale , où, compte tenu de sa sexualité ( il est gay) sa quête identitaire risquait de le voir se confronter à certains fantômes persistants de rejets, dans la ville éternelle rien ne sera impossible, et sa différence mieux acceptée. Mais très vite vient le désenchantement : de rencontres intéressées, en désillusions ( les castings catastrophes ), et l’intégration aux conventions des différents milieux rendue difficile, pour Pietro c’est le doute, le retour su soi et la solitude. Elle va être rompue par d’autres fantômes qui viendront hanter les lieux et son esprit, et avec lesquels va s’installer une étrange cohabitation…
On retrouve ici les thèmes présents dans les films antérieurs du cinéaste  : l’exploration du passé et sa confrontation avec le présent ( le dernier harem/ 1999 sur la chute de l’empire Ottoman, Tableau de famille / 2001 et La fenêtre d’en face / 2003) , l’homosexualité défendue et assumée ( Hammam / 1997, Le premier qui l’a dit / 2010 ) . A ces thèmes récurrents et aux émotions instinctives d’un certain ressenti , viennent s’immiscer, avec un petit air espiègle obsessionnel, les questionnement sur le sens de la vie ( relations sentimentales et sociales… ) et le rapport avec l’au-delà de la vie .

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( Paola  Minacioni et  Elio Germano )

La présence des fantômes des morts, souvent suggérée dans de nombreux films du cinéaste, comme par exemple dans la séquence finale de Le premier qui l’a dit,  où l’on voit les morts et les vivants dansant ensemble, devient -ici – un élément moteur du récit. Puisque entre Pietro qui les voit ( mais il est le seul…) et ces « présences » va s’installer un « dialogue» , alors que les précédents locataires n’en ont entendu que les manifestations ( bruits, voix ) sonores. Pietro, âme à la dérive et solitaire, par sa capacité émotive, son imaginaire et sa force d’écoute est le seul capable de comprendre leur présence et leur mal être. Dès lors, la relation privilégiée qui s’instaure entre lui et ces « personnes » va le pousser à chercher et à comprendre quel a été leur mystérieux destin. C’est la belle idée du film que d’ouvrir à cette relation étrange entre habitant vivant, et ces morts toujours présents dans les lieux.

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( Les  étranges habitants de  la maison… )

Ouvrant l’espace temporel aux interpellation des mémoires multiples ( des vivants et des morts mais aussi de la ville et de l’histoire du pays) , offrant au miroir révélateur de la fiction (théâtre, cinéma ) la part de la magie, de la réflexion et du clin d’oeil , léger et complice pour explorer cet amour de l’art et des artistes confrontés au mystère de la création , mais aussi, aux aléas de la vie. Côté cinéma on pense, forcément , parmi d’autres films dédiés au genre , au mythique Fantômes à Rome d’Antonio Piétrangeli (1962). Côté théâtre c’est, un peu , comme chez Pirandello «  à chacun sa vérité » , celle de Pietro en quête de la sienne et qui va trouver quelques réponses à ses interrogations confronté à ces anciens artistes de théâtre adulés par le public, dont la destinée et la tragédie s’est écrite dans celle de l’histoire, victimes d’une dénonciation anonyme. C’est le passé sombre de l’Italie qui resurgit aux yeux de Pietro qui, alors, va se muer en enquêteur pour savoir ce qui s’est vraiment passé. Une piqûre de rappel pour souligner le sort réservé par le régime Mussolinien aux artistes engagés. Mais aussi aux homosexuels dont il est également question ici dans une magnifique scène où Pietro, plongé dans le passé, recueille un vieux travesti tabassé par les nervis fascistes…
(Etienne Ballérini )

MAGNIFICA PRESENZA de Ferzan Ozpetek  ( 2013) – avec : Elio Germano , Paola Minaccioni, Margherita Buy, Ana Proclemer , Cem Yilmaz , Beppe Fiorello….

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