image Chronique du festival de théâte d’Avignon n°5 : Yvonne, parodie Shakespearienne inspirée

Witold Gombrowicz (1904-1969) est un écrivain polonais aujourd’hui reconnu comme l’un des plus grands auteurs du XXème siècle et a influencé de nombreux écrivains, tels que Milan Kundera.

Yvonne mise en scène par Anne Barbot

Ecrivain exceptionnel, il s’est débattu avec la tradition polonaise et l’histoire difficile de son pays. Souvent, ce combat est le point de départ de ses œuvres, qui restent profondément ancrées dans la tradition et l’histoire

Yvonne, princesse de Bourgogne est une pièce  publiée en 1938 et créée en 1957 à Varsovie, qualifiée par son auteur de comédie. C’est une parodie shakespearienne dont l’action se situe en un temps non défini, à la cour d’un royaume imaginaire.

Le prince Philippe, héritier du trône, recru d’ennui et de satiété, se rebiffe contre le protocole et ses cérémonies sans fin. Par défi, il se fiance à Yvonne, jeune roturière insignifiante et aussi taciturne que laide. Les parents du prince, la reine Marguerite et le roi Ignace, sont accablés. Moquée par les courtisans, Yvonne reste muette et son silence devient provocation. Malgré des tentatives répétées, nul ne parvient à la faire parler et la tension monte à la cour. Le passé resurgit et fait éclater les apparences du présent : le roi et son chambellan ont du sang sur les mains, le pouvoir royal n’est qu’une pure tyrannie et le rituel de cour une farce. Des idées de meurtre émergent et chacun de son côté rêve de commettre le crime. Pour finir, Yvonne, toujours silencieuse, est mise à mort en grande pompe, au cours d’un banquet donné en son honneur.

yvonne 1
Yvonne, princesse de Bourgogne

La metteur en scène, Anne Barbot a passé une longue période de travail au japon : cela se voit – et s’apprécie- dans l’utilisation du jeu masqué, tel une ressouvenance du théâtre nô, jeu masqué qui intensifie, qui rend palpable la béance de codes entre l’univers figé de la cour et le « naturalisme » d’une Yvonne.

A noter le travail artistique des costumes (Bruno Marchini), subtil mélange entre deux bases, l’une issue du XVIIème siècle, et l’une plus contemporaine. Ces costumes sont à l’écoute, à l’écho du texte, avec d’une part ses politesses extrêmes et d’autres part une langue plus rude, plus immédiate.

Au fur et à mesure qu’avance la pièce et que ses découvrent les turpitudes, celles du passé comme celles à venir, la présence et l’allure d’Yvonne vont croître et embellir, mais au bout du compte il est trop tard. Que peut-on contre l’Histoire ? La changer, peut-être…..

Jacques Barbarin

Théâtre des Lucioles, 10 rue rempart St Lazare Avignon 04 90 14 05 51 jusqu’au 28 juillet

Yvonne affiche

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